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Trente-cinq

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Le prix des buts

DIAPORAMA: la 18è journée du championnat

Un Diaporama un peu particulier en effet, avec deux gros plans sur Marseille-Saint-Etienne et Lyon-Sedan. Les autres rencontres en avance rapide...
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Marseille-Saint-Etienne: 2-1
Il faut parfois s'ennuyer quatre-vingts minutes avant d'en vivre dix de folie. Les longs préliminaires entre deux équipes surtout organisées en défense étaient prévisibles, au contraire de ce final échevelé. En première mi-temps, les occasions ne se multiplient pas et s'équilibrent malgré la sensible domination marseillaise. Alex avait commencé par faire frémir le petit filet dès la 5è minute, mais il faudra en laisser passer une bonne vingtaine pour que Marcelinho et Belmadi tentent d'inquiéter Levytsky. Le Brésilien vert réplique en débordant et en déposant la balle sur la tête de Sanchez, qui flirte de très près avec le cadre (29è). Celle de Weah (après que Leroy ait arraché la ballon à Olesen, côté droit) secoue la transversale (32è). Cinq minutes plus tard, le Libérien échoue de la même façon sur le gardien ukrainien. Kvarme récupère et transmet à Alex qui pénètre, ressert le Norvégien dans la surface... Mais Gallas le reprend in extremis. Ngotty sur coup franc puis Weah à nouveau inquiéteront la défense stéphanoise, pour concrétiser un ascendant de plus en plus net.
À la reprise, Weah rate son contrôle dans la surface, dans une position extrêmement favorable. L'attaquant de pointe, avec Belmadi, Leroy et Marcelinho en soutien, attire à lui tous les actions offensives, comme si lui seul pouvait les conclure. Il s'ensuit un retour des Stéphanois aux affaires, qui petit à petit (et à l'insu des commentateurs de TPS) reprennent la maîtrise du ballon et se créent des occasions, à l'image de Sanchez qui conclut un peu trop égoïstement une belle percée dans la défense phocéenne. L'OM ne procède presque plus que par contres, ou sur coups de pied arrêtés (à ce sujet, il faudra faire travailler les tireurs de corner), et fait toujours preuve d'aussi peu d'imagination. Les deux défenses restent de toute façon trop bien en place pour être réellement débordées.
Alors que le 0-0 se précise, la tension monte d'un cran à l'orée du dernier quart d'heure, au moment où Leroy dégage sur sa ligne une tête de Luiz Alberto, consécutive à un corner de Pédron. Tout se précipite. Les Verts semblent y croire, plus même que leur entraîneur qui avait fait sortir Alex (pour Fellahi). Mais la foudre rallume un Vélodrome jusque-là circonspect. Sur une relance ratée de Wallemme, Belmadi envoie Weah tuer le match. Du moins le croit-on. Car dans la foulée, sur une montée tiganienne, Kvarme adresse un centre qui semble d'abord un peu trop long. Huard qui venait d'entrer en jeu décroise une tête splendide qui prend à contrepied tous les Marseillais placés sur la trajectoire. Le réalisateur abuse du magnétoscope, et pendant ce temps, Adriano profite d'une nouvelle erreur stéphanoise, cette fois du malheureux Kvarme, irréprochable durant toute la rencontre dont le contre de la tête donne à Adriano l'occasion.
Cela ne s'arrête pas là, puisque les Stéphanois enragent de la tournure des événements. Ils se ruent à l'attaque, et Kvarme tente de rééditer sa passe décisive (la première), mais son centre ne trouve personne. Adriano a l'occasion de doubler son compte (dans le match et au classement des buteurs), mais le tableau d'affichage s'arrête définitivement sur un score totalement inattendu quinze minutes auparavant...
On ne peut pas évidemment pas attribuer le mérite de cette victoire à Clemente, mais elle lui rend un fier service en abaissant la pression qui entoure le secteur sportif du club. Il hérite de trois points d'autant plus précieux qu'il a pu constater l'ampleur de sa tâche qui l'attend. Mauvaise série pour l'ASSE, avec une deuxième défaite de suite, cette fois assez cruelle. L'équipe a montré en seconde période une audace inespérée, dont elle n'a pas été récompensée, payant au prix fort deux erreurs défensives. Une première victoire à l'extérieur aurait pourtant été la bienvenue, afin que les Verts retrouvent suffisamment de confiance pour développer leur jeu et revenir à leur niveau.

