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Les Dé-Managers

 

Christophe Kuchly, Julien Momont, Raphaël Cosmidis et Philippe Gargov. Les Dé-managers: un blog pour parler tactique – pas pour meubler –, et une chronique du jeu dans leurs cartons.


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PSG-OM: Class’hic

Dans les Cartons : Guardiola, Naples, Manchester United et Ter Stegen

Changer de dispositif en cours de match, jouer entre les lignes, être compact, équilibrer les montées des latéraux et réfléchir à la pertinence du numéro 10 de nos jours...En puissance intellectuelle, on va voir ce que tu vaux. 

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Changements de dispositifs ou de joueurs, batailles philosophiques et stratégiques, échecs et réussites… Chaque semaine, les quatre Dé-Managers proposent leurs billets d’humeur.


* * *

 

Pep Guardiola et la réinvention permanente de la roue

Julien Momont – Pep Guardiola n'a pas inventé la roue. Il n'a pas inventé le 4-3-3, ni le jeu de possession. Il n'a même pas inventé le poste de faux numéro neuf. On trouvera toujours quelqu'un, dans l'histoire du foot, qui a appliqué bien avant lui certains préceptes qu'il prêche aujourd'hui. Rinus Michels, Johan Cruyff, Luciano Spaletti. Ou encore plus loin, même, le temps effaçant progressivement les innovateurs isolés des tablettes. Sans compter les entraîneurs dont le Catalan se réclame directement, de Juan Manuel Lillo à Marcelo Bielsa.

 

 

 

 

Alors oui, voir aussi souvent en ces pages ou ailleurs des compliments appuyés pour l'approche du technicien bavarois peut paraître exagéré. Après tout, avec de tels joueurs, au Barça comme au Bayern, tout le monde ferait aussi bien et jouerait de la même manière, non?

 

Eh bien non, justement, et c'est ce qui explique toute notre fascination pour un entraîneur qui a récupéré une machine de guerre, le Bayern de Jupp Heynckes, qui l'a démontée de toutes pièces pour la réassembler ensuite à sa guise, selon son interprétation de l'organisation optimale de l'ensemble. Si son Bayern ne ressemble aujourd'hui à aucune autre équipe en Europe, c'est parce qu'il le manie et le remanie à sa guise de match en match, de quart d'heure en quart d'heure même, parfois.

 

Comme contre le Borussia Dortmund, dimanche (5-1). Face au 4-4-2 en losange borussen, Guardiola a démarré le match avec trois défenseurs, Boateng-Martinez-Alaba, mais avec le seul Espagnol dans l'axe. Pas illogique, après tout: en face, Pierre-Emerick Aubameyang et Henrik Mkhitaryan eurent d'abord tendance à jouer excentrés. Le premier, notamment, a été pris en marquage individuel par David Alaba – qui rivalise en vitesse – et a eu beaucoup de mal dans cette configuration. Après un quart d'heure de jeu, Boateng a inversé avec Javi Martinez, ce dernier étant plus à l'aise pour suivre les éventuels décrochages de Mkhitaryan entre les lignes. Et puis à 2-0, tout a changé, encore.

 

 

 

 

Le Borussia Dortmund venait de passer en 4-2-3-1, Aubameyang seul en pointe désormais. À peine le penalty de Müller marqué, Guardiola donne ses consignes à Philipp Lahm: défense à quatre, avec le retour du capitaine bavarois à son poste d'arrière droit. Le temps de réorganisation a coûté la réduction de l'écart d'Aubameyang, seul moment de flottement de l'arrière-garde munichoise.

 

Si ces changements de position incessants ne déséquilibrent aucunement l'harmonie collective, c'est que les principes de jeu restent les mêmes. La fameuse animation qui primerait sur le système n'est pas altérée, notamment parce que ces évolutions micro-tactiques concernent d'abord la structure défensive. Les grandes lignes sont immuables: un pressing haut et en nombre qui empêche l'adversaire de jouer avec précision vers l'avant et limite le risque d'aligner aussi peu de défenseurs; des déplacements constants dans les intervalles qui offrent de multiples solutions de passes, variées en longueur et en zones visées (le Bayern a ainsi marqué deux buts sur de longs ballons dans le dos de la défense de Dortmund); un ailier de débordement (Douglas Costa) et l'offensif côté opposé qui compense en dézonant vers l'axe, pour offrir une variété de menaces et de combinaisons.

