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Cubillas 1970, l’heur du Pérou

La manière étiolée

En peinant face aux États-Unis, l'équipe de France a un peu altéré son bilan des matches de préparation. Pas de quoi rejoindre le chœur des lamentations.

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Ce fut un modèle de punition: en fin de mi-temps, sur le seul tir américain, après l'erreur d'un défenseur qui ensuite dévie le ballon au ras du premier poteau – là où c'est le plus embarrassant pour le gardien. L'équipe de France l'avait-elle méritée? Un ton en-dessous, elle s'y était exposée. Au terme de la préparation physique et à la veille du départ, il fallait s'attendre à une baisse d'intensité qui fut sensible dans les duels. Et il faut porter au bilan de ce match l'absence de forfait pour la Russie – Giroud devrait en être quitte pour quelques points de suture.

 

 

 

 

Si les Bleus ont payé quelque chose, c'est surtout leur manque d'efficacité durant ces quarante-cinq premières minutes. Si Pogba peut invoquer le manque de réussite pour son tir sur le poteau (5e), Giroud, Griezmann (trois fois), Mbappé et de nouveau Pogba ont successivement tiré sur le gardien ou manqué le cadre. Griezmann ayant récidivé juste après la pause, on échappait à un embarrassant 0-2 pour un hors-jeu de quelques centimètres de Wood (48e).

 

Toujours très dominateurs, mais pas très inspirés, les Tricolores ont paradoxalement trouvé l'égalisation sur leur première occasion nette depuis celle de Griezmann, conclue par un Mbappé qui peinait devant le but depuis trois rencontres. Malgré l'envie des six entrants, le match n'a pas basculé plus loin, les mèches allumées par Fekir sur coup franc (80e) et de loin (90e+4) s'y suffisant pas, tandis que Corona échouait à tromper Lloris (84e).

 

Sans l'intensité ni le réalisme des deux précédents matches, l'équipe de France a pris le risque d'un scénario contrariant. Cet ultime rendez-vous avant le départ laisse une impression nettement moins positive et l'expose à un regain de critiques qui à la fois dramatisent l'enjeu de la rencontre et ignorent tous les éléments de contexte. Les dégâts sont pourtant limités, et on n'est pas obligé de confondre un dernier match de préparation avec la soutenance d'un "projet de jeu".

 

 

 

 


Une préparation sans révolution

Les trois sorties de l'équipe de France pré-Mondial ont marqué une sorte de statu quo, apportant plus de confirmations que de surprises. Les interrogations portent sur les mêmes points: la solidité de la défense centrale, la qualité de l'animation au milieu, l'efficacité réelle de l'attaque.

 

Les débats, eux, portent sur mêmes joueurs, mais il n'est pas certain que la hiérarchie ait été bousculée, malgré les bonnes apparitions de Pavard, Tolisso et Fekir – dont on ne peut prétendre savoir comment ils se comporteraient dans une compétition aussi exigeante qu'une Coupe du monde. On attendait que Pogba fasse à Lyon la démonstration de son statut, mais lui-même comme son sélectionneur savent que cette épreuve l'attend en Russie, où d'autres vérités vont s'imposer.

 

Prosaïquement, et du côté positif, l'équipe de France a enregistré la bonne forme de ses attaquants, la multiplicité des solutions au milieu, l'aptitude de Benjamin Mendy, la crédibilité des "remplaçants" aux postes de latéraux, l'envie de bousculer les statuts de Fekir ou Tolisso. Du côté des doutes, l'absence chronique de maîtrise de cette équipe laisse ses ambitions dans le flou, en particulier avec un manque de créativité et de ressources dans la construction du jeu qui bride le beau potentiel offensif des Bleus et se convertit régulièrement en fragilité défensive.

 

Tous ces points restent en suspens, car les rencontres de préparation brassent trop de facteurs pour proposer des enseignements très fiables – ils offrent plutôt une longue liste de motifs à chouineries diverses. Le prochain match de l'équipe de France sera un match de Coupe du monde. Il est probable qu'à partir de la semaine prochaine, on ne repense plus beaucoup à ces trois rencontres que, impatience oblige, on aura commenté avec beaucoup trop d'intérêt.

 

 

 

 


Les gars

Un tir vicieux au possible, avec une déviation et un rebond: il faut ne pas avoir d'âme pour imputer le but à Lloris (mais c'est clairement la tendance)

 

On peut voir le but refusé à Wood de deux manières: soit Varane a été complètement pris par l'appel de l'attaquant, soit il a parfaitement bien joué le hors-jeu. Umtiti a pour sa part remporté des duels aériens et il a accepté avec plaisir le défi athlétique. Mais cette charnière est à la fois mal placée et dépassée sur l'occasion de Corona (84e).

