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La Gazette de la L1 : 4e journée

Une olive dans l'orange

Dominatrice puis secouée, l'équipe de France est passée au-dessus des Pays-Bas sans les survoler. L'édito • Les observations • La nalyse • Les gars • Vu du forum 

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Dix minutes après la reprise, on pouvait se dire que ce match allait se conclure par un 1-0 assuré tranquillou façon Pérou, avec des Bleus toujours en maîtrise et des Oranges toujours en berne. Mais la panne d'intensité des premiers a coïncidé avec la subite galvanisation des seconds. L'alarme avait déjà sonné à la 33e minute, sur une intervention fautive mais non sanctionnée de Pavard dans la surface, et l'occasion de Wijnaldum juste avant l'égalisation préludait à un énième raid, fatal celui-ci.

 

 

 

 

En pressant haut et en obtenant l'essentiel de la possession, les champions du monde avaient tourné le dos à leurs habitudes de la Coupe du monde, pour retrouver leurs défauts précédents: un manque d'efficacité pour plier le match comme lors du 4-0 d'il y a un an face au même adversaire, et une tendance à concéder trop d'occasions nettes. Ainsi la révolte, avant d'être couronnée de succès, n'a-t-elle pas restauré l'équilibre collectif, Depay se retrouvant deux fois en position de marquer. Même le 2-1 n'a pas été très sécurisé, Areola devant encore s'interposer à deux reprises.

 

Entre l'impression de retour à un bon niveau en première période et les secousses de la seconde, les Tricolores ont donné dans les contrastes, tout en parvenant à s'adjuger une victoire étroite qui dit à la fois leur supériorité et leurs fragilités du soir. Qu'elle soit due à Olivier Giroud parachève l'idée que le titre de Moscou jouait les prolongations et que la fête du soir ne pouvait être gâchée.

 

 

 

 


Les observations en vrac

Les Français ont tellement le sens du rythme que la Marseillaise a cappella s'est terminée en canon.

 

La tête retournée de Varane vers Areola était beaucoup plus cadrée que celle de Giroud vers Cillessen.

 

Ferreri-Balbir et Josse-Bravo, deux duos impossibles à départager.

 

"Regardez la vitesse avec laquelle il va se relever!" C'est une superloupe, Jean-Marc.

 

Et voilà, on a déjà envie de la gagner, cette Ligue des nations.

 

 

 

 


La nalyse

(Christophe Kuchly) Confirmation superflue mais confirmation quand même: la Ligue des nations ne révolutionnera pas l'intensité des matches de septembre. Malgré des séquences où la France, à défaut de réel pressing, est restée haut sur le terrain à la perte du ballon, aucune des deux équipes n'a mis l'engagement physique permettant de tirer de grands enseignements d'une rencontre que les Bleus auront eu le mérite de remporter. Même si, avec de meilleurs choix individuels, des Néerlandais pas géniaux auraient pu arracher un autre résultat.

 

Quelques semaines après un sacre qui a légitimé ses idées, Didier reste Deschamps, et ses joueurs n'ont rien fait pour le pousser à changer. Quelques jolies ouvertures de Griezmann, un centre décisif de Matuidi puis un autre du rentrant Mendy pour Giroud... mais une maîtrise toute relative du jeu. Des déséquilibres au milieu que la solidité défensive rend presque anecdotiques une fois le match terminé.

 

 

 

 

Finalement, s'il fallait essayer de tirer des enseignements, on irait plutôt voir du côté néerlandais, où quelques idées au milieu ont été gâchées par les mauvais choix de passes de De Jong et les crises d'individualisme du trio offensif. En (re?)construction, les hommes de Ronald Koeman doivent trouver des certitudes. Les Français, prévisibles dans leurs qualités et leurs défauts (la technique défensive de Pavard...), sont encore au temps des célébrations.

 

Pour savoir si les hommes et la philosophie de jeu changeront sur la route de 2020, il faudra attendre encore quelques mois. Pour l'instant, les résultats ne poussent pas à changer son fusil d'épaule, même si reste ce sentiment de faire tout juste ce qu'il faut pour gagner. Et puis, quand on a Mbappé et Pogba, les éclairs valent parfois bien les dizaines de minutes de stérilité.

 

 

 

 


Les gars

A priori, un gardien qui débute dans une équipe championne du monde a peu d'interventions à réaliser. Areola a une nouvelle fois été très sollicité. Sans avoir d'exploit à réaliser, il essuie une reprise tellement à bout portant qu'il faut écarter le reproche d'une faute de mains.

 

La complémentarité de cette charnière s'affine de match en match, quitte à la voir endosser la classique dualité entre le stoppeur-tacleur qui va au contact et le "libéro" bien placé qui soigne sa relance. Ce sera toujours un peu trop caricatural pour deux joueurs dont la palette est plus riche que ces stéréotypes, mais on a vu Umtiti reprendre les ballons façon moisseuneuse-batteuse et Varane couper les trajectoires ou monter balle au pied. Évidemment, le premier prend plus de risques que le second, et Depay s'est joué de lui sur un contact en le culbutant, le Lyonnais étant repris par… Varane.