 

Pep Guardiola a pris une machine de guerre, et il en a fait un monstre de polyvalence, capable de s'adapter à toutes les situations possibles et imaginables sans renier son projet de jeu. Avec Pep, chaque match est un terreau d'idées nouvelles. S'il n'a pas inventé la roue, personne n'est aussi captivant dans la manière dont il la fait tourner chaque semaine.

 

 

 

 

Point pédago : L’équilibre des latéraux

J. M. – Dans la démonstration de force du Napoli à San Siro (4-0), on retiendra au choix l’activité de l’entrejeu napolitain, les coups de patte de Lorenzo Insigne ou les progrès de Gonzalo Higuain en point d’appui, seul en pointe. Mais il est un mécanisme plus discret qui a contribué à l’équilibre global du jeu napolitain, et il concerne les latéraux, Elseid Hysaj à droite et Faouzi Ghoulam à gauche.

 

On dit souvent que les deux latéraux ne doivent pas monter en même temps. Une formule toute faite et pas fondamentalement vraie, puisque tout dépend des mécanismes de compensation imaginés. Mais à Naples, en tout cas, un latéral apporte beaucoup plus offensivement que l’autre: l’ancien Stéphanois Faouzi Ghoulam. Insigne, devant lui dans le 4-3-3 mis en place dimanche par Maurizio Sarri (qui a aussi parfois opté pour un 4-3-1-2 cette saison), n’est pas un joueur de débordement. Sa spécialité: repiquer vers l’axe pour frapper, souvent, ou passer, parfois. Pour maintenir la largeur offensive, il faut donc que Ghoulam évolue très haut.

 

 

 

Naples n’a pas vocation à installer une possession haute dans le camp adverse, mais plutôt de se projeter rapidement vers l’avant, évoluant en attaques rapides. Le milieu défensif, Jorginho, n’a donc pas pour tâche de décrocher entre les deux défenseurs centraux, à la manière de Sergio Busquets, pour mettre en place un jeu de position. Dès lors, la compensation de la montée de Ghoulam s’effectue côté opposé, avec Elseid Hysaj, qui reste au même niveau que Raul Albiol et Kalidou Koulibaly. Devant l’Albanais, José Callejon reste lui beaucoup plus collé à la ligne de touche que Lorenzo Insigne.

 

 

 

Cela donne une animation asymétrique sur le plan offensif mais pas déséquilibrée, le rôle de chacun étant compensé par ceux des autres pour une occupation optimale du terrain. Avec le ballon, Naples a systématiquement trois joueurs derrière, de quoi garantir une certaine solidité à la perte de balle. Carlos Bacca et Luiz Adriano, en tout cas, ont été parfaitement neutralisés, en partie car ils étaient du mauvais côté d’un trois contre deux. Lorenzo Insigne, lui, a inscrit un doublé, profitant à plein de la liberté de déplacement offerte par les montées de Ghoulam.

 

 

 

 

 

En vrac

 

Enfin, un autre Lillois que Sofiane Boufal a marqué cette saison, contre Montpellier (1-0). Et il est presque logique que cela soit Djibril Sidibé plutôt que l’un des quatre avant-centres (Guirassy, Benzia, Tallo, Guillaume) recrutés cet été, jusqu’ici très maladroits. Le latéral nordiste, lui, confirme ses gros progrès affichés déjà la saison dernière, notamment sur le plan défensif, tout en maintenant son apport offensif. Il est, après Serge Aurier, le latéral qui frappe le plus souvent au but, mais toujours dans le jeu, avec un schéma qui se répète: depuis son aile gauche, il repique sur son pied droit pour tirer (cinq tentatives contre Montpellier). Avec de plus en plus de réussite (deux buts la saison dernière, un, donc, cette saison).

