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France-Italie: le film

Un bon polder

L'équipe de France a disposé du pays de Gaal sans trop forcer, mais avec une belle aisance et une cohésion qui rendent raisonnablement optimistes pour juin prochain • La nalyse • Les gars

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Difficile de dire de quoi l'équipe de France a été dans la continuité avec cette victoire sereine, ses meilleurs moments depuis la prise de fonction de Didier Deschamps ayant plutôt été des coups de folie. Pour l'esprit de novembre, on repassera: s'il y a un héritage da la victoire face à l'Ukraine, il faut le voir en transparence, dans un sentiment de cohésion bien plus que dans un engagement qui est resté relatif – rendu inutile par l'opposition souvent symbolique des troupes de Van Gaal, peu disposées à l'invasion. Avec une seule occasion nette, par le tir croisé de Van Persie (30e), il a suffi d'un peu de sérieux défensif pour conserver l'avantage acquis en moins de dix minutes après la demi-heure de jeu.
 

Il faudra donc revoir les Bleus dans des circonstances plus tumultueuses – celles de la compétition – pour confirmer l'idée que leur assise tactique s'est consolidée autour de ce 4-3-3 à peine remanié par la première sélection de Griezmann et la titularisation de Mangala. Pas réellement flamboyante, mais méchamment efficace en contre, cette équipe de France a surtout évité de dilapider un capital confiance tout neuf.
 

 

Karim Benzema Pays-Bas
 

 

La nalyse : un cheval de 4-3-3

Les Dé-Managers – Pendant quelques minutes, un peu trop longues au goût du public, on s'est demandé si le projet de Didier Deschamps était de laisser les Néerlandais faire une passe à dix à trente mètres du but français. Le coup de gueule du sélectionneur et la remontée du bloc ont apporté un premier élément de réponse: même si la défense était parfaitement en place, ne laissant aucune possibilité aux Oranje, l'objectif était de jouer un peu plus haut... tout en laissant venir l'adversaire.
 

Si la présence de Wesley Sneijder permet de fluidifier le jeu, il n'y avait pas de Robben pour créer le déséquilibre. Or, comme le meneur de jeu de Galatasaray était bien coupé de ses partenaires et que le travail de coulissage défensif du trio du milieu n'a pas souffert de la moindre fausse note, compensant ainsi quelques duels perdus çà et là, on était plus près de la menace fantôme que de la revanche des Sith. Le seul vrai danger est venu des côtés, avec quelques un-contre-un remportés par Boëtius et Promes en tout début de match. En extrapolant ce que serait la même équipe avec Arjen Robben à la place du second, on pouvait légitimement avoir quelques craintes. Heureusement, une fois le bloc remonté, Evra et Debuchy n'ont eu que des situations aisées à gérer.
 

Seul dispositif viable pour peser offensivement avec un tel onze sur le terrain – comme le montrera le reste de la partie –, le 4-3-3 de possession néerlandais a été aspiré par le 4-3-3 réactif tricolore. Une stratégie d'autant plus efficace quand Benzema joue les contre-attaques comme il le faisait sous José Mourinho, et que les ailiers Griezmann et Valbuena peuvent prendre la profondeur dans le dos des latéraux. Pas à son poste, puisqu'il évolue désormais généralement en sentinelle à l'Ajax, Daley Blind aura d'ailleurs vécu un calvaire à gauche, ses erreurs de placement trahissant son changement de réflexes.

 



 

Létale en quelques passes, l'équipe de France aura vu la qualité de ses contres magnifiée par la faiblesse défensive des Pays-Bas. Aucune individualité ne sera sortie du lot sur la durée – hormis peut-être Matuidi, infatigable et décisif sur les deux buts – mais l'ensemble a affiché une parfaite cohérence, dans le sérieux (pendant une mi-temps) comme dans une certaine léthargie provoquée par l'abandon adverse (après la pause, voire après la sortie de Strootman). Il serait dangereux de tirer trop de conclusions sur la foi d'un tel test, face à une équipe pas au complet et qui a tendu le bâton pour se faire battre, mais l'unité collective va dans le bon sens.
 