Lyon-Sedan: 2-2
Sedan a perdu deux points, Lyon également. Pour en arriver à ce curieux constat, Lyon a longtemps évolué comme Lyon à domicile et Sedan a joué comme il sait de mieux en mieux le faire. En dépit d’un résultat qui doit leur laisser un petit goût amer, les Ardennais ne cessent de nous surprendre. Après avoir mené la vie dure aux Bordelais, ils ont donné pendant une heure une véritable leçon de football collectif à leurs hôtes. Entrés immédiatement dans le match (frappe de N’Diefi dès la deuxième minute), ils ont dominé une bonne partie de la première mi-temps, ne levant le pied qu’à proximité de la pause. Une fois les accus rechargés, ils repartirent de plus belle, N’Diefi et N’Diaye courant deux fois plus vite que leurs adversaires. Cette supériorité ne tarda pas à se concrétiser au score par un avantage de deux unités, récompensant un jeu vif à une touche de balle (à cet égard, voir l’action complète du second but). Bien équilibrée entre la puissance des deux susnommés sur le côté gauche et la malice et la précision de Quint et de Mionnet à droite, l’équipe visiteuse justifiait ainsi son nouveau statut de grande du championnat de France. Mais sa relative inexpérience à ce niveau, doublée d’une belle révolte lyonnaise, lui coûta sans doute la victoire.
En effet, après avoir longtemps été humiliés (oscar de la catégorie à Serge Blanc), les hommes de Santini firent preuve d’un énorme courage. Face à des adversaires pas loin de l’euphorie et sous les quolibets d’un public qui n’est pas, lui non plus, un des meilleurs de France, ils surent remonter la pente. Bénéficiant tout d’abord d’un petit coup de pouce du destin apparu sous la forme du pied de Satorra, ils prirent par la suite le match à leur compte. Imposant enfin leur jeu et troquant leur passivité contre une fougue offensive qui aurait toujours dû les habiter, ils s’offrirent une sortie pleine de dignité.
Les apparences durement sauvegardées ne tromperont personne. Lyon a toujours les pires difficultés à évoluer à Gerland (deux victoires!). Il suffit que Marlet ou Anderson soient moins présents pour que s’étale l’ampleur du phénomène. Ce syndrome qui en fait les jumeaux des Rennais est également lié à la perte d’influence de Dhorasoo cette année. Victime d’une méforme prolongée ou du choix tactique de l’entraîneur, il ne parvient plus à peser sur le jeu de façon significative. Il ne reste plus aux Lyonnais qu’à compter sur les percussions de Malbranque ou sur la vitesse de Marlet ou d’Anderson pour inquiéter leurs opposants. Ces possibilités limitées grèvent, pour le moment, l’avenir des Lyonnais à domicile. En effet, face à des équipes de plus en plus regroupées et optimisant au maximum le système du contre, une plus grande variété offensive est désormais nécessaire.
Sedan en est un parfait exemple. Bien en place sur le terrain, la progression des Ardennais passe maintenant par une meilleure maîtrise de la gestion des rencontres de haut niveau. À Lyon comme contre Bastia ou Troyes, ils ont laissé filer un résultat qui leur tendait les bras. De leur faculté à ne pas laisser l’histoire se répéter trop souvent dépendra en partie leur place dans la hiérarchie finale.

Guingamp-Lens: 0-1
Le Racing est-il entré dans un nouveau cycle positif, et Courbis va-t-il retrouver sa verve et chambrer à tout va? Avec une organisation de jeu plus probante que jamais, les Nordistes peuvent espérer. L'EAG subit un coup d'arrêt avec sa troisième défaite à domicile. Les trois points auraient pourtant été utiles avant de rendre visite à des Nantais déchaînés en ce moment.

