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Matthew Dymore et Andrew McNife

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D'après l'After

En prendre plein l'Emirates

Matchbox: Arsenal-Manchester, 2-1. Un superbe match entre deux cadors aux trajectoires opposées: l’un en perte de vitesse, l’autre à fond de pédale.
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Le match : l'utile et l'agréable

Au coup d'envoi, la tension annonciatrice des grands matches électrisait la pelouse. Afin de dédramatiser la situation pour ses jeunes coéquipiers, Almunia reprenait à la main dès la première minute de jeu une passe en retrait de Silvestre. Le coup franc indirect était mal exploité par Manchester... Le match était alors lancé sur un rythme soutenu, marqué par un important engagement physique et une application tactique entre deux styles bien marqués: l'utile d'un côté, l'agréable de l'autre. Les Mancuniens semblaient en effet obnubilés par l'esthétique de leur jeu, s'appliquant à mettre en œuvre un mouvement permanent, caractérisé par une circulation de balle fluide et des permutations perpétuelles du trio Berbatov-Rooney-Ronaldo.
Mais les occasions nettes des Red Devils furent méthodiquement gâchées, comme cette balle en retrait millimétrée de Ronaldo sur laquelle Rooney donna l'impression de s'appliquer pour l'envoyer dans les tribunes.

En face, conscients de la supériorité de leurs adversaires, les Gunners allaient s'efforcer de jouer simple et direct. En position de centrer, ils centraient et en position de frapper, ils frappaient. Cette véritable révolution culturelle avait le mérite de leur procurer un nombre assez important d'occasions. A la reprise d'un corner, Nasri voyait sa frappe du gauche déviée par Neville pour tromper une première fois Van der Sar.

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Interdits de surface
La deuxième mi-temps débutait comme sur des roulettes pour les Gunners. Après deux minutes de possession, Fabregas profitait des errements de la défense mancunienne pour offrir un caviar à Nasri qui, sans le manger, le propulsait dans les cages adverses. 2-0, sonnez la retraite, bouchez les ailes et traquez les appels. Dès que l’occasion se présente, contre-attaquez. Consignes reçues 5/5.
Les offensives mancuniennes furent braves mais stériles. Seul le tir de Ronaldo, quatre-vingt dix secondes après le but, mit Arsenal en danger: une intrusion axiale en six passes, accélérée par une talonnade de Rooney pour Berbatov, débouchant sur un centre parfait de Park. Le Portugais échouait, et avec lui, toute son équipe, désormais interdite de surface de réparation.

Persistaient quelques rares incursions, parfois inquiétantes, jamais dangereuses, car marquées du sceau de la prévisibilité. A contrario, les contre-attaques londoniennes se poursuivaient, mais c’est finalement United qui réduisait la marque d’une magnifique volée de Rafael, pas un peintre sur ce coup. Après six minutes de prières, le coup de sifflet final interrompait enfin le supplice des supporters. Londres passe devant Manchester.



La Nalyse : le contre et l'attaque


logo_arsenal.jpgArsenal
Arsène Wenger a composé son 4-4-2 en fonction des blessures et des suspensions. Mais en positionnant Diaby derrière Bendtner, il put densifier son milieu tout en renforçant la présence dans les airs de son équipe. Idéal pour un jeu basé sur des débordements et des centres.
Défensivement, le placement visiblement trop haut de Fabregas laissait trop souvent le seul Denilson protéger sa défense. Les nombreuses occasions de la première période conduisirent à un meilleur équilibre de la position de l'Espagnol en seconde période. D'autant que le score aidant, l'équipe dans sa globalité s’appliqua alors à défendre et à contre-attaquer.

logo_manchester.jpgManchester
Avec la mise en place initiale d’un 4-4-2 classique et d'un jeu porté vers l’avant, on pressentait chez Ferguson l’envie de gagner chez un adversaire du Big Four. Manifestement, ses joueurs ont cruellement manqué d’inventivité pour emballer le match. Tandis que la provocation était censée venir de Ronaldo, MU a davantage construit ses actions sur l’aile gauche, via un tandem Evra-Park plutôt bancal. Le Portugais évoluant sur tout le front de l’attaque, personne (Neville exclu) ne pouvait créer de danger côté droit. C’est d’ailleurs ce que Ferguson lui reprocha en cours de seconde mi-temps. En restant sur son aile (voire en repiquant au centre), il a déclenché les meilleures occasions de son équipe.
Devant, Berbatov redescendait beaucoup trop, s’empêchant de peser sur la défense. Rooney ne compensait pas assez, et le déficit de présence dans la surface de réparation restait patent – Carrick et Anderson demeurant trop prudents.

