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Extension du domaine de la lutte

DIAPORAMA: la 16è journée de championnat

Sedan se brûle les doigts aux feux des projecteurs, tant que ce ne sont pas les ailes... Les Girondins sont en tête. Les joueurs, l'entraîneur et les supporters ne parviendront pas à nous faire croire qu'ils y croyaient en août... Les neuf matches sur la planche à découper.
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Toulouse-Sedan: 2-0
Ce championnat est décidément des plus serrés. Tellement compact qu’un quidam revenant d'un long voyage aurait bien été en peine de croire que Sedan en était son leader et Toulouse sa lanterne rouge, les acteurs s'étant évertués pendant 90 minutes à faire croire le contraire.
Peut-être éprouvés par le battage médiatique inhabituel des derniers jours, les "sangliers" n’ont été que l’ombre d’eux-mêmes. Incapables de desserrer l’étreinte adverse, ils ont subi pendant les deux tiers du match la loi de leurs hôtes. Ceux-ci, en remportant largement la bataille du milieu de terrain, ont annihilé la moindre velléité offensive de leurs opposants. À se demander si Quint ou Mionnet jouaient au Stadium samedi soir. Un match à oublier pour les Sedanais mais un retour sur terre qui pourrait s’avérer salvateur avant les grands travaux qui les attendent.
Côté Nouzaret en revanche, on s’attachera à faire de cette partie un match de référence. Ses hommes ont enfin montré tout ce dont ils étaient capables. Jouant dans la même disposition tactique que leurs adversaires, ils ont constamment semblé être plus nombreux sur la pelouse. Cette rencontre de la dernière chance a démultiplié la volonté de chacun et l’équipe a su, pour une fois, associer l’efficacité indispensable à la qualité habituelle de son jeu collectif. Petit bémol, il a encore fallu quinze occasions nettes de but pour en mettre deux. Bonilla étant le recordman du genre avec pas moins de six tentatives avant de marquer. Saluons d’ailleurs sa persévérance et sa combativité alors que le public commençait à le prendre en grippe. Public qui après l’avoir sifflé copieusement au fil de ses échecs l’applaudit de bon coeur à sa sortie (66e minute).
Toulouse reste dernier, mais s’est rassuré face au leader. Espérons que ce succès redonne confiance aux hommes de Nouzaret. Elle seule permettra aux attaquants de retrouver la sérénité et la précision nécessaires devant le but. En effet, l’équipe ne pourra pas toujours autant dominer, et pour enfin enchaîner sur une série positive il faudra bien à un moment allier rigueur défensive et productivité offensive. Le salut sera à ce prix pour une formation qui n’est certainement pas la plus mauvaise de notre championnat.

Monaco-PSG: 2-0
Pour relancer une équipe en peine désarroi, la solution la plus prisée est celle du changement d'entraîneur. On comprend qu'elle n'ait pas les faveurs de Claude Puel, qui a préféré changer le système de jeu. Le dispositif avec une défense centrale à trois, travaillé à huis clos toute la semaine, a semble-t-il remotivé les joueurs, qui ont montré une application toute nouvelle. Avec un grand Djetou et un Marquez sérieux, on dira avec un peu de cruauté que la tâche de Christanval a été simplifiée et mise un peu plus à sa portée. Toujours est-il que Simone et Giuly retrouvés, plus que Gallardo discret, ont mené la troupe à la victoire. Un premier but précoce (du genou, dans le flipper de la surface de réparation) et un second plus joli à la 25è minute ont permis à Nonda d'assurer le retour en grâce de Monaco. Bien positionnés, présents dans les duels, les Monégasques ont pu ensuite gérer les velléités offensives parisiennes tout en continuant à se procurer des occasions. Est-ce le premier chapitre d'un retour au premier plan?
Au jeu de l'engagement, dont on attendait justement qu'il fasse toute la différence entre deux équipes pas spécialement acharnées au combat, c'est donc Monaco qui l'a emporté sur Paris. Car sur les autres plans, les Parisiens n'ont paradoxalement pas fait un mauvais match, surtout en seconde période. On les a même vus en progrès dans la circulation de balle et la construction. Leur relative domination semblait cependant vouée à l'échec, tant la liaison entre le milieu et l'attaque est restée insuffisante (Okocha, trop loin des attaquants?). Isolés, Leroy et Christian ont eu peu de ballons à exploiter, le Brésilien ratant même énormément de gestes. Les défenseurs adverses n'y étaient pas étrangers, mais en l'absence d'Anelka, Robert ne peut pas toujours jouer les détonateurs.
Le diagnostic est simple pour Paris. Ses brillantes individualités n'arrivent toujours pas à former un collectif capable à la fois de produire du jeu et d'aller au combat. L'approche du rendez-vous contre La Corogne a peut-être provoqué une certaine dilution de la motivation, mais aujourd'hui, en panne de victoires, le PSG est rentré dans le rang national avec un bilan comptable peu flatteur. Voilà qui repose le problème du choix des priorités pour les hommes de Bergeroo...

Lyon-Lille: 0-1
Dans la série des cadors décatis, l'OL "remporte" sa troisième défaite de la saison, la seconde à domicile. Les promus réussissent bien à Gerland, puisque après Guingamp, c'est Lille qui vient piquer dans la caisse, grâce à un but de Landrin, idéalement programmé pour exploser à la 73è minute. Anderson avait pourtant eu le destin de son équipe au bout des pieds, en s'obtenant un penalty en fin de première période.
Le kop lyonnais avait choisi d'emboîter le pas à son président en dénonçant un "arbitrage défavorable, jusqu'à quand?". Tous ont pu constater qu'il faut gagner par ses propres moyens, quoiqu'il arrive par ailleurs. Un échec d'autant plus dommage qu'avec le retour de Dhorasso, le 4-3-3 de Santini avait plus fière allure offensive que précédemment. Le LOSC poursuit son flirt avec le podium, et remet un pied dessus. Halilhodzic pourra purger sa suspension un peu plus tranquillement.

Marseille-Metz: 4-1
Braga pour son dernier match sera mort avec ses idées. L’OM alignait un schéma tactique semblable à celui du début de saison avec une défense à trois et un seul attaquant de pointe (Weah). La grande réconciliation ayant eu lieu la veille, les Olympiens bénéficiaient de l’appui du public. Bien décidés à s’en montrer dignes et à en profiter, ils se mirent rapidement en action et eurent la chance ou le réalisme de marquer dès leur première grosse occasion. Le ton était donné en dépit d’une égalisation messine ayant fait craindre le pire. Heureusement pour les coéquipiers de Leroy, celui-ci eu la bonne idée de marquer juste avant la mi-temps. Un avantage tout à fait mérité tant les Lorrains se montraient frileux et déterminés à ne jouer que le contre. Les Marseillais de leur côté avaient fait une belle impression, même si leur domination fut quelquefois brouillonne.
La seconde période resta à l’avantage de ces derniers avec au passage un superbe but de Leroy qui s’impose dorénavant (ou à nouveau?) comme un des patrons de l’équipe. Adriano, comme un dernier symbole, saluait sa titularisation surprise par un but lui aussi dédié à son entraîneur.
La joie était donc de retour au Vélodrome. Une joie légitime mais teintée de tristesse tant Braga semblait être apprécié par ses joueurs. Si l’entraîneur a connu quelques difficultés, l’homme en revanche a fait l’unanimité. La relève provisoire revient à un Galtier de sinistre mémoire. Souhaitons que l’intérim soit le plus bref possible.
Du côté messin, l’heure devient grave. Non pas tant sur le plan comptable qu’au niveau du jeu. Contre l’OM, Metz n’a quasiment rien montré. Réduit à tenter de rares contres, les Lorrains ont paru incapables de construire quoi que ce soit dès qu’ils ont été menés. Si l’efficacité est toujours du domaine de rêve, la légendaire solidité défensive semble appartenir au passé. La situation est plus que préoccupante pour Joël Muller. Connaissant le talent de ce dernier, il fait sans doute au mieux avec l’effectif dont il dispose. Le Mercato pourrait bien être pour lui l’occasion de recevoir du renfort sur le front de l’attaque.

Lens-St-Etienne: 0-0
À mesure que la mauvaise passe lensoise se prolonge, à peine troublée par un quart d'heure de surchauffe trompeuse contre Bastia, les arguments de Courbis sont d'une foi de plus en plus mauvaise. L'entraîneur, pourtant rarement très offensif au cours de sa carrière, stigmatise la frilosité stéphanoise sur une terre lensoise (qu'il qualifia jadis de banquise justement). Une victoire en dix matches, ce ne peut être la faute que des vilains adversaires qui défendent avec trop de zèle. À force de ne ressembler à rien, la saison nordiste risque de ressembler à une saison pour rien.
À la méforme lensoise répond la réforme stéphanoise. Toshack s'était fixé pour premier objectif de retrouver une défense efficace, il est indubitablement sur la bonne voie: elle est passée de deux buts encaissés par match à deux en cinq rencontre. Le calcul est bon à court terme, mais l'image positive des Verts en souffrira à la longue.

Auxerre-Strasbourg: 1-2
Rencontre décisive entre deux équipes en difficulté. Car si Auxerre au début du match était en avance sur Strasbourg au plan mathématique, son niveau de jeu n’incite guère à l’optimisme. Les premiers en action furent les Alsaciens qui dominèrent le premier quart d’heure. Toutefois, conséquence de leur manque de confiance, ils hésitèrent à se lancer complètement vers l’avant. Ces précautions ne furent pas suffisantes car sur la première offensive réellement dangereuses des Auxerrois, ceux-ci marquèrent. La suite fut la reprise de la domination strasbourgeoise. Domination stérile et maladroite. Le tournant du match intervint à la fin de la première mi-temps quand Agboh se fit expulser suite à une faute grossière sur Fisher. En supériorité numérique, les hommes de Le Roy reprirent leur siège désordonné du but de Fabien Cool dès l’entame de la seconde période. Finalement, il finit par payer grâce à un but aussi collectif que curieux de Haas. Moralement touchés, les Bourguignons eurent du mal à réagir et sur une superbe action individuelle de Luyindula, Strasbourg doubla le score. Dès lors, ce fut Auxerre qui domina, mais la fin de la rencontre vit des occasions de part et d’autre mais aucune ne fut couronnée de succès.
Cette défaite plonge le club de Guy Roux dans le doute. Sans amélioration notable de leur fond de jeu, ils ont du souci à se faire. Le hold-up de Lille ne se reproduira pas souvent.
Pour les Strasbourgeois, les progrès enregistrés ces dernières semaines se confirment. Le retour de Luyindula a fait la différence notamment avec le match perdu contre Bordeaux. Rare satisfaction de l’équipe depuis le début de saison, il s’affirme de plus en plus comme une pièce essentielle de l’équipe. Il sera une des clefs de l’avenir des Alsaciens, et pourquoi pas du football français...

Guingamp-Bastia: 1-0
Les Corses poursuivent une série difficile: leur attaque Née-André n'a pas fêté ses retrouvailles par un but, leur combativité n'est plus gratifiée au score. Ils descendant un à un les barreaux du classement, toute euphorie oubliée. La situation n'est pas dramatique pour autant, leur jeu ne s'étant pas complètement décomposé.
L'En Avant évite un mauvais tournant après la claque sedanaise du Roudourou, il y a deux semaines, occupe la cinquième place à une étape de la mi-saison. Un bilan sur lequel Guy Lacombe pourra s'appuyer pour parvenir à l'objectif du maintien.

Bordeaux-Rennes: 3-0
Les voilà donc, les nouveaux leaders, peut-être moins provisoires que leurs prédécesseurs. Sacrés bordelais, ils ont doublé tout le monde dans une ligne droite impressionnante (sept victoires et deux nuls tout en se coltinant Marseille, Monaco, Lyon et Paris), et montrent enfin de l'assurance à Lescure. Les Rennais n'ont pas vraiment démérité, mais le déroulement idéal du match pour leurs opposants a eu de quoi leur couper les jambes. Avec un Sommeil retrouvé, un Roche qui couronne son retour aux affaires par un joli but et un Pauleta qui impressionne par le danger qu'il fait peser sur les défenses, les Girondins ont passé l'obstacle avec brio. Ils prennent la tête avec un moral tout neuf, des ambitions raisonnées pour la Coupe de l'UEFA et ont en ligne de mire un sommet inattendu contre Sedan, dimanche prochain, en clôture de la 17è journée...
Les Rennais avaient pourtant montré de bonnes dispositions en contrant assez haut leurs adversaires pour lancer leurs trois attaquants (Chapuis, Lucas, Fabiano), mais en panne d'efficacité, ils se sont laissés distancer. Le Guen, qui n'est pas entièrement responsable d'un recrutement de faible rendement, sait que son sursis arrive à terme. Les rumeurs de remaniement vont se faire de plus en plus pressantes.

Nantes-Troyes: 4-0
Le FCNA comme Bordeaux a pris le bon ascenseur dès le mois d'octobre, et retrouvé lui aussi ses marques à domicile, la Beaujoire ayant été remboursée d'un début de saison déprimant par trois victoires consécutives. On peut désormais compter sur la formation de Denoueix pour chasser en tête du classement. Explosive, il lui arrive de dynamiter ses adversaires, Troyes étant sa troisième victime noyée dans un score fleuve, après Monaco et Strasbourg. Une mi-temps aura suffi à Monterrubio, Da Rocha et Moldovan en buteurs, Carrière en passeur, pour plier la carrosserie des Troyens, pas franchement responsables de l'accident. La seconde période sera l'occasion d'une opposition plaisante, qui laissera tranquille le responsable du panneau d'affichage. Le prochain rendez-vous des Nantais fait saliver d'avance: il est à Geoffroy Guichard.

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> déconnerie

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Richard N
2019-05-31

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En 1979, le nom de Michel Platini est discrètement évoqué dans les couloirs du Football Club de Nantes. Rien ne s'oppose à un transfert, sinon la frilosité des dirigeants. Le club nantais a-t-il raté un rendez-vous avec son histoire?


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Un jour, un but – Le 29 mai 1999 au Parc des Princes, les Girondins de Bordeaux conquièrent leur cinquième titre de champion grâce à un but de leur tout jeune espoir, Pascal Feindouno.


Alex Lagazette
2019-05-23

La Gazette de la L1 : 37e journée

Le classement en relief • Les gestes • Les antigestes • Les observationsLe championnat à l'enversVu de Twitter 


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