 

Mendy a été visiblement en retrait dans l'engagement, comme s'il craignait que son retour inespéré ne connaisse une fin abrupte et cruelle, mais il a bien combiné avec Griezmann et a délivré quatre centres en première période. Il s'efface au retour des vestiaires, et oublie littéralement Green, resté dans son dos après une première offensive, sur le but refusé pour hors-jeu (48e).

 

Une entame encourageante, avec une transmission idéale pour Kanté en position de frappe (31e). Mais en ratant son contrôle et en glissant pour se rattraper, Sidibé offre le but américain. Moyen pour la confiance.

 

Actif mais peut-être un peu émoussé pour son deuxième match entier de suite, Kanté eu peu d'idées dans la relance et il a commis des fautes techniques inhabituelles. Mis en position idéale par Sidibé, il rate son contrôle (31e). Pas terrible pour la dynamique.

 

Une contreperformance que n'a pas compensée Matuidi malgré une importante dépense physique. Placé dans quelques coups (il lance Mendy sur l'occasion de Mbappé à la 27e, place un tir au-dessus à la 52e), il n'a pas assez pesé.

 

 

 

 

Pogba a commencé son match par un tir sur le poteau (5e), il l'a poursuivi avec des hauts et des bas. Des inspirations, une volonté de trouver des passes qui font mal (extérieur pour Giroud, 8e), un bon tir en pivot (33e), une belle percée qui le voit s'appuyer sur Giroud et Matuidi, mal conclue (52e). Mais aussi du déchet, et une capacité limitée à donner du liant et de la continuité à l'équipe, notamment parce qu'il ne résout pas le problème des lancements d'action – mais c'est beaucoup lui demander.

 

Griezmann a été poursuivi par un manque de réalisme dans le dernier geste, avec trois tentatives malheureuses en première mi-temps et un contrôle raté sur une ouverture de Pogba (43e). Sa bonne entente avec Mbappé n'a pas été très fructueuse.

 

Un but qui a presque tardé et un taux record de participation aux actions dans les trente derniers mètres: Mbappé a appuyé sur l'accélérateur, sans toujours être suivi ni réussir à passer, mais en faisant des différences.

 

Giroud est encore resté très isolé. Il ne s'est procuré d'occasion qu'avec une tête placée trop dans l'axe (10e), et a peu eu la possibilité de jouer en appui.

 

Les remplaçants ont eu leur part dans l'égalisation puisque Fekir et Pavard permettent à Mbappé de marquer. Fekir a été très présent lors de sa vingtaine de minutes sur le terrain, et il met deux fois Steffen à contribution. Pavard a joué juste, à l'image de son centre pour Mbappé, Hernandez réalisé une entrée sérieuse ponctuée d'une frappe brutale (73e).

 

Dembélé s'est multiplié, il a placé des accélérations dans lesquelles il s'est parfois empêtré, et échoue sur Steffen pour l'ultime occasion de la partie. Tolisso a voulu prendre ses responsabilités en demandant beaucoup la balle, mais sans convaincre autant qu'auparavant. Il perd un ballon transformé en contre (63e). Entré pour disputer sept minutes, Lemar a eu le temps de trop croiser un tir (90e+1).

 

 

 

Vu du forum

=>> Bof - 22h26
Margotton vient d'évoquer une interview d'Emmanuel Macron par Christian Jeanpierre dans Téléfoot, ça permet de relativiser la pauvreté du spectacle ce soir.

 

=>> El Mata Mord - 22h42
C'est simple :
Si on gagne, c'est grâce à la chatte à DD.
Si on perd, c'est la faute à Pogba.

 

=>> blafafoire - 22h58
La vraie question du mondial c'est de savoir ce qu'ils ont voulu représenter sur le ballon. Je vote pour des moules, mais j'ai un doute.

 

=>> Joey Tribbiani -22h59
"Hugo Lloris ne «croit pas» que Karim Benzema en ait fini avec l'équipe de France" (L’Equipe). Elle se confirme, cette difficulté à bien lire les trajectoires...

 

 

 

Les titres auxquels vous avez échappé
C'est l'amer hic ?
On verra Pogback in the USSR
Sidibé m'était contré
Stars & no Tripes

 


Le titre est de Pascal Amateur, les TAVAE de O Gordinho, Luis Caroll et Pascal Amateur.

 

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