 

On avait perdu Séville en milieu de semaine, auteur d’un match profondément moche face à une Juventus très solide (2-0). La stratégie, assumée a posteriori, de défendre n’a absolument pas payé. Aucun contre ou presque, pas de mouvement et surtout pas de solidité sur les bases, ce qui reste l’objectif principal quand on attend sans rien proposer. On a retrouvé une équipe fidèle à ce qu’elle peut faire samedi contre Barcelone (2-1). Du pressing, un Iborra dont les qualités dans le jeu aérien sont très bien utilisées et un refus de subir avant le dernier quart d’heure. Jouer au ping pong avec une équipe comme le Barça est risqué, puisque cela suppose d’avoir un bon gardien et un taux de conversion à la hauteur, mais l’état de la défense catalane et un peu de chance ont rendu le pari payant.

 

En parlant de marquer des buts, le match entre Lyon et Valence (0-1) en est un parfait exemple: une période où Valence doit tromper Lopes trois fois, une autre où les rôles sont inversés. Comme toujours, la tactique peut expliquer beaucoup de choses mais tromper le gardien est à part et demande un talent certain. Feghouli en a-t-il plus que Ferri? Compliqué d’affirmer le contraire et de donner des chances à Lyon, battu chez lui par une équipe pourtant à côté de ses pompes.

 

À son poste, il est pour l’instant le plus en confiance. Alors que son vrai-faux échange avec David De Gea aurait pu le perturber, Keylor Navas continue ses grandes prestations match après match et fait gagner des points au Real. Dans le derby contre l’Atlético (1-1), seule une déviation en talonnade d’Antoine Griezmann pour Luciano Vietto a permis aux Colchoneros de prendre le Costaricain en défaut. Même si on peut comprendre l’intérêt pour un gardien né à Madrid et quatre ans plus jeune, pas sûr qu’en ne changeant rien, le le Real ait perdu au change.

 

Ce n’est toujours par cette semaine qu’une défaite de Chelsea (3-1 contre Southampton) ne s’expliquera pas par un complot arbitral. Tant pis, à la semaine prochaine José...

 

 

 

 

 

Focus : Newcastle

Entraîneur : Steve McLaren.
Système préférentiel : 4-2-3-1.
Classement : 20e de Premier League.
Possession : 43,8% (18e).
Passes réussies : 78,1% (13e).
Tirs par match : 8,4 (20e).
Duels aériens gagnés par match : 10,5 (20e).
Tirs concédés par match : 18 (20e).
Joueur clé : Aleksandar Mitrovic : 2,2 fautes par match (8e), 1,7 tirs (52e ex aequo), 2,3 contrôles ratés (11e ex aequo), 68,5% de passes réussies (223e), 14,8 passes par match (237e), 1 but.
(Statistiques WhoScored).

 

 

 

L'instantané tactique de la semaine

 

Raphaël Cosmidis – Donner un choix de passe à Mesut Özil, c'est déjà beaucoup, alors en donner trois...Dépassé à la fois tactiquement et dans les jambes par Arsenal en début de rencontre dimanche, Manchester United ne s'est jamais relevé de vingt premières minutes jouées à la dérive (3-0 score final). Si Alexis Sanchez a inscrit un doublé, c'est surtout son partenaire allemand qui a hérité de bien trop de liberté et guidé les offensives londoniennes. Le premier instantané, pris une fois Arsenal aux abords des trente derniers mètres, est trop tardif. Car c'est plus haut et plus tôt sur le terrain que les problèmes mancuniens sont nés à l'Emirates Stadium.

 

 

 

Depuis le début de la saison, avec la reconstruction de son milieu par le recrutement, Louis van Gaal pousse ses joueurs à presser haut. Dès la première journée du championnat, une victoire 1-0 à domicile face à Tottenham, les Red Devils avaient renvoyé les milieux adverses dans leur camp, jusqu'à leur surface, pour récupérer le ballon le plus haut possible. Un plan ambitieux qui a tourné au vinaigre face à Arsenal. Parce que les Gunners ne sont pas les Spurs, et que ni Michael Carrick ni Bastian Schweinsteiger ne peuvent imiter Morgan Schneiderlin, titulaire face à la formation de Mauricio Pochettino début août.

