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Umtiti et gominés

En dominant l'Italie à Nice, une équipe de France encore impliquée et efficace conforte les bonnes impressions. À commencer par celle de la richesse de son effectif. 

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Si Didier Deschamps a regretté un manque d'efficacité dans ce match à trois buts pour son équipe, c'est peut-être parce qu'il épouse désormais le profil offensif de son groupe. Sans doute, la réduction du score à 2-1, sur la première réelle occasion italienne, rendait mal compte d'une première période largement dominée par les Bleus.

 

Leur capacité à faire mal était bien plus tangible, mais les Azzurri leur firent passer un mauvais quart d'heure au retour des vestiaires, avec une succession de coups de pied arrêtés et d'offensives. Les locaux rendaient certes les coups, flirtant avec le cadre par Dembélé (47e) ou Tolisso (57e), et le match en devint vraiment joli… jusqu'au 3-1 scellé par Dembélé à l'heure de jeu. Le rythme baissait alors, avec la litanie des remplacements, même si Balotelli ne renonçait pas (67e, 76e) et si Thauvin obligeait Sirigu à l'exploit (85e). 

 

 

 

Encore un match de préparation étonnamment satisfaisant, donc, avec de nouveau une intensité inhabituelle pour ce genre d'exercice. Cette fois, l'expression collective a été moins accomplie, mais la force de frappe est restée. Si Hernandez et Pavard peuvent estimer avoir tiré leur épingle du jeu, peu de joueurs sont réellement sortis du lot – ce qui est peut-être l'indice d'un bon collectif, avec un tel résultat.

 

Le système, lui, en ressort conforté: dans une autre composition, contre un adversaire très différent, le 4-3-3 a encore donné des gages d'équilibre et d'efficacité. Récupérer, tenir et distribuer le ballon, avec un milieu comme Pogba-Kanté-Tolisso, pour toucher une attaque Dembélé-Griezmann-Mbappé, c'est séduisant, en théorie. En pratique, ce France-Italie a seulement confirmé le potentiel de tant de vitesse et de vista. Et l'on sait que ce ne sera pas un sésame pour tous les adversaires. 

 

 

 

 

 


Les gars

Pas le meilleur match de rentrée pour Lloris, qui repousse le coup franc de Balotelli sur trois attaquants, alors qu'il n'avait pas été inquiété jusque-là. Par la suite, il a efficacement fermé l'angle sur les tentatives de Balotelli (46e), Bonucci (47e) et Chiesa (48e et 50e).

 

Pavard a fait un début en fanfare avec une combinaison avec Mbappé et un centre (1ère), un coup franc obtenu (6e) et un centre quasi décisif pour l'ouverture du score (8e). Plus discret par la suite, avec quelques fautes de placement dans un couloir particulièrement attaqué par les Italiens, mais aussi écarté des ballons brûlants.

 

Son échappée en solo a eu la meilleure des conclusions possibles: Hernandez a marqué les esprits en obtenant le penalty du 2-0 (29e), après avoir lancé Dembélé (4e) ou combiné avec Griezmann (20e). Il s'est ensuite concentré sur ses tâches défensives, avec efficacité.

 

 

 

 

Présent au rebond dans la raquette, Umtiti a inscrit un but qui a vite et bien fait tourner la rencontre à l'avantage de son équipe. Agressif dans les duels, il a concédé quelques coups francs – dont un qui aurait pu tourner au penalty, et qui a donné le coup franc du but italien – et il couvre Balotelli (76e).

 

Rami a joué de son physique pour s'imposer, mais il a souvent été pris de vitesse. Évitant de se faire remarquer, il a laissé les responsabilités à Umtiti. 

 

Auteur d'un étonnant tir sur le poteau (20e), Kanté a tenu l'axe sans craindre, initialement, de se porter vers l'avant, mais la densité du milieu l'a empêché de faire des différences notables – et il a été sanctionné par l'arbitre cinq fois pour la seule première période. Sa déviation de la tête enlève une balle de but à Balotelli (46e), mais sa mauvaise passe offre un contre à l'adversaire (61e).

 

Soit Pogba se réserve pour la suite, soit il répond mal aux interrogations sur son statut. Sa contribution positive n'a pas toujours été très visible (des passes tranchantes ou longues pour casser les lignes, un décalage subtil pour l'occasion de Tolisso), au contraire de ses erreurs. Il est dépossédé du ballon au départ de l'action conclue par Chiesa (48e), dévisse une frappe lointaine (75e). Il est surtout apparu isolé des circuits de passe.

 

 

 

 

La comparaison a largement profité à Tolisso. Moins rayonnant que lundi, il a beaucoup demandé le ballon, redescendant souvent plus bas que Kanté pour distribuer et toucher les attaquants. Il est resté un peu loin de la surface, malgré un tir de peu à côté (52e).

 

Dembélé a alterné gestes d'éclat (dont son but), et très mauvais choix (comme la balle perdue peu après son but). Il aura galvaudé un contre en ne servant pas Mbappé et en servant mal Griezmann (24e), centré dans le vide malgré plusieurs solutions (54e), raté une passe décisive (57e). Mais il y a aussi ce tir sur la barre après un rateau qui couche deux défenseurs (47e) ou ce bon service pour Mbappé (26e). Un volume important, pour un rendement inégal.

 

Les matches de Mbappé en bleu se ressemblent. Il casse des reins, il passe des lignes, il trouve ses partenaires, et son apport est quoi qu'il arrive considérable. Il n'est cependant pas souvent à la conclusion – son doublé contre la Russie faisant exception. Hier soir, il échoue sur Sirigu à plusieurs reprises (8e, 21e) ou manque le cadre (26e). Mais c'est son tir repoussé qui permet à Umtiti de conclure, et son dribble raté qui décale Dembélé.

 

Griezmann a fait le match du joueur qui se sait titulaire: sérieux, utile, mais un ton en-dessous. Sans réelle occasion, il a exécuté les coups francs et le penalty.

 

Le sélectionneur a offert à Mendy une bonne demi-heure d'entraînement en conditions réelles. Il a débordé, mais ses centres ont manqué de précision. Hormis Thauvin, dont le ciseau est sorti par Sirigu, et Matuidi (qui l'a servi à cette occasion), les autres sont entrés trop tardivement pour laisser une empreinte sur la rencontre.

 


Le titre est de Tonton Danijel.
 

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