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Fernandez à l'auberge Espanyol

En trouvant refuge dans le club catalan, l'ancien coach parisien pourrait donner un second souffle à une carrière dont la trace s'était perdue au Camp des loges...
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Il voulait voir le Nou Camp et il a vu Montjuïc. Après avoir rêvé de diriger le Barça, Luis Fernandez a finalement atterri, au début du mois d'octobre, sur le banc du deuxième club de la capitale catalane: l'Espanyol de Barcelone. Une formation en pleine crise, qui, après dix journées, occupait une triste position de lanterne rouge de la Liga. Présenté comme tel, le choix de Fernandez pourrait s'assimiler à une véritable tentative de suicide professionnel. En fait, en acceptant la proposition de Daniel Sanchez Llibre — le président du club — il s'est paradoxalement offert une opportunité unique de relancer sa carrière, après une fin de parcours chaotique avec l'équipe parisienne. Un atout : succéder à Clemente Car pour relever le challenge du sauvetage de l'Espanyol, Fernandez dispose déjà d'un atout dans sa manche : une succession relativement facile à assumer. L'ancien technicien du PSG prend en effet la place de Javier Clemente, dont la cote de popularité en Espagne est assez proche de celle d'un Juppé en plein hiver 95: chantre du bétonnage défensif, le Basque porte comme une croix son passage raté à la tête de la sélection espagnole, qu'il avait dû quitter après une défaite contre Chypre, quelques mois après l'élimination prématurée au Mondial 98. Un cuisant échec que ses passages calamiteux au Betis, à la Real Sociedad, à l'OM et à l'Espanyol — donc — n'ont pas permis d'effacer des mémoires. Dans ce contexte, Fernandez est accueilli comme le messie. D'autant qu'il arrive auréolé d'une réputation plus que flatteuse: ses performances en demi-teinte à la tête du PSG n'ont pas franchi les Pyrénées. Et l'ancien joueur du carré magique a laissé dans l'esprit des aficionados espagnols l'image d'un entraîneur capable de transformer une honnête sélection régionale — l'Athletic Bilbao — en vice-championne du pays. Rien de surprenant, donc, à ce que la presse locale ait salué avec emphase son arrivée dans la cité méditerranéenne. El Mundo Deportivo, qui suit quotidiennement l'actualité des deux clubs catalans, s'est ainsi fendu d'un article élogieux sur "le style Luis" : "Son caractère, son instinct footbalistique et ses méthodes de travail ont quelque chose de particulier. Le Français de Tarifa dirige son équipe comme il jouait : de la fraîcheur et du génie pour faire courir le ballon, un mélange de jeu à une touche de balle, de sacrifices et de volonté de gagner". Une opinion partagée par As : "Avec le Français, les joueurs de l'Espanyol travaillent plus et mieux". Une argutie qui ferait sourire plus d'un supporter parisien. Pas de pression Pourtant, c'est justement la différence de standing entre les deux clubs qui pourrait permettre à Luis de transformer son séjour catalan en success-story. Avec l'Espanyol, Fernandez retrouve un club au profil proche de ceux dans lesquels il s'était imposé par le passé. À l'Athletic Bilbao comme à Cannes, il avait d'abord réussi parce qu'on ne lui demandait justement pas de réussir. Pour ces deux clubs formateurs, les ambitions estivales se résumaient ainsi à se maintenir dans l'élite. De fait, les qualifications européennes obtenues par les deux formations avaient alors pris des allures de véritable exploit. À Barcelone, il lui faudra plus modestement sauver l'équipe de la noyade. Un défi à sa mesure, puisque Fernandez dispose d'un groupe de footballeurs besogneux comme il les apprécie. Aucune star à gérer: une aubaine pour un entraîneur dont les relations avec les joueurs à fort potentiel médiatique ont toujours été problématiques. S'il échoue, personne ne lui tiendra rigueur de ne pas avoir évité un désastre annoncé par un début de saison catastrophique. En revanche, s'il parvient à sauver l'Espanyol de la relégation, sa cote sera au plus haut dans toute la péninsule ibérique. De quoi entrevoir la prise en main d'un club prestigieux au sein de l'un des championnats les plus renommés de la planète. Nul doute que Fernandez avait pris en compte l'ensemble de ces paramètres avant de parapher son contrat.
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