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Un quiproquo tragique

Fiche technique : la Pologne

Panorama des forces et faiblesses du principal outsider du groupe A, qui se voit offrir l'honneur du premier prime-time de ce Mondial 2006.
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Hormis une mystérieuse troisième place obtenue en 1974 (déjà chez le voisin allemand), la Pologne affiche un palmarès international dont même le Luxembourg ne voudrait pas. De déceptions en humiliations, cette contrée désespérante coincée entre le pays de Nedved et celui de Chevtchenko, mais sevrée de talents depuis la retraite de Boniek, a depuis longtemps appris à ne rien espérer de ses rares qualifications en phases finales. Et elle a bien raison.

Le point fort
Les boissons alcoolisées sont interdites dans les enceintes sportives.

Le point faible
Être persuadés que Lukas Podolski et Miroslav Klose, tous deux d’origine polonaise, sont des espions du cru qui se sont subtilement infiltrés dans l’équipe allemande.


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Le rôle de la Pologne
Pour les spectateurs du monde entier, la vue des joueurs polonais sert avant tout à se replonger avec délice dans le look seventies, à base de nuques longues et de moustaches à la Asterix. Etant donné que le jeu de l’équipe nationale n’a pas beaucoup évolué depuis, nombreux sont ceux qui vérifieront leur télécommande pour s’assurer qu’ils ne sont pas devant ESPN Classic Sport. Pour nous autres téléspectateurs français, la Pologne possède un attrait particulier, à même de nous faire regretter sa présence trop rare sur nos écrans : la prononciation des noms de ses joueurs (hélas inutilisables au Scrabble) est un véritable calvaire pour Thierry Roland. On se réjouit à l’avance de l’entendre commenter une action à trois entre Krzynowek, Szymkowiak et Baszczynski.


Comment reconnaître un joueur polonais ?
Outre les caractéristiques pileuses évoquées ci-dessus, le joueur polonais se reconnaît au fait que son nom est écrit en tout petits caractères pour pouvoir être intégralement imprimé sur le maillot, ainsi que par le profond spleen qui émane de son regard d’épagneul suicidaire. Il est à noter qu’il est rigoureusement impossible de distinguer un joueur polonais de n’importe lequel de ses supporters.

Quel Polonais faut-il surveiller ?
Le gardien Artur Boruc, qui a justifié la décision du sélectionneur de le préférer à Dudek en encaissant en match de préparation un but inscrit directement par le gardien colombien sur un long dégagement. Mais saura-t-il réitérer la même performance en phase finale, avec toute la pression que cela comporte?

La stratégie secrète des Polonais
Invoquer tour à tour Jean-Paul II, Lech Walesa et Wojcech Jaruzelski pour convaincre leurs adversaires respectivement catholiques, démocrates et communistes de s’effacer devant eux.


Le scénario idéal
Apprenant qu’en Pologne l’avortement est interdit, le catholicisme est religion d’Etat et l’homosexualité est considérée "contre nature" par le gouvernement, les Equatoriens et les Costaricains demandent l’asile politique en cours de match. La rencontre amicale contre le voisin allemand (sur le modèle de RFA-Autriche en 1982) arrange tout le monde. A la veille du quart contre l’Argentine, un agent polonais en sommeil depuis la guerre froide pirate le circuit télé de l’hôtel où logent les hommes de Pekerman pour leur retransmettre, à la place des clips de MTV censés leur donner du punch, le Décalogue de Kieslowski. Profondément déprimés, les Argentins fondent en larmes sur le terrain et n’essaient même pas de s’emparer du ballon. A la mi-temps de la finale contre le Brésil, les joueurs auriverde reçoivent dans leur vestiaire la visite de plusieurs vieilles femmes en fichu qui prétendent s’appeler Ronaldowski, Ronaldinhek et Kakaszwiescski et affirment être les aïeules des stars de la Seleçao. Touchés, les Brésiliens quittent immédiatement le stade pour s’installer avec leurs nouvelles familles dans des villages de Silésie orientale où ils effectuent la récolte des pommes de terre en toque.


Le scénario catastrophe
Lors du match contre l’Equateur, une streakeuse sème le trouble dans le prude esprit des joueurs polonais, qui décident dès lors de jouer le reste de la compétition avec les yeux bandés. Ils décident de rentrer au pays, à pieds, après trois défaites aux scores grotesques. Ayant gardé leurs bandeaux, ils se trompent toutefois de direction et se retrouvent dans le Nord de la France. Nullement dépaysés — les paysages, les coutumes et la langue étant les mêmes —, ils s’installent autour de Roubaix, suppriment les quinze dernières lettres de leurs noms de famille et, quelques années plus tard, voient avec ravissement leurs enfants brandir le Trophée Jules Rimet avec le maillot bleu sur les épaules.
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