 

 

 

 

Carrick et Schweinsteiger se ressemblent presque trop pour collaborer. Les deux, la trentaine passée, aiment distribuer le jeu depuis des zones où ils sont moins pressés et peuvent alterner entre jeu court et jeu long. Deux régulateurs, aucun athlète. Leur manque de mobilité a permis à Mesut Özil de se balader entre les lignes, de recevoir le ballon avec énormément de temps pour se retourner et penser. Sur les deuxième et troisième instantané, il n'y a que quatre secondes d'écart. Et quelques secondes plus tard, un tir de plus dans les filets de David De Gea. Wayne Rooney, doublé par Santi Cazorla, laisse l'Espagnol libre de casser une ligne par la passe. Derrière, Özil et Walcott combinent jusqu'au 2-0. Le bloc de Manchester United, trop étalé, pas assez compact et affreusement lent au coeur du jeu, représentait la victime parfaite pour les Cannoniers et leurs joueurs toujours en mouvement. 

 

Son équipe menée 3-0 à la pause, Van Gaal corrigera son dispositif: d'un double pivot trop facile à effacer, il passera à trois au milieu, avec un 6 en guise de libéro d'entre les lignes. United reprendra le contrôle du jeu, sans pour autant parvenir à refaire son retard. Schneiderlin, lui, sera resté sur le banc. 

 

 

 

Les déclas

C’est quand j’étais à QPR que j’ai réalisé que je pouvais éliminer des adversaires uniquement avec ma vitesse. Un de mes amis, Bruno Andrade, était tellement rapide qu’il avait l’habitude de simplement pousser la balle à côté de n’importe quel défenseur face à lui et j’ai pensé ‘pourquoi ne pourrais-je pas faire ça?’. Jusque-là, j’essayais de dribbler et peut-être tenter un passement de jambe mais Andre se contentait de taper dans la balle puis ‘bip bip’ et il était tellement rapide qu’il arrivait dessus le premier. Alors un week-end j’ai essayé aussi et ça a marché.
Raheem Sterling au Guardian.

 

Dans les années 80, quand j'étais entraîneur de l'Ajax, tous nos adversaires jouaient en 4-4-2 avec deux attaquants. Dans le but d'obtenir un avantage tactique, on a décidé d'aligner trois défenseurs, en passant du 4-3-3 à un 3-4-3, dans lequel notre milieu de terrain formait un losange. En réalité, ce n'était pas un 3-4-3, mais plutôt un système en 3-1-2-1-3, dans lequel deux lignes supplémentaires se créaient, qui perfectionnaient l'exécution du jeu de position. Le "numéro 10" était la pointe haute du losange qui jouait derrière les trois attaquants. À l'Ajax, j'ai choisi John Bosman dans cette position, et plus tard au Barça ce fut José Mari Bakero. Après quelques années, les adversaires ont découvert cette petite astuce et ils ont décidé d'aligner trois attaquants. Ils jouaient parfois avec un axial et deux ailiers, ce qui nous a obligé à revenir à quatre défenseurs. Aligner un numéro 10 dans cette situation est risqué.
Johan Cruijff, dans sa chronique hebdo à De Telegraaf.

 

"Pour préserver l'équilibre adéquat, le milieu ne devait pas s'aligner en attaque, mais plutôt dans une position plus reculée. Il fallait donc mettre un "numéro 6" à la place d'un "numéro 10". Avec un dix, on jouerait en 4-2-1-3, et avec un six en 4-1-2-3. Il faut juste jeter un coup d'oeil aux deux numéros qu'il y a au milieu de la formation pour voir qu'avec un dix, deux joueurs sont derrière et un devant (2+1), alors qu'avec un six il y en a un derrière et deux options de passe devant (1+2). De cette manière, tu fais d'une pierre deux coups. Tant défensivement qu'offensivement, tu as un joueur de plus. Si tu joue avec un dix, il y aura des problèmes quand l'adversaire réalisera une passe longue vers un des attaquants. Dans ce cas, il y aura seulement deux milieux défensifs – au lieu de trois – qui devront couvrir les 60 mètres de largeur du terrain. Et ça, c'est impossible à faire."
Johan Cruijff , suite et fin.

 

 

 

 

La vidéo de la semaine

Jouer à onze joueurs de champ au lieu de dix, l'idée commence à être populaire. Illustration en vidéo avec le rôle importantissime de Marc-André Ter Stegen au Barça, en l'occurrence contre le Bayer Leverkusen en Ligue des champions.

 

 

 

 

 

La revue de presse (presque) anglophone

 

Pour la première fois de sa carrière, José Mourinho doit gérer une équipe qui fait beaucoup d’erreurs. