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Yohan Cowboy

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La fin de la tactique libre

Le choc des extrêmes

Délires FM – À l'aide de l'éditeur de Football Manager 2016, on a fait s'opposer la meilleure et la pire équipe possible. Le résultat est aussi loufoque que l'idée de départ.

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Prendre une équipe de D6 anglaise, la faire monter jusqu'en Premier League, remporter la Ligue des champions avec une flopée de regens brésiliens, devenir le club le plus riche du monde... C'est tellement prévisible, Football Manager. Comme je suis gentil et dévoué, j'ai décidé de redonner un peu d'intérêt à la saga et d'épicer tout ça. Ne me remerciez pas. Quoi, vous n'aviez jamais rêvé de voir s'affronter la meilleure et la pire équipe possible à Football Manager? Vraiment pas? Vous aviez tort.

 

 

Sansontionnel vs Mendixmètresaudesssus

La composition des deux équipes a été assez facile. D'un côté, il me fallait onze mastodontes survitaminés, caractéristiques maximales dans tous les domaines (physique, mental et technique), portant le maillot du club le plus prestigieux possible; de l'autre, j'avais besoin de onze tanches ultimes, aussi vives d'esprit que des poissons rouges et aussi douées pour le foot que Diana Ross, dans un club plus pourri que celui du patelin de ton enfance. D'un côté, l'élite de la galaxie; de l'autre, ceux qui étaient toujours choisis en dernier pour le foot de la récré. Mesdames et messieurs, sans plus attendre, voici les effectifs (onze joueurs et trois remplaçants de chaque côté, l'imagination a ses limites numériques):

 

 

Les manoeuvres dans l'éditeur ont été assez rapides. Malheureusement, le jeu opère automatiquement un certain rééquilibrage, qui empêche d'avoir des joueurs avec 20/20 ou 1/20 dans toutes les caractéristiques. On va éviter des présentations extensives et se contenter de deux énergumènes, Morgan Sansontionnel pour l'Olympique de la Crème de la Crème, Bernard Mendixmètresaudessus pour l'Atlético Bouzeville (pour agrandir l'image, le clic c'est chic).

 

 

Le seul truc que les joueurs de Bouzeville captent à peu près, c'est leur poste. Pour le reste, leur entraîneur a beau leur ressortir deux-trois mots savants entendus dans la Data Room, ils pigent peanuts. Pour favoriser les duels (et éviter de se prendre la tête avec des futilités), les deux équipes jouent en 4-4-2. Du un contre un partout sur le terrain. Remarquez le bleu royal des Olympiens et les couleurs saillantes de Bouzeville, jusqu'au bout des chaussettes.

 

 

 

It's a Crap !

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Enfin si, un peu. Des frappes de trente mètres en pleine lucarne. Des boulettes de Kevin Crap (qui d'autre?). Des enchaînements collectifs éclairs/risibles. Des attaquants flamboyants/des défenseurs complètement paumés. Des ouvertures merveilleuses/risibles, des contrôles parfaits/à trois mètres...

 

Sur ce plan, j'ai été un peu déçu. Il faut croire que le jeu n'aime pas trop les extrêmes et nivelle les valeurs. Le mental de mollusque des joueurs de l'Atlético Bouzeville n'était pas si évident. Et Kevin Crap n'a pas été si nul. En même pas deux minutes, il nous a notamment sorti ces arrêts de fou:

 

 

Le coup classique du gardien de la petite équipe qui livre le match de sa vie contre la grosse et se chope un dix après cinquante-cinq arrêts.

 

Et ça peut même jouer au ballon, Bouzeville. Pas mal pour une équipe qui serait battue par onze gamines de CE1. Il y avait quelque chose de très émouvant à voir ces mecs disgracieux au possible réussir à aligner trois-quatre passes. Comme quand un poulain arrive pour la première fois à tenir sur ses quatre jambes après avoir tant galéré. Avec en plus le petit pincement d'être le géniteur de tout ça.

 

 

Le moteur du jeu nous a réservé quelques autres petites sucreries. La confrontation d'êtres à ce point opposés a apparemment ouvert une faille dans le système pour nous offrir cette tentative de fusion terriblement érotique :

 

 

Get a room, Benjamin Navet et Morgan Sansontionnel, dont le 18 en courage a dû l'inciter à faire son coming out. Football Manager est bien en phase avec son époque.

 

Pendant ce temps, Juan Rata perfectionne son art de la passe.