PSG-Rennes: 0-1
Voilà le PSG confronté à un défi incroyablement récurrent dans presque toutes les saisons depuis cinq ans: réussir à relever le tête au lieu de sombrer dans sa rituelle déroute hivernale. Les absences étaient vraisemblablement trop nombreuses, mais elles ont souligné à la fois les lacunes tactiques et la minceur de l'effectif. Tous les procès s'abattent aujourd'hui sur le club et son entraîneur, qui entend une partie du public scander le nom de Luis Fernandez (vraisemblablement la même partie qui sifflait Fernandez à l'époque). Il n'est pas sûr non plus qu'il suffise à cette équipe de "mouiller le maillot" (la théorie universelle du football pour de nombreux supporters) pour se tirer d'affaire. Ce PSG-là aura-t-il les moyens de créer la "surprise" en déjouant un destin qui semble aujourd'hui trop évident?
Le Stade rennais enregistre sa quatrième victoire à l'extérieur, un succès qui laissera un souvenir doux-amer à Paul Le Guen, de retour au Parc des Princes mais en instance d'être démis de ses fonctions actuelles (voir notre article). À moins que le but de Chapuis n'ait tout changé?

Bordeaux-Bastia: 0-0
Les Girondins marquent-ils déjà le pas, victimes du syndrome du leader, comme leurs prédécesseurs? Ou ont-ils simplement échoué devant les vertus défensives bastiaises retrouvées? Comme on n'a pas vu le match, on ne se prononcera pas (pas sur l'arbitre en tout cas, qui a visiblement choisi de défendre le match nul). Un de nos lecteurs était-il à Lescure mercredi soir?

Lille-Strasbourg: 1-1
Avec Pouliquen en intérim et Halilhodzic dans les tribunes, les bancs de touche avaient quelque chose d'inhabituel à Grimonprez-Jooris. Le LOSC n'est pas parvenu à passer l'éponge sur sa pelouse, qui ressemble rapidement à un terrain lunaire (en plus humide). Cela ne gêne pas plus que cela Peyrelade au moment d'envoyer une lourde de frappe dans les filets, ni Martins qui égalise d'un but étrange, marqué d'une partie non identifiée de son corps. Les Lillois voudront réagir, mais les Strasbourgeois n'ont plus peur de grand chose, et seraient prêts à profiter de n'importe quelle occasion. Comme celle de Luyindula, que le poteau déçoit, ou ce coup franc détourné de Bertin, qui n'inquiète pas Wimbée. Peyrelade aura la balle du doublé et du match, mais les points seront finalement partagés.

Toulouse-Troyes: 2-1
Le TFC respire, avec une victoire douloureuse mais bienfaisante. Bonilla ne baisse pas les bras et ne baisse la tête que pour propulser le ballon dans les filets. Dieuze, pari toujours tenu par Nouzaret, rate une Madjer. Mais Nicolas Goussé, qui avait eu une occasion en début de match, veut replonger les Toulousains dans leurs doutes en battant Revault à la 31è minute. Dieuze échoue sur la barre et dans la continuité, le tir de Cascini est sorti de la lucarne par Heurtebis. Toujours volontaires, les Toulousains poussent jusqu'au bout. Hoalid Ragragui l'a compris ainsi. Il met son tir sur la barre et suit de la tête, non sans se l'envoyer dans le poteau.
Si tout est possible dans ce championnat, pourquoi pas un retour de Toulouse? Troisième défaite de rang pour l'ESTAC, qui n'a pas préparé au mieux la réception de Bordeaux samedi prochain.

Nantes-Monaco: 3-1
Le FC Nantes est dans l'absolu la meilleure équipe du championnat, la seule capable de surclasser réellement ses adversaires. Pas plus que les Stéphanois ce week-end, Monaco ne put résister, et le contraste ou la comparaison fut sévère pour l'équipe de Puel, auquel un courage réaffirmé et la classe de Simone ne suffirent pas. Une diseuse de bonne aventure nous a affirmé que ce match était celui d'une passation de pouvoir, que l'étoile nantaise brillerait encore...

Auxerre-Metz: 1-0
L'AJA ne remportera pas cette saison la palme de l'esthétisme. Son néo-réalisme bourguignon renoue avec un style plus adapté à la lutte qu'elle mènera jusqu'au bout. On ne sait pas ce que la femme de M. Colombo lui dira du penalty qu'il a offert à l'équipe de Daniel Rolland, mais nous pouvons dire qu'il fut généreux. Car ce genre de faute n'est d'ordinaire (et on peut le regretter) jamais sanctionné. Guivarc'h s'en fout. Et Metz va mal.

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