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Satta Massagana

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La Gazette de la CAN, numéro 2

FIFA : le combat des chefs a commencé

La réélection de Sepp Blatter à la présidence de la FIFA n'est peut-être pas acquise, à en croire les manœuvres de Johansson pour s'engouffrer dans les failles de son adversaire. Il y a au moins une campagne électorale qui a commencé cette année.
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Comme on l’a vu il y a quelques semaines (Blatter 2 sur des rails), Sepp Blatter pensait avoir verrouillé le congrès électif de la FIFA pour assurer sa réélection à la présidence de l’instance suprême du football mondial en mai prochain à Séoul. Mais c’était compter sans la ténacité de son challenger européen lors de la bataille pour la succession de Joao Havelange, Lennart Johansson, président de l’UEFA. En effet, le candidat battu en 1998 compte bien mettre à profit les zones d’ombre du mandat du Suisse à la tête de la FIFA pour le remplacer, même s’il choisit une position attentiste pour l’instant, laissant la controverse atteindre Blatter, seul candidat ouvertement déclaré.

Le Comité exécutif de l’UEFA était réuni la semaine dernière à Porto dans le cadre du tirage au sort des poules qualificatives pour l’Euro 2004 qui sera disputé au Portugal. Johansson, prenant la parole au nom de l’UEFA, en a profité pour demander des comptes à la FIFA sur les quelques affaires surgies au cours de la présidence Blatter, notamment la faillite d’ISL, prétendu fleuron du marketing sportif et ancien partenaire exclusif de la FIFA. Alors que Blatter affirme que l’instance du football mondial a perdu 30 millions de dollars dans cette affaire, certains spécialistes du dossier multiplient par plus de dix cette estimation. Ce qui expliquerait pourquoi la FIFA a dû mettre en place une garantie de 420 millions de dollars auprès du Crédit Suisse First Boston. En outre, l’audit des comptes de la FIFA promis par Blatter n’a toujours pas été mené de manière satisfaisante pour Johansson, qui demande à ce que les membres du comité exécutif de la FIFA, dont il fait partie, reçoivent une information fiable sur l’état des finances de l’organisation.

Sur cette base, Johansson réclame donc la tenue d'un Comité exécutif extraordinaire de la FIFA sous trois semaines. Déjà, en décembre dernier, une demande de la sorte n’avait pas abouti. Une telle requête nécessite en effet d’être appuyée par la majorité des vingt-quatre membres du comité exécutif. Malgré l’accord de quatre représentants africain et d’un asiatique s’ajoutant aux huit voix européennes, la demande était restée sans suite, deux partisans de Johansson étant absents lors du vote. Cette fois-ci, le Suédois compte bien réunir une majorité autour de sa demande de clarification des comptes de la FIFA. Le Comité exécutif de l’UEFA, malgré la réticence de certains de ses membres redoutant un conflit long et contreproductif, a ainsi voté à l’unanimité l’envoi d’un courrier recommandé exigeant la tenue du CE de la FIFA.

Johansson conserve toutefois une attitude faussement consensuelle, se gardant bien d’attaquer directement son adversaire, qui demandait récemment l’unité de la ‘‘famille’’ du football en ces circonstances délicates. Ainsi, le Suédois affiche surtout son ambition de briguer un nouveau mandat à la tête de l’UEFA en avril prochain, et prétend soutenir la candidature du seul postulant déclaré, Sepp Blatter. Cependant, on peut supposer sans prendre beaucoup de risques que Johansson escompte bien tirer profit de la tempête qu’il espère provoquer ainsi, et se présenter ensuite comme le sauveur d’une FIFA qu’il aura largement contribué à déstabiliser. Le cumul des mandats ne lui fait sûrement pas peur, le fidèle Gerhard Aigner pouvant grimper d’un cran dans l’organigramme de l’UEFA.

En marge de ces manœuvres politicardes, le Comité exécutif de l’UEFA a montré une autre cohésion en décidant de confier l’ensemble du marketing de la Ligue des champions pour la période 2003-2006, à l’agence suisse TEAM, déjà en charge du marketing de la compétition jusqu'en 2003. La transaction s’élèverait à un montant 1.4 milliard d’euros. Les observateurs auront observé l’insistance particulièrement affichée du directeur général de l’UEFA, Gerhard Aigner, à confier ce contrat au concurrent d’IMG/TWI, le challenger qui aurait pourtant fait une offre supérieure pour conquérir cette lucrative position. Si l’UEFA est prompte à stigmatiser le scandale ISL qui sert sa lutte pour le pouvoir au sein de la FIFA, elle n’en tire pas les conséquences en continuant de sous-traiter l’ensemble de son marketing à une seule et même société. Bis repetita? L’avenir le dira…

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