 

On l'adore (Hernandez). On l'aime beaucoup aussi (Pavard), mais il a encore été souvent pris de vitesse sur son côté. Il semble aussi trop facilement devancé par Babel sur l'égalisation – Babel auquel il inflige un vilain geste quelques minutes plus tard. Ces cernes paraissent se creuser en même temps que les doutes.

 

Kanté est de retour à son régime de croisière, même s'il a un peu fléchi en fin de rencontre – ce qui a profité aux Néerlandais. Le constat vaut aussi pour Pogba et Matuidi. Le premier a parfois trop tenté de passes magiques, mais plusieurs l'ont été quand même et il s'est imposé au milieu. Le second a bien imprimé sa marque sur quelques actions offensives (avec un centre décisif), avant de courir plus dans le vide.

 

 

 

 

Revenu lui aussi à un bon régime, Griezmann a promené la balle et le danger dans les petits espaces, avec beaucoup de courses et de finesse dans la passe. Au prix d'une privation de toute occasion personnelle, mais en donnant énormément de mal à l'adversaire.

 

Mbappé a placé sa traditionnelle accélération dans les cinq premières minutes pour refroidir son vis-à-vis. Mais les défenseurs ont paru mieux lire ses courses et il a échoué dans la plupart de ses raids, tamponnant tout de même sa 24e sélection par un but d'opportuniste et par une contribution offensive considérable.

 

Il y avait sans nul doute, au Stade de France, plus de personnes susceptibles de l'ovationner s'il marquait que d'autres de le siffler au moment de sa sortie dans son onzième match sans but. Mais quand Giroud se fait balancer sur le centre décisif de Matuidi qu'il s'apprêtait à reprendre avant Mbappé, on se préparait déjà à la seconde éventualité. Et c'est alors que son remplacement était annoncé qu'il réalise un geste purement giroldien, mystifiant Van Dijk et le gardien. Auparavant, il avait montré tous les signes de la perte de confiance, malgré sa bonne volonté et peut-être en raison de la mauvaise volonté de ses partenaires s'agissant de lui adresser au moins un ou deux centres aériens. Il lui restait donc assez de rage pour prendre une bonne petite revanche sur le sort. On devrait mieux aimer ce genre de joueurs.

 

Mendy s'est conformé à son image de latéral (trop) offensif: il est complètement pris dans son dos sur le but, mais c'est lui qui délivre le centre décisif. Nzonzi n'a pu exercer beaucoup d'influence, peut-être parce que manquait Griezmann dans l'entrejeu, qu'il venait de remplacer. Dembélé n'a touché que de rares ballons.

 

 

 

 


Vu du forum

=>> Zouma Zouma Zouma Yeah - 21h05
Il y a eu un moment extrêmement flippant où le son du terrain et des tribunes était coupé, on entendait que les commentaires. Dix secondes d'angoisse pure, sans glace.

 

=>> Milan de solitude - 09/09/2018 à 22h03
Pogba joue tellement bien depuis la Coupe du monde que j'ai perdu le souvenir de ses matches médiocres sous le maillot bleu.

 

=>> Pascal Amateur - 22h08
Tete-Areola, ça fait un peu "Pyramide" spécial nichons.

 

=>> LLBB1975 - 22h09
C'est pas une bonne pub pour Mendy ce but...
=>> LLBB1975 - 22h16
Ce but est une bonne pub pour Mendy...

 

=>> Mevatlav Ekraspeck - 22h24
Je sais pas si je préfère un Tete qui sort ou un sein qui dépasse.

 

=>> Pascal Amateur - 22h29
À noter que Shrek a lui aussi une paire de Kluivert.

 

=>> Zouma Zouma Zouma Yeah - 22h37
Champions du monde! Encore une finale perdue par les Pays-Bas, décidément...

 

=>> dugamaniac - 22h39
J'arrive juste: c'est moi où Benjamin Pavard ressemble vachement à Sandra Bullock?
=>> dugamaniac - 23h10
Je m'étais trompé de chaîne, j'avais mis la une par habitude. Mais j'ai compris qu'il y avait un problème quand Pavard s’apprêtait à épouser Giroud. Même si je savais qu'il y avait des célébrations prévues ce soir, j'ai percuté que ça collait pas.

 


Les titres auxquels vous avez échappé

Morilles dans l’Agrume
La délivrance (sans Burt Reynolds)
Giroud, un polder frais
La France soigne son P.I.Bas

 


Les TAVAE sont de Mama, Rama & Papa Yade, Super Hérault, LLBB1975 et Kireg.

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