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"L'inventeur du poste de gardien"

France-Bosnie : les gars

Inhibés par l'enjeu et débordés par les Bosniens, les Tricolores ont au moins eu le mérite de finir par émerger.

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Lloris n'aura pas eu de réel exploit à accomplir sur les tirs mous ou non cadrés des Bosniens, et on ne pouvait décemment pas en exiger un de lui sur le but qu'il prend. Il a été aussi vigilant que possible sur les nombreux coups de pied arrêtés, ne relâchant qu'un tir – sans conséquence.

 

 

Si un jour le club d'Évra veut le licencier, le motif de l'abandon de poste sera tout indiqué: lancé à l'abordage ou collé aux centraux, il a laissé des avenues à Pjanic et ses compères. On n'a pas vu sa main dans la surface, l'arbitre non plus. D'un autre côté (c'est-à-dire du côté de l'attaque), il s'est beaucoup démené, s'offrant même sur le tard une percée dans l'axe et un une-deux avec Gameiro. Le schéma tactique idéal pour lui n'a pas encore été inventé.

 

Réveillère a mieux réussi à bloquer son couloir, mais il a rendu des ballons aussi gentiment que le public de l'AJA du temps de Guy Roux – il perd celui qui conduit à la première grosse occasion jaune.

 

Entortillé par Dzeko sur le but, auteur de nombreuses fautes et de placements hasardeux, Rami a composé un duo burlesque mais pas franchement comique avec Abidal, qui a eu le mérite d'être plus discret. Pour le Barcelonais, on préconise une mesure d'éloignement, à gauche à la place d'Évra.

 

M'vila, positionné cette fois nettement plus bas que Cabaye, c'est-à-dire esseulé au milieu de la furia bosnienne, a été décevant en regard de ce qu'il a pu apporter à cette formation – à l'image d'un jeu de passe plutôt approximatif. Et quand il déçoit, l'équipe de France s'en sort rarement très bien.

 

On a pu croire que Cabaye était encore blessé, tant il a peiné à s'exprimer et à délivrer des passes propres, ou simplement à exister dans un entrejeu français à la médiocrité duquel il a contribué.

 

Associé à Évra dans les difficultés du flanc gauche, Malouda a eu le mérite de tenter de percuter et de parvenir à décocher deux ou trois centres dangereux – mais aussi d'alerter Rémy pour la meilleure (et seule véritable) occasion bleue de la première période. Sorti sous les sifflets. Un jour, il faudra quand même expliquer scientifiquement pourquoi il s'en prend à ce point plein la gueule.

 

Il ne faut pas faire commencer Nasri en position de meneur, il n'y arrive pas. Ou alors, il faut lui mettre Martin d'entrée. Il n'a rien réussi avant la 44e minute et une percée conclue d'une passe trop longue pour Ménez. Mais son réveil tardif a amené rien moins qu'un coup franc sur la barre, un penalty provoqué puis transformé et, en guise de cerise, une tentative de lob intéressante comme dirait CJP.

 

Germain le lynx a été bien meilleur en seconde période: Ménez a paru plus à l'aise à gauche, où il a fait des étincelles dans la dernière demi-heure, alors qu'auparavant il ne s'était signalé que par sa coupe de cheveux. Il a arbitré une partie de la rencontre en distribuant les cartons.

 

Moins convaincant seul en pointe que dans le rôle d'ailier gauche, Rémy s'est mis sur de mauvais rails en gâchant un duel avec le gardien à la 9e minute. Plus intéressant après son replacement sur le côté, il a participé au renouveau des Bleus.

 

Gameiro a beaucoup appelé les ballons, mais ils ne lui ont pas répondu. Il n'a existé que le temps de la 87e minute, en manquant de couper une trajectoire puis en adressant un tir à côté.

 

Martin a secoué son équipe en jouant vers l'avant et en lui donnant le rythme qui lui manquait. Il a obligé le gardien à une parade, obtenu le coup franc de Nasri et convaincu tout le monde qu'il aurait mérité un ticket de titulaire.

 

Alou Diarra a fêté son entrée par une perte de balle et un carton jaune: lui qui étudie ses stats n'a donc pas quitté le survêt pour rien, ou alors juste pour remettre du suspens dans une partie que les Tricolores maîtrisaient enfin.

 

 

 

Les autres gars

 

Christophe Zemmour

 

Composition : Hasagic (Begovic, 46e) – Papac, Pandža, Spahic, Mujdža (Maletic, 62e) – Medunjanin (Zahirovic, 71e), Rahimic – Pjanic, Misimovic, Lulic – Džeko.

 

 

Kenan Hasagic n’a fait que sortir et se coucher : devant Rémy (9e) et Ménez (44e), ou sur les centres tendus de Malouda (31e, 32e). Et à la mi-temps, il est sorti… peut-être pour aller se coucher (ou aller soigner son ignoble coupe de cheveux). En tout cas, le vrai boulot a été confié à son suppléant Asmir Begovic, qui a répondu présent sur les coups de pied arrêtés français dangereux (67e, 70e, 72e), sauf le pénalty de Nasri (78e).

 

L’axe défensif bosnien Pandža-Spahic-Medunjanin-Rahimic, s’il a été au niveau technique du reste de l’équipe en évoluant rapidement à base de passes courtes et en écartant, a laissé souvent Rémy filer dans son dos, Nasri et Martin créer une liaison entre eux et Ménez percuter en partant d’assez loin balle au pied.

 

Les latéraux Saša Papac et Mensur Mujdža ont bien contenu respectivement Ménez et Malouda dans leur positionnement original, avant de ne plus parvenir à empêcher le milieu du PSG à exploiter le couloir gauche, notamment face au remplaçant Darko Maletic. Offensivement, tout trois ont proposé des solutions. Globalement, l’équipe bosnienne a défendu bas, sans exercer un fort pressing et avec une distance de marquage assez large.

 

Au plus fort de la domination bosnienne, la formation a su temporiser et garder le ballon en le faisant circuler le plus possible. Et surtout, jouer au football de façon juste, intuitive et rapide: un démarquage, un regard, un contrôle, un service. Incarnant au mieux cette idée, Zvjezdan Misimovic a été un régal à voir évoluer, s’intercalant, orientant, frappant au but, crochetant, impulsant les attaques, usant de déviations et de jeu à une touche de balle (passe talonnée pour Dzeko).

 

A ses côtés, il a pu compter sur un Miralem Pjanic juste et précis (passe volée au milieu de terrain, service taclé pour Dzeko ou sur coup de pied arrêté), et sur un Senad Luli? pressant et disponible, qui n’a pas hésité à prendre sa chance.

 

Ce trident a servi idéalement Edin Džeko, qui s’est retrouvé très souvent en position de tir. Il a réglé la mire seulement une fois, pour un splendide combo contrôle orienté-frappe enroulée qui bat Lloris (40e). Usant de sa puissance athlétique, il a su gagner la plupart de ses duels face à la charnière française. De là à dire qu’il a mangé la feuille, il y a un pas que ni nous, ni le malmené Adil Rami ne franchiront.
 

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