 

 

 

Joue-la comme Gomis

Devant, côté Crème de la Crème, on pouvait imaginer Jamie Hardi et George Woah comme le combo ultime : la technique de Messi, la puissance de Ronaldo, le flair d'Inzaghi, la finition de Van Basten, la qualité de passe de Zizou... D'ailleurs, ils ont 16/20 en passes (malgré leur 20 dans l'éditeur). Les transmissions à deux mètres, normalement, ils devraient pouvoir les réussir avec un bandeau sur les yeux, des escarpins aux pieds et une balle de ping-pong. Mais faut croire que personne ne peut être parfait, même quand on remplit toutes les jauges au max. Ils se sont peut-être trompés de vestiaire avant le match.

 

 

Jamie Hardi a d'ailleurs été un bon boulet. Il a sur le papier l'intelligence de jeu d'un Johan Cruyff, mais dans la pratique, il a été aussi souvent pris au piège du hors-jeu (qui, on l'imagine, ne devait pas être bien élaboré) qu'un vulgaire Bafétimbi Gomis (no offense, Bafé, on sait que tu kiffes FM, toi aussi). Et parfois, ce n'était vraiment pas limite.

 

 

Pour le reste, la résistance de Bouzeville a duré un peu plus de dix minutes. C'est déjà ça, hein. Ensuite, ça a été comme le ketchup, avec une bonne dose de buts pendant cinq-six minutes. Puis beaucoup plus sporadique, comme un robinet mal fermé (tu peux pas test mes comparaisons). Comme si les Olympiens prenaient un peu leurs adversaires de haut, sans jouer véritablement à fond. Je ne comprends pas, ils sont pourtant aussi déterminés que Cédric Carrasso quand il aperçoit une boîte de pépitos...

 

Mais il y a peut-être une autre explication. Malgré leur mental en bois, les joueurs de Bouzeville ont apparemment développé un esprit d'équipe exceptionnel. Une solidarité remarquable dans cette dure épreuve. Regardez Bernard Mendixmètresaudessus applaudir cette passe en touche de Juan Rata comme aux plus belles heures de Thierry Henry!

 

 

Que c'est beau, le sport. Des images comme ça, on en redemande. Bon, si ça tombe, Mendixmètresaudessus ne comprend tellement rien au foot qu'il pense que c'était vraiment bien joué. On va lui accorder le bénéfice du doute.

 

 

Ô joie, ô grand espoir

À un moment, Kevin Crap en a eu un peu marre de se faire canarder. On peut le comprendre. Il avait pas signé pour ça. On lui avait promis des matchs tranquilles sur des terrains certes bosselés, mais confidentiels, où il pouvait faire tranquillement ses boulettes à l'abri des regards. Alors à la 62e minute, il décide de faire grève.

 

 

Il est bien resté une trentaine de secondes comme ça, immobile. Je vous épargne la durée complète, histoire de vous maintenir éveillé. Vous remarquerez aussi que le remplaçant, à un moment, se met à faire du patin à roulettes le long de la ligne de touche. Ce moteur de jeu est génial.

 

Le score final est bien inférieur aux attentes. Il faudrait peut-être rejouer le match à plusieurs reprises pour atténuer les biais circonstanciels et obtenir une idée plus fidèle. Mais on est loin de la branlée intersidérale que l'on pouvait imaginer. D'ailleurs...

 

 

Je crois que ce but est l'une de mes plus grandes joies récentes à Football Manager, pas très loin de ma première victoire contre le Bayern Munich avec Sankt Pauli. Une joie un peu coupable, après ce que j'ai fait subir à l'Atlético Bouzeville. Ils n'avaient rien demandé, après tout, et je les ai envoyés à l'abattoir pour mon simple plaisir sadique. Les salauds ne se sont pas laissés faire. 

 

Andy Dehorsjeu a maintenant une statue à Bouzeville. Avec une plaque à son nom, sinon on aurait du mal à le reconnaître. Les Bouzevillois sont évidemment aussi doués pour la sculpture que pour le foot. Ça va devenir un lieu de pélerinage pour tous les attaquants maladroits des clubs de troisième division de district : oui, l'espoir est permis, pour tous. Même pour toi. Ça fait passer des messages forts, quand même, Football Manager...

 

Si vous avez des idées de scénarii similaires, n'hésitez pas à les proposer en commentaires. On réalisera les meilleures propositions. The sky is the limit, comme on dit.

 

 

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