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Jamel Attal

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Le groupe D et sa deuxième journée

Entre bleu clair et bleu foncé

Les données changent vite lors d'un tournoi final... France-République tchèque a relativisé certaines impressions sur les Bleus, et ramené les analystes sur terre. Même Youri nous chambre!
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Dans la presse et même sur nos pages, tout le monde ou presque était tombé dans le piège de ce système en 4-3-1-2 qui semblait s'imposer aux esprits en ce début d'Euro. La deuxième sortie des Bleus a modéré cet engouement et recadré le débat, sans compromettre l'optimisme quant à leur avenir dans cette compétition.
Car si le match contre le Danemark a basculé en deuxième mi-temps avec trois récupérateurs, celui contre les Tchèques n'a évolué favorablement pour la France que lorsqu'elle est revenue à deux milieux défensifs... Il n'y a donc qu'un seul schéma tactique, c'est celui du match en cours, et il fallait être un peu naïf pour vouloir le graver dans la pierre comme un théorème de géométrie. A cet égard, Lemerre, loin de l'image passive et embrouillée que certains veulent lui coller, se révèle un coach habile (ils diront chanceux), puisque ses changements à la mi-temps ou à l'heure de jeu ont été deux fois suivis d'une décisive évolution du score. Il n'y a donc pas de formule magique, mais un ensemble de solutions qui s'offrent au sélectionneur (soustraction faite des blessés), et qu'il pourra à nouveau faire évoluer à l'avenir.
Les limites du "4-3-1-2" qui semblait si séduisant et presque définitif sont d'ailleurs apparues plus nettement: ruptures entre les lignes défensives, tendance à balancer devant, isolement de Zidane, problèmes de construction… Avec plus de densité dans l'entrejeu (notamment grâce à l'entrée de Dugarry), les Bleus ont semblé retrouver leur emprise, leur équilibre et leur capacité à joueur autrement qu'en contres.
Au compte des enthousiasmes douchés, la célébration prématurée du duo Henry-Anelka a elle aussi perdu en crédibilité (voir le compte rendu du Groupe D). Si Henry confirme un niveau exceptionnel, son compère n'a pas vraiment bénéficié de ses deux titularisations consécutives (en tenant tout de même compte du fait qu'il est à court de compétition et peut encore monter en puissance). Avec ce doute réactivé sur la complémentarité des deux "flèches", Dugarry et Wiltord (comme soutiens d'attaque latéraux), voire Trezeguet (comme point de fixation axial) marquent des points. Ils devraient avoir un terrain d'expression tout trouvé avec la rencontre de mercredi…

Le Snake mate le Tchèque
Nous serions malhonnêtes d'ignorer le retour en grâce de Djorkaeff qui, vraisemblablement très énervé à la lecture des Cahiers, a enfin justifié sa réputation dans un match à enjeu avec un vrai but et quelques gestes décisifs. Motivé par les critiques et les menaces sur sa titularisation, il n'a pas raté sa mi-temps et retrouvé un certain sens des responsabilités (même si nous ne laisserons pas passer son repli défensif totalement inexistant à 2-1). Mais ce France-République tchèque est tout de même une agréable façon d'avoir tort, et nous espérons que le joueur continuera à nous "décevoir en bien" et à nourrir son mythe. Un mythe de buteur que l'on continuera cependant à interpréter comme celui d'un joker…
A l'inverse, au jeu idiot des cotes et des baromètres, Didier Deschamps restera une cible privilégiée pour une presse qui a quelques griefs (pas toujours sportifs) à son égard. Une pression à laquelle il est habitué: il semble n'avoir été reconnu à sa juste valeur que durant l'été 98. Avant c'était un joueur médiocre, après, un joueur fini… S'il est effectivement moins régulier depuis deux ans, il ne mérite certainement pas les procès que certains procureurs lui préparent déjà. Soyons sûrs que le capitaine des Bleus prépare sa réplique.

Malgré ces interrogations et des certitudes moins ancrées, l'équipe de France avance dans cet Euro à son rythme et avec une connaissance plus juste de ses moyens, que l'on sait grands mais pas non plus illimités. Cette seconde prestation a en tout cas le mérite de refroidir quelque peu une euphorie qui aurait pu devenir dangereuse, et elle laisse à la seule sélection nationale les clés de son destin. Commentateurs, restez prudents!

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L'Euro 2000

L'Euro 2000


Pierre Martini
2012-06-23

L'heure bleue

À la fois délice et supplice, les moments qui précèdent un match de phase finale permettent d'imaginer la victoire. Même s'il s'agit d'affronter l'Espagne.


Jamel Attal
2000-07-05

L'Italie est de retour

Qui attendait l'équipe italienne en finale et surtout à ce niveau? Car si nous avons pu ironiser à loisir sur son retour au catenaccio traditionnel, il faut bien lui reconnaître un excellent match à Rotterdam, qu'elle a d'ailleurs presque gagné. Les tifosi pourront se consoler un peu en considérant le parcours exceptionnel de leur équipe.


Pierre Martini
2000-07-04

Une statue pour Emil Kostadinov

En définitive, la frappe invraisemblable de l'attaquant bulgare en novembre 93 fut le big bang de la sélection tricolore, à l'origine de toutes ses victoires actuelles. Les voies du football sont impénétrables, mais le chemin des Bleus a semblé ensuite tout tracé…


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Sur le fil

RT @lefollclement: Pour Vice, j'ai suivi durant une journée un supporter soumis à une interdiction administrative de stade. https://t.co/3E…

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RT @ArriereCuisine: Un article polémique sur un sport méconnu : https://t.co/TxWGnHfrXb Par @arbleiz56 , notre expert #lefoot https://t.co/…

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