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Le syndrome de la demi-finale

Flash-match: Allemagne-Italie 0-2 (a.p.)

Après avoir frappé l'Espagne, l'Angleterre et le Brésil, la loi des séries a eu raison de l'Allemagne, qui s'est inclinée contre son chat noir italien dans les ultimes secondes de la demi-finale.
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Allemagne-Italie: 0-2
Buts : Grosso (118e), Del Piero (120e)

La nalyse
Loin des clichés qui accusent habituellement Italiens et Allemands de fermer outrageusement le jeu, cette rencontre s'est avérée particulièrement plaisante. En tout cas beaucoup plus que le score enregistré à l'issue du temps réglementaire ne peut le laisser penser: voilà en effet le genre de 0-0 qui peuvent réconcilier fins tacticiens et amateurs moins éclairés de ballon rond.
Car dès le début de la partie, les deux formations ont fait preuve d'un incroyable enthousiasme, multipliant les offensives avec un engagement physique de tout premier ordre. Le style respectif des deux équipes n'a pourtant pas grand chose à voir: d'un côté, une Allemagne comptant sur sa puissance et sa vitesse pour se présenter rapidement devant le but ; de l'autre une Italie technique et joueuse, s'appuyant sur des redoublements de passes assez réjouissants.

Rien d'étonnant, donc, à ce que les deux sélections se soit créées quelques sérieuses occasions franches tout au long de la partie, profitant en outre de quelques largesses de deux défenses jouant bas et laissant des espaces. Le sort du match aurait probablement été réglé avant sans une certaine maladresse devant la cage: Perrota et ses contrôles trop longs, Schneider et ses frappes sans grande finesse... Notons d'ailleurs que les occasions les plus franches ont été le fait de défenseurs ou de milieux de terrain: la présence de deux jolis doublettes de défenseurs centraux a permis de parfaitement museler les deux numéros neuf, bien sevrés de ballons. D'autant plus que les milieux excentrés ont fait preuve d'une relative faiblesse, avec un Camoranesi interprétant parfaitement son rôle de maillon faible.


L'action remarquable
Les Italiens ont dû croire au retour de la scoumoune qui les poursuit en Coupe du monde depuis plus de quinze ans, quelques secondes seulement après le début de la prolongation : Gilardino, qui vient d'effectuer un joli slalom sur le côté droit, dans la surface de réparation, crochète Ballack aux six-mètres et frappe du gauche... sur le montant. Dans la foulée, un ballon mal renvoyé par la défense blanche sur un corner revient dans les pieds de Zambrotta, qui expédie une mine sur la barre...

Le joueur à suivre
Andrea Pirlo. Il n'a pas la classe de Zidane, la carrure de Ballack ni le charme de Beckham, mais c'est probablement l'un des tous meilleurs milieux de terrain de ce Mondial. Dans un rôle hybride entre le milieu récupérateur et le créateur le ( futur ex ?) joueur du Milan AC a une fois de plus réalisé un match énorme, par son abatage physique et son sens du jeu. Quelle incroyable lucidité, à quelques secondes de la fin du match, lorsqu'il conserve la balle aux vingt mètres au lieu de tenter une hasardeuse frappe, et délivre un amour de passe à Grosso, esseulé dans la surface. Le latéral devient le héros du peuple italien : mais le travail de l'ombre de Pirlo, sur ce but, reste tout bonnement hallucinant. Probablement le joueur le plus représentatif de la science footballistique italienne.


Les deux observations en vrac
> C'est toujours rafraîchissant, ces petites équipes bourrées de joueurs de 2e  division qui parviennent à se qualifier pour des finales de coupe.
> Klose n'a pas réalisé une seule frappe du match. Trezeguet pourra dire qu'il est parvenu à réaliser sur le banc la même performance que le meilleur buteur de la compétition en demi-finale.
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La Coupe du monde 2006


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