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Jon Spurling

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Arrêt canin

Des supporters aux abonnés absents

When Saturday Comes – En laissant des sièges vides dans des stades de Premier League affichant "complet", les abonnés à la saison exercent leur droit de boycotter certains matches, mais d’autres ne peuvent en profiter.

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Extrait du numéro 380 de
When Saturday Comes. Titre original : "Season Tickets", traduction Toto le zéro.

 

* * *

 

Quelques années après le lancement de la Premier League en 1992 et alors que les clubs passent au "tout assis", les ventes d’abonnements à la saison s’accélèrent. Si auparavant la grande majorité payait en liquide à l’entrée du stade, les supporters, voyant l’affluence augmenter, ressentent progressivement le besoin de réserver leur place.

 

 

Changement de classe

Une série de publicité de l’époque montre des fans aisés d’une vingtaine d’années se rendant aux matches vêtus du maillot officiel, les pages sportives à la main et l'abonnement à la saison bien rangé dans la poche de derrière. Le ticket à la saison devient l’apanage des supporters issus de la classe moyenne, à mesure que le football s'embourgeoise. Ce précieux sésame ainsi que l’abonnement à la chaîne Sky signifie que l’entrée dans l'ère de prospérité du football est bel et bien payante.

 

 

 

 

Les abonnés à la saison assis remplaçant progressivement les anciens habitués des gradins, l'atmosphère devient guindée et stérile dans certaines enceintes. Regarder du football coûte de plus en plus cher et, selon une étude de la BBC datant de 2017, l'âge moyen des détenteurs d'un abonnement à la saison des clubs de haut-niveau approche les quarante-et-un ans.

 

Devant les déboires traversés par leur club, il arrivait que les supporters se servent de leur abonnement pour passer leur colère: en 2006, par exemple, un supporter de Middlesbrough, furieux de voir son équipe menée 4-0 à domicile par Aston Villa, enjamba les panneaux publicitaires et vint jeter sa brochure officielle dans la direction du manager Steve McClaren.

 

 

Différence de décompte

En 1998, deux supporters de Manchester City, sous le choc du but contre son camp de Jamie Pollock à domicile contre Queens Park Rangers – qui condamnait pratiquement les Citizens à la troisième division anglaise –, déchirèrent leurs abonnements avant de les jeter sur la pelouse de Maine Road. Ironie de l’histoire, ces abonnements leur furent réexpédiés en recommandé.

 

Toutefois, des d’abonnés à la saison de plus en plus exigeants ont choisi d’exprimer leur grogne en refusant purement et simplement d’assister à certaines rencontres. Si la saison passée fut rarement réjouissante pour les fans de West Ham, ceux-ci ont pu s’étonner des chiffres d’affluence systématiquement élevés annoncés par le speaker du London Stadium.

 

Sur la base de douze rencontres supervisées par ses soins, le conseil administratif de Newham (district du Grand Londres) estime que l’affluence moyenne de la saison 2017/18 fut de 42.779 spectateurs, soit 12.530 personnes de moins que les 55.309 spectateurs revendiqués par le club.

 

 

À la carte

Autre cas tristement célèbre, Arsenal, où des rangées d’abonnés désertèrent certaines rencontres vers la fin de l'ultime saison d’Arsène Wenger sur le banc, alors que les instances du club s’obstinaient à déclarer le stade comme pratiquement plein.

 

La plupart des clubs de Premier League mettent en avant le nombre de billets vendus par match plutôt que le nombre de personnes effectivement présentes dans l’enceinte, incluant ainsi les abonnés qui ne se sont pas présentés. Le boycott chez les Gunners cliva complètement des supporters déjà impatients.

 

PIC

 

À en croire les abonnés à la saison, comme ils devaient payer (souvent) plus de 1.300 euros d’une traite durant la trêve estivale pour le privilège d’assister à l’ensemble (ou non, comme cela a pu se produire) des rencontres à domicile, ils auraient donc le droit de ne pas assister à certains matches. Ainsi leur restait-il la possibilité de s’en tenir à leur acquisition, gardant l’espoir de jours meilleurs pour un Arsenal post-Wenger.

 

D’un autre côté, en n'ayant pas recours au site plutôt irritant d'échange de billets du club (grâce auquel les abonnés à la saison d'Arsenal ne pouvant se rendre aux matches peuvent revendre leur place) et en laissant donc des places non occupées, ces absents pénalisent l'ambiance de la rencontre et ne permettent pas à quelqu'un d'autre de prendre la place délaissée.

 

 

Des stades à remplir

Un récent article du Telegraph faisait ainsi état d'un sondage réalisé par l'association des supporters d'Arsenal (Arsenal Supporters’ Trust, AST) selon lequel les deux tiers des fans interrogés estimaient que le club devrait résilier l'abonnement de ceux laissent régulièrement leur siège vide: "Si une personne ne se sert du ticket que quelques fois par an, alors elle devrait recevoir un rappel et éventuellement perdre son statut prioritaire pour la saison suivante", estime Tim Payton, le porte-parole de l'AST. Un point de vue qui peut paraître légitime car la liste d'attente pour les abonnements à la saison à Arsenal permettrait de remplir le stade une deuxième fois.

 

Avec la numérisation des tourniquets à l’Emirates Stadium ainsi qu’au London Stadium, tout nouveau règlement concernant les abonnements à la saison serait aisément appliqué par Arsenal et West Ham. Ces deux clubs, qui doivent s’adapter à un nouveau manager et sont contraints de maximiser les recettes des jours de match, ne chercheront pas à se mettre à dos leur clientèle qui a payé d’avance, et ne risquent pas de sitôt de s’en prendre aux boycotteurs.

 

Toutefois, les abonnés à la saison ont le devoir de se rendre aux matches ou de revendre leur place s’ils sont déçus par les prestations du club. Ceux qui assistent uniquement aux rencontres qui leur conviennent laissent des places vides. Saper l’atmosphère et empêcher d’autres d’avoir un siège n’est pas franchement compatible avec l’idée selon laquelle ils représenteraient "l’âme" d’un club.


  

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