Parmi les points positifs, il faut évidemment souligner la qualité du travail de Karim Benzema, dont l'explosivité sans ballon et la vivacité avec en font un attaquant de classe mondiale. Le match de Yohan Cabaye, premier relanceur dans un rôle de false 6, présente également un intérêt, au niveau de la production, bien sûr, mais surtout quant à l'idée que Didier Deschamps se fait du Parisien. Les prestations solides (Pogba) et décisives (Matuidi) de ses compères du milieu, pas étrangères au fait qu'ils aient évolué dans un rôle semblable à celui occupé en club, laissent à penser que le trident titulaire dans l'entrejeu est tout trouvé. Et comme la défense s'est montrée sereine, on se dit que la partie s'est déroulée selon le plan prévu, sans qu'un problème précis n'émerge. À quelques mois d'une Coupe du monde, l'impression est mesurée, mais positive.
 

 


 

 

Les gars

Capter un corner trop long (14e), s'interposer sur le tir à angle fermé de Van Persie: le stage détente et oxygénation de Lloris s'est bien passé.


En intervenant très justement, dans des conditions extrêmes, devant l'attaquant mancunien (54e et 85e), Mangala a facilité la tâche à son gardien. De quoi disputer à Sakho la place de numéro 3 en défense centrale? Son compère Varane a une nouvelle fois confirmé qu'il pouvait incarner le retour de l'élégance dans la défense centrale tricolore. On sait qu'on ne peut rien gagner sans un Platini ou un Zidane, mais l'adage vaut peut-être aussi pour les Bossis et les Blanc.
 

Le bon match tactique de Debuchy conforte sa position personnelle et semble contribuer à l'équilibre de l'équipe, à l'image d'apports offensifs et défensifs bien répartis. Évra ne peut pas prétendre à une telle appréciation, mais il peut encaisser tout genre de coups: les taquets et les vents de ses adversaires, les moqueries des autres. Et mine de rien, il est à l'amorce des deux buts.
 

Il avait été tellement (et si soudainement) porté aux nues après France-Ukraine que l'on pouvait craindre de l'en voir redescendre aussi vite. Mais Cabaye a tenu son rôle de régulateur avec aisance et quelques coups de pattes bénéfiques.

Matuidi, quoi qu'il arrive, sera toujours un problème à régler pour qui affrontera les Bleus. Il a le volume de jeu d'un hangar d'aviation, alors s'il se met à faire des passes décisives du droit et à marquer des buts acrobatiques... Pogba a pu être plus en demi-teinte à son côté, cela n'a pas porté à conséquences. Un peu de déchet dans son jeu long, mais il trouve Griezmann pour une occasion aurait pu faire mouche (52e).
 

L'équipe de France, c'est son équipe. Cela paraît improbable, mais on n'a peut-être pas fini de lire l'histoire de Valbuena en bleu. Une passe décisive, une mobilité bienvenue et bien d'autres services rendus. Un peu intimidé au début, Griezmann s'est mis dans le (grand) bain en combinant efficacement avec ses partenaires d'attaque et en ne craignant pas de se porter devant le but. Il s'est épargné une enflammade médiatique en se gardant de marquer, mais son aile de pigeon pour Matuidi est déterminante sur le premier but.
 

Son but relève de la magie des grands attaquants: son déplacement lui assure une position de frappe parfaite et, sans chercher à donner beaucoup d'angle, la puissance de sa reprise est fatale. Non seulement Benzema a constitué un danger constant, mais en plus il a su faire jouer ses coéquipiers. Du coup il s'est offert une petite sieste avant d'être remplacé.
 

Sans faire d'étincelles, Digne a étrenné sa première sélection tranquillement. Ribéry s'est un peu laborieusement mis dans le rythme avant d'allumer quelques mèches. des autres entrants – Rémy, Sissoko, Sagna et Giroud –, c'est ce dernier qui s'est le plus fait remarquer, notamment pour offrir un bon coup franc à Cabaye.
 


Le titre est de Mama, Rama & Papa Yade

 

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