Remplaçants, Giggs et Tevez n’eurent pas le temps de faire basculer la situation, le premier jouant un rôle similaire à celui de Scholes. Au contraire de Rafael qui, rentré après une heure, dynamita le jeu de son équipe et créa des solutions sur l’aile droite bien plus crédibles que celles de Neville.
Restait le bloc d’Arsenal à franchir. On pourrait peut-être reprocher à Ferguson l’entrée tardive de Tevez, ou son indulgence pour Berbatov, mais la défaite incombe cette fois-ci complètement à ses joueurs.



Les gars en vrac

Toujours à la recherche de son poste de prédilection, Diaby a expérimenté celui d'attaquant de soutien. Mais le Français n'a jamais semblé être en mesure de soutenir Bendtner qui errait seul, inoffensif, sur le front de l'attaque des Gunners. Diaby a en effet passé trop de temps à défendre en lieu et place de Fabregas, qui paraissait parfois avoir déserté son camp, laissant au seul Denilson, alors au four et au moulin, le soin de protéger sa défense.
Mais la créativité de Fabregas en attaque n'a pas d'équivalent à Arsenal, et ce n'est pas Nasri qui pourrait lui contester ce rôle, tant le Marseillais, malgré un réalisme assez inédit, peine à mener le jeu depuis son côté gauche. Défensivement, Gallas a fait un très bon match aux côtés d'un Silvestre très efficace dans le jeu aérien sur balles directes. Sur les côtés, Clichy a fait montre d'une combativité et d'un engagement exemplaires tandis que Sagna, peu aidé par un Walcott convalescent, a fait de bonnes choses face à Park et Evra.

On se demande pourquoi Gary Neville joue ce genre de matches. La majorité des attaques d’Arsenal est venue de son côté, et son apport offensif est très faible. Voilà peut-être la raison pour laquelle Ronaldo a beaucoup délaissé son couloir, n’ayant aucune solution de dédoublement et/ou de faux appel. Un Ronaldo particulièrement altruiste (peut-être trop, mais on ne va quand même pas lui reprocher). Il est à l’origine du but, et son caviar de la dix-huitième minute l’exonère à lui tout seul de ses récentes sorties. Le destinataire, Rooney, parle peu et vendange beaucoup, notamment sur cette action d’école où il aurait dû faire la différence. Il court, mais manque de justesse.
Tout comme Park, qui s’use jusqu’à l’os. On ne peut pas en dire autant de Berbatov, incroyable dans sa conservation du ballon mais peinant à l’approche du but. Les forces des uns n’ont pas compensé les grosses faiblesses des autres. L’équipe a sombré collectivement.



Les chiffres

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Les observations en vrac


• À force de le voir faire des tourniquets sur place à chaque fois qu'il recevait la balle, on avait fini par oublier que Nasri pouvait aller vite vers l'avant. Visiblement, Vidic aussi.
• Lorsque Stéphane rit, Marcel tressaillit.
Berbatov a intérêt à marquer des doublés à chaque match car son air faussement dilettante passe vraiment mal les soirs de défaite.
• Ronaldo qui joue collectif et ne plonge pas à chaque contact: c'est bête que le Ballon d'Or soit attribué si tôt dans la saison, on aurait pu en faire un joueur sympathique.
• Cela va faire six rencontres que le compteur de Rooney est bloqué à 99 buts en Premier League. Au bout de combien de ratés spectaculaires va-t-il songer à aller voir un sorcier vaudou?
• Toute la défense d'Arsenal était française. On est maintenant sûr que ses problèmes ne sont pas dus qu'à une mauvaise communication.
• Contrôle de la poitrine puis frappe enchaînée du gauche dans le petit filet. Dans la langue de Rafael Da Silva, ça veut sûrement dire "Il est temps de partir, maintenant, monsieur Neville".



Les titres auxquels vous avez échappé

• Samir en orbite
• Nasri le dernier
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