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Christophe Zemmour

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Dernier carré : les armées rouges

Donetsk accueille ce soir la première demi-finale de l'Euro: revenons sur ce qu'ont montré le Portugal et l'Espagne jusqu'à présent.

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Le dernier carré de cet Euro 2012 sera composé des quatre équipes certainement les plus techniques du tournoi. Jusque là auteurs de prestations convaincantes, dans des registres, des styles et des projets différents quoique tous offensifs, le Portugal, l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie s’approchent du dénouement d’un tournoi européen où chacun ferait un vainqueur à la hauteur du bon niveau global affiché. Petite analyse des forces et faiblesses affichées au long de leurs parcours qui ont mené ces quatre nations en demi-finales de cet Euro, en commençant par les adversaires de ce soir.

 

 

Le Portugal prend patience

Après un premier match perdu face à l’Allemagne, pendant lequel elle n’a joué que par intermittence, laissant ainsi entrevoir une potentielle et intéressante exploitation de ses atouts techniques et offensifs, la sélection de Paulo Bento a montré du caractère. Tout d’abord contre le Danemark, un adversaire auquel elle devait recoller au classement, avec une victoire 3-2 acquise à la 86e minute grâce au remplaçant Varela. Les Lusitaniens ont surtout su afficher quelque indépendance vis-à-vis de leur capitaine Cristiano Ronaldo, maladroit sur cette rencontre, avec notamment deux grosses occasions gâchées.

 

Une indépendance dont elle n’a pas été non plus mécontente de s’affranchir lors des deux matches suivants, l’attaquant madrilène signant face aux Pays-Bas un doublé de grande classe qui qualifie son équipe pour les quarts de finale, puis marquant le seul but de la victoire contre la République tchèque. Comme face au Danemark, ces réalisations sont seulement survenues dans le dernier quart d’heure, prouvant la capacité du Portugal à prendre progressivement le pas sur son adversaire et à forcer la décision en n’abandonnant jamais ses principes de jeu. Patiente et déterminée, l’équipe portugaise a montré qu’elle était capable de survivre aux circonstances d’un match.

 

 

S’appuyant notamment sur une charnière centrale Pepe-Bruno Alves solide, appliquée et propre, des latéraux Coentrão (revenu à son niveau des deux saisons précédentes) et João Pereira remplissant leurs tâches défensives et offensives, un trident Moutinho-Meireles-Veloso au milieu, à l’activité et aux qualités techniques certaines, et deux joueurs de couloir de classe mondiale, la formation de Paulo Bento dispose de facultés de percussion et de mouvement avec ou sans ballon, mais aussi de temporisation quand le contexte le demande.

 

Les principales faiblesses résident certainement, comme l’Italie et l’Espagne, dans l’efficacité face au but et au niveau du poste d’avant-centre, où la valeur et les prestations d’Helder Postiga et Hugo Almeida font débat. Mais Paulo Bento préfère placer ses joueurs à leur poste de prédilection, aligner toujours la même équipe titulaire et profiter au maximum de ses atouts individuels, Cristiano Ronaldo et Nani en tête. Une réserve s’impose toutefois, liée au jeu collectif parfois indigent du joueur de MU, qui a raté quelques gestes simples commes des passes courtes à quelques mètres, erreurs heureusement compensées par des inspirations permettant des décalages décisifs, comme face aux Pays-Bas et à la République Tchèque.

 

Le geste
L’enchaînement contrôle de la poitrine dos au but, jongle et frappe du droit sur le poteau de Cristiano Ronaldo face à la République Tchèque.

 

Le but
La seconde réalisation de Cristiano Ronaldo face aux Pays-Bas qui, servi par une passe tendue de Nani, met dans le vent un défenseur sur une feinte de frappe directe du gauche, avant d’ajuster Stekelenburg d’un plat du pied droit au premier poteau.

 

 


Espagne, l'épreuve de vérité

Le champion d’Europe et du monde en titre poursuit sa route vers un triplé inédit en se basant sur les principes et avec les problèmes de jeu qu’elle véhicule depuis le Mondial sud-africain, où on a pu lui reprocher son faible total de buts marqués et son incapacité à créer de vrais déséquilibres face à des adversaires acceptant sa domination technique.

 

Del Bosque ne tranche d’ailleurs pas la question de l’utilisation d’un avant-centre de métier, titularisant autant de fois Cesc Fabregas et Fernando Torres à ce poste-là. Les deux joueurs ont été aussi prolifiques l’un que l’autre (deux buts), le premier dans des matches où paradoxalement Torres aurait dû faire ou a fait la décision (Italie, Irlande). Malgré des cadres au milieu alignés pour la plupart à leurs postes de prédilection et qui jouent ensemble en sélection depuis de nombreuses années, les incertitudes liées à l’animation offensive et à la place à donner à Fabregas dans cette constellation de techniciens demeurent.

 

 

L’Espagne a surtout affiché deux gros points forts lors de cet Euro: ses certitudes dans ses principes de jeu (possession outrageuse, pressing très haut et très intense dès la perte du ballon) et l’adaptation des nouveaux titulaires en défense. Jordi Alba a pris la place de Capdevila à gauche avec un apport offensif supérieur dans la qualité de centre et de vitesse, et Arbeloa a profité de l’absence de Puyol pour être aligné à droite – aile sur laquelle Sergio Ramos officiait avant de composer avec Piqué une charnière très performante dans le domaine aérien.

 

Les difficultés défensives connues face à l’Italie et à la Croatie sont probablement plus à imputer à un positionnement général très haut de la formation ibérique. En effet, les attaques rapidement construites sont celles qui ont le plus déstabilisé la formation de Del Bosque. Quand Pirlo, par exemple, cherchait et décalait Cassano ou un joueur de côté, il le trouvait souvent dans le dos de la défense, et le destinataire pouvait ensuite placer un contre, un tir ou un centre. Malgré sa domination technique globale, l’Espagne, comme en 2010, a connu quelques sueurs froides et son capitaine de gardien Casillas a effectué des parades cruciales, tout en réflexes et en ballons détournés.

 

La plus grande incertitude est paradoxalement la question du réel rendement de cette équipe lors de cet Euro 2012. Ses matches (hormis l’Irlande, faible formation contre laquelle elle a ouvert rapidement le score avant de dérouler) ont soit offert un grand écart entre qualité dans le jeu de passes et difficultés à défendre face à un adversaire disposant d’un métronome pour amorcer les attaques (Pirlo, Modric), soit une prestation qui n’a pas réglé ses questions d’efficacité offensive dans une rencontre qui ne le lui demandait pas pour être gagnée (face à une France très frileuse et sans grande ambition).

 

Le geste
La louche-balle piquée de Fabregas face à la Croatie qui parvient enfin à trouver un joueur dans le dos de la défense croate: Iniesta, qui n’a plus qu’à servir Navas seul face au but.

 

Le but
La tête placée de Xabi Alonso face à la France, lequel s’est engouffré dans la défense depuis sa position de milieu de terrain, le temps que le côté gauche espagnol Iniesta-Jordi Alba combine et centre au second poteau.

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