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Repartir de moins que zéro

France-Biélorussie : les gars

4-2-3-1, 4-4-2, 4-1-3-2 ? Les versions divergent mais les violons s'accordent sur les performances individuelles des Tricolores...
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Le problème d'un bon gardien dans une équipe qui souffre, c'est qu'il va se retrouver plus souvent qu'à son tour en une de L'Équipe, en position déplaisante. Avant de se laisser exécuter par Kislyak, Lloris avait seulement dû constater les dégâts des tirs biélorusses sur les panneaux publicitaires ou sur les différentes parties du corps de ses défenseurs.

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Mexès émerge du bouillon

Auteur de nombreux jaillissements, résolu à prendre en charge la grande majorité des relances, Mexès a bien assumé ses responsabilités. Il a certes paru un peu lent quand les Rouges ont placidement envahi la surface française, mais il ne peut pas grand-chose sur le but – et c'est lui qui avait repoussé les deux tentatives consécutives de Rodionov lors d'un moment de panique prémonitoire en pleine surface (17e). Le Romain est un des rares à prétendre pouvoir s'installer dans cette équipe, alors que marquer des points quand ton équipe en perd n'est pas évident.

Tout aussi volontaire, quoique plus discret et parfois aussi subtil qu'un édito de France Football, Rami est allé au tampon ou cherché à trancher dans le vif. Il se jette bien devant Hleb (38e), mais n'a par ailleurs pas coupé un seul ballon aérien dans la surface adverse. Athlétique mais pas très mobile lui non plus, son association avec Mexès serait plus convaincante en une de Surface ou de Têtu qu'elle ne l'est aujourd'hui sur le terrain.

Tributaire d'une organisation offensive trop faible pour offrir autre chose qu'un apport sporadique en attaque, Clichy a tout de même débordé quand il a pu (9e, 18e, 68e, 71e) et déclenché des centres qui ont parfois manqué d'un cheveu de réussite – se montrant finalement le plus dangereux sur ses touches longues (et sur celle qui lui permet de lancer Malouda dans la profondeur, 8e). Un bon retour ponctué d'un tacle impeccable (14e) ne suffira pas à effacer son ardoise sur le but biélorusse: ne parvenant pas à écarter le ballon et le danger, il laisse Hleb servir le buteur.

Match symétrique pour Sagna, plus appliqué défensivement, mais lui aussi en déficit de justesse technique et d'offres de services de la part de ses coéquipiers. Il a tout de même participé au bon quart d'heure bleu: service parfait pour Ménez (47e), touches longues pour des déviations de Hoarau et Malouda (54e et 60e), obtention d'un corner (61e).



En milieu sous-marin

Faisant figure de rescapé avec ses statistiques flatteuses (77 passes réussies – source Opta), Mvila a énormément travaillé, mais peu créé malgré quelques récupérations spectaculaires – comme cette anticipation qui lui permet de continuer à entraîner Zhevnov avec une frappe violente mais pas assez placée (49e). Paradoxalement, ce volume de jeu n'a pas permis d'assurer une réelle emprise sur un entrejeu où les Biélorusses se sont régulièrement installés dans les intervalles avec leur jeu posé. Il est passif lui aussi sur l'action du but, et a la malchance d'intercepter la première passe de Hleb pour un coéquipier hors-jeu de deux mètres. Le ballon revient sur Clichy qui s'empêtre... la suite est connue.

Diaby a beaucoup couru, sans rattraper son niveau des matches amicaux d'avant-Mondial. Moins percutant qu'alors, plus dispersé, il n'a pas trouvé de solution au moment de lever la tête, ne parvenant pas à endosser le rôle de lanceur d'attaques – à défaut de meneur de jeu – que supposait sa position axiale avancée. Il alerte bien Rémy sur un contre (6e) et amorce une bonne action avec Clichy et Ménez à gauche (35e)... Mais en dehors d'une tête ripée sur l'épaule (corner, 28e), voilà l'essentiel de sa contribution offensive. On attendait qu'il donne du rythme, on attendra encore.

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Au sein d'un collectif si peu cohérent, c'est finalement dans son registre individualiste que l'inexpressif Ménez a été intéressant. Il a certes un peu promené nonchalamment son excédent de bagage technique en escamotant quelques ballons au passage, mais il met deux fois Hoarau en bonne position (22e et 29e,d'une balle piquée) et décoche, après un bon appel en profondeur, une frappe puissante que le gardien repousse (47e). Il s'en faut de peu pour que Malouda ne soit pas hors-jeu sur sa remise instantanée de la 63e minute (but refusé). Dommage qu'il dispute à Ben Arfa le titre de joueur le plus irritant de sa génération.

Malouda a individuellement justifié son statut d'international en exprimant une certaine supériorité technique, et à défaut d'exercer un leadership tactique, il a été présent en phase offensive: une récupération et un bon service pour Hoarau (16e), une tentative de retourné après une déviation de Hoarau (21e), un centre-tir dévié en corner (35e), un raid solitaire conclu d'une frappe puissante repoussée par le gardien (45e +1), une volée trop enlevée (45e+2) et même une tête plongeante (54e)...



Hoarau, phare en veilleuse

De bons appels mais un manque de précision technique qui l'a empêché d'en profiter mieux: Rémy s'est beaucoup démené avant de se blesser. Il tire une diagonale devant le gardien (6e), prend la profondeur (11e), et place une tête plongeante (17e). Si son horoscope ne lui a pas annoncé des pépins de santé pour la fin de l'été, il faut qu'il change de magazine.

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Même s'il s'est appliqué dans le jeu de passes, Hoarau a eu du mal à être utile autrement qu'avec ses déviations de la tête, qui auraient pu le transformer en passeur décisif (21e, 27e, 54e, 90e+1). En déséquilibre sur deux frappes au but (29e et 47e), le "phare de l'attaque" (Bixente Lizarazu dixit) rate encore le cadre en seconde période (tête au-dessus, 60e, et tir à côté, 87e). Présent mais pas déterminant: Robin Leproux a au moins pu constater que son attaquant ne s'épanouit pas forcément devant un gentil public familial.


Valbuena a apporté une dose de vivacité assez utile, mais pas de solution tactique – ce qui aurait été lui demander beaucoup. On portera à son crédit l'initiative de quelques frappes, un peu aventureuses: tir contré après un contrôle de la poitrine (35e), retourné (36e) et tentative de lob sur le gardien (71e). Aussi: un bon débordement-centre en retrait pour Hoarau (47e), un une-deux expérimental avec Gameiro achevé par un emplafonnement du défenseur (81e), un centre aérien précis (83e).

Mascotte de la médecine du sport, Saha n'a pas trop tardé à entretenir sa légende, sans même prendre le temps de figurer, avec une quelconque action, dans les résumés du match. Gameiro l'a remplacé et a terminé son échauffement dans le temps additionnel, qui l'a vu s'arracher à droite pour centrer un peu trop haut, puis tenter une frappe qui frôla la barre du mauvais côté.


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