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Ch. Zemmour (avec T.T.)

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L'Ibère a été long

Dernier carré : les forces de l'axe

La Mannschaft veut restaurer le théorème de Lineker et la Nazionale montrer qu'elle est aussi increvable que Pirlo.

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L'Allemagne veut gagner à la fin

Comme l’Espagne, son bourreau des dernières compétitions internationales, l’Allemagne de Joachim Löw se base sur un projet initié voici quelques années. Le schéma quasi-inamovible en 4-2-3-1 repose avant tout sur une animation faite de jeu simple et direct, et sur les épaules d'un meneur. Dans un registre différent de Xavi, puisqu’évoluant plus haut et sur toute la largeur du terrain, Mesut Özil déborde, centre ou combine avec les hommes de couloir (Lukas Podolski / Thomas Müller), tandis que les milieux défensifs Sami Khedira ou Bastian Schweinsteiger profitent de l’espace libéré dans l’axe pour venir créer le surnombre. Le plus bel exemple est le second but de Mario Gomez face aux Pays-Bas, le n°7 allemand servant dans la surface son attaquant de pointe d’une passe de l’intérieur du pied dans une position de n°10, suite à un travail en amont d'Özil côté droit.

 

Unique buteur lors des deux premiers matches, l’attaquant du Bayern Munich a réalisé un impressionnant début d’Euro, dans la lignée de son excellente saison, et il a offert une alternative sérieuse à Löw à ce poste d’avant-centre dont le propriétaire historique est Miroslav Klose. Le n°11 allemand a retrouvé sa place de titulaire et le chemin des filets face à la Grèce en quarts de finale. Mais la question de la concurrence à ce poste reste posée et Löw devra faire un choix entre ses deux pointes.

 

 

Cette capacité à garder son efficacité, avec des joueurs qui permutent et s’insèrent parfaitement dans le schéma, l’Allemagne l’a bien montrée contre à la Grèce, même si la question de la qualité de l’adversaire peut se poser. Löw a fait des essais sur les ailes et Marco Reus a répondu présent en marquant le but du 4-1. De même, le capitaine Philipp Lahm a été (encore) repositionné sur le côté gauche alors qu’il joue à droite en club, réglant plus ou moins la question des latéraux, désormais liée aux performances de Jerome Boateng. Si l’Allemagne perd des possibilités d’exploitation du couloir droit, c’est depuis une position idéale de frappe que Lahm a ouvert le score dans cette rencontre.

 

La seule véritable faiblesse de cette équipe, jeune mais expérimentée, et à forte connotation bavaroise, s'exprime dans ces moments de déconcentration advenus ça et là, par exemple face aux Pays-Bas dont le but a été inscrit par un Van Persie qui a eu un espace et un laps de temps confortables pour armer sa frappe, et face à la Grèce qui a marqué par deux fois sur des erreurs de la défense allemande.

 


Le geste
Le contrôle orienté en roulette de Gomez qui lui permet de se mettre face au but et d’ajuster Stekelenburg du plat du pied droit.

 

Le but
La frappe croisée du droit de Gomez, bien servi dans la surface par Schweinsteiger, qui d’un angle improbable trouve le petit filet de Stekelenburg.

 

 

 

Italie, la cote d'Azzurri

3 nuls, 1 victoire (face à l’Irlande), 4 buts marqués, 2 encaissés. Si l'on analysait le parcours italien dans cet Euro d’un point de vue seulement comptable, on pourrait aisément avancer les arguments entendus depuis toujours sur l’Italie pour expliquer sa place en demi-finales. Et pourtant, ce serait occulter à la fois le fond et la forme, et oublier que lors de ses deux premiers matches, la Nazionale a mené au score avant de concéder le nul, voire être sérieusement inquiétée par les appels de Torres notamment, sans qu'il soit possible de déterminer si c'est le choix d'une défense à trois ou la fatigue qui en a été la cause.

 

Les Azzurri peuvent cependant compter sur une certaine assise, grâce à un gardien toujours aussi décisif et intelligent dans son jeu, et à des joueurs disciplinés – notamment Daniele De Rossi, repositionné et très performant dans l’axe d’une défense à plat pour les deux premières rencontres. Mais ce que cette équipe dégage avant tout, c’est une envie d’aller de l’avant, avec l’utilisation de deux attaquants pas forcément complémentaires en termes de qualités intrinsèques, mais qui le sont dans leur placement sur le terrain (Cassano avec Di Natale ou Balotelli), des hommes de couloir participant activement au jeu offensif (Maggio, Abate), et surtout d’un leader technique en la personne d’Andrea Pirlo.

 

 

Là réside probablement la grande force de la sélection de Prandelli. Plus que jamais à l’aise dans ce rôle de meneur de jeu reculé, le joueur de la Juventus, dans la lignée de sa brillante saison, accomplit peut-être sa compétition internationale la plus réussie avec le Mondial 2006. Son influence sur le dispositif et le jeu italiens est incomparable: il temporise, distribue, oriente en passes courtes ou longues, tirant les coups de pieds arrêtés avec une précision redoutable. Il est impliqué dans 3 buts de l’Italie sur 4 et dans la grande majorité des attaques élaborées. Le quart de finale contre l’Angleterre a montré avec quelle constance ses coéquipiers le cherchent, y compris Montolivo qui doit pourtant représenter son pendant et son relais plus haut sur le terrain. On attend encore de mesurer les conséquences d'un marquage plus strict que celui dont il a été l'objet jusqu'alors.

 

Prandelli a opté pour un schéma en 3-5-2 pour les deux premiers matches de la compétition, et est depuis passé en 4-4-2. Cependant, cela n’a semble-t-il rien changé à l’expression globale de son équipe qui sait alterner temps faibles et élaborations d’attaques directes en peu de mouvements. Notamment face à l’Espagne, cette qualité technique a été remarquable.

 

Si Cassano semble indiscutable à ce poste d’attaquant désaxé et voué à étirer les défenses adverses, le doute demeure quant au choix de l’avant-centre et surtout à l’efficacité offensive de l'équipe. Le sélectionneur italien a alterné entre Mario Balotelli et Antonio Di Natale depuis le début de la compétition. Si le premier a fait preuve d’un manque de lucidité et de présence criant face à l’Espagne, il a depuis ouvert son compteur contre l’Irlande et a surtout retrouvé ses capacité d’appels, de jeu dos au but et de démarquage pour se créer un grand nombre d’occasions, malheureusement non converties en but face aux Anglais. L’attaquant de l’Udinese a pour sa part été décisif dès son entrée en jeu lors du premier match, mais en est resté là. Avec le paramètre de la fraîcheur physique à gérer après leur quart au long cours face à l’Angleterre, les Italiens devront probablement régler ce problème de réalisme pour survivre aux Allemands en demi-finale.

 


Le geste
L’accélération balle au pied au milieu de terrain, suivie de la passe subtile du gauche de Pirlo pour lancer Di Natale à la limite du hors-jeu, qui ouvre le score face à l’Espagne.

 

Le but
La reprise retournée de Balotelli dans les six-mètres irlandais, alors qu’il a O’Shea au corps-à-corps, qui conclut la victoire et la qualification italiennes.
 

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