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Clément Jumeau

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Revue de stress #171

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Platoche décroche

Est-ce ainsi que l'OM vire?

L'OM, quatrième du championnat de France 97/98 n'a été que l'ombre d'elle-même toute cette saison, médiocre, peu inventive, dominée, insipide, blasée... Quid de l'an prochain?
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En début de saison, Rolland Courbis déclarait à qui pouvait l’entendre (ou le lire) que “nul n’est prophète en son pays”. Il arrivait à Marseille avec le costume du sauveur, celui qui connaît tellement bien la maison qu’il peut honorer mieux que quiconque la doctrine du club : droit au but. Il en fut tellement effrayé que sa trouille dura toute la saison, rejaillissant du même fait sur son équipe.
Dès le début de cette campagne 97/98, on sentit chez les joueurs comme de la peine à s’organiser sur le terrain. En dehors d’un immense Laurent Blanc (qui paie aujourd’hui ces efforts), d’un fulgurant Gravelaine et d’un “primesautier” Köpke, l’OM de Courbis ne tenait pas la distance. Constamment essoufflés après la première demi-heure, les blancs de Marseille étaient parfaitement méconnaissables, tant leur incapacité à dominer ou à créer le jeu était flagrante.

L’espoir revint du côté de la Cannebière quand Fabrizio Ravanelli donna son accord pour mener l’attaque olympienne. Courbis n’en put plus du tout. Enfin il allait pouvoir faire taire les détracteurs présents dans le public, enfin il allait pouvoir faire de cette OM-là une grande équipe. Il n’en fut rien. Cette histoire sentait le fiasco à plein nez, rappelant les premières heures de Raï à Paris. En effet, l’Italien starisé, adulé, n’est jamais parvenu à jouer une partition correcte en attaque. Sans arrêt en retard sur les ballons en or que lui offrait Gravelaine, constamment emprunté au moment d’arriver à l’abord de la surface, ridicule dans ses une-deux, à la dérive dans son placement, trop peu présent dans sa pression sur l’adversaire, auteur de nombreuses séquences ahurissantes qui eurent pour conséquence de donner le ballon à l’adversaire, immanquablement indigne du statut qui l’avait précédé à Marseille, jamais vraiment le renard blanc n’a pu éclairer le jeu particulièrement gauche des joueurs de Courbis.

Deux fois seulement cette saison les Marseillais sont parvenus au niveau que leur public attendait, contre Toulouse (4-0 au stadium) et contre Metz (match perdu, mais avec les honneurs, les grands). Alors quoi? Que cherche Courbis? Pourquoi n’a-t-il proposé qu’un jeu extrêmement défensif? Pourquoi, dans ses brèves tentatives pour faire aller de l’avant son équipe, s’est-il autant trompé? Trompé. C’est sans doute le mot de la saison à Marseille. Trompés sur la marchandise, les supporters. Trompés sur Ravanelli, puis Dugarry aussi. Tout le monde a été trompé par cette équipe. La place de quatrième au classement n’étant finalement que le reflet d’un championnat médiocre pour tous (sauf Lens et Metz bien sûr), où seule l’équipe la plus régulière dans cette médiocrité a pu espérer accrocher quelque chose d’européen pour la prochaine saison.

Cette prochaine saison décisive, puisque l’OM touchera des terres étrangères qu’elle n’a pas connu depuis des lustres, où elle jouit encore d’un certain prestige, mais qu’il va tout de même falloir réaffirmer. Sera-ce le cas? Courbis comprendra-t-il que ses tactiques n’ont parfois aucun sens (chaque fois qu’il a changé ses deux attaquants au profit de milieux, l’OM a perdu, ça ne l’a pas empêché de répéter cette méthode à de multiples reprises)? Cessera-t-il de paniquer comme un gamin dès qu’un de ses défenseurs se blesse en début de match (comme contre Paris au Vélodrome où il a attendu près de 10 minutes avant de sortir Domoraud totalement handicapé par une blessure pour le remplacer par un attaquant)? Se taira-t-il enfin? Le recrutement de Marseille sera-t-il à la hauteur cette année? Trouveront-ils un vrai numéro 10?

L’OM a mal virée cette saison, son teint ressemblant plus au résultat d’une cure de mauvais auto-bronzant qu’à un reflet de pleine santé. Indigne de son passé, indigne de sa morale, le Marseille de Courbis sent la mauvaise bouillabaisse. Il reste encore une chance à cet enfant du pays de contredire l’adage cité plus haut et de parfaire sa gloire, une seule.

En attendant, les Marseillais devraient remercier Blanc, Gravelaine et Köpke avant de se remettre à la sieste, car ils ne sont pas sûrs de les revoir l’an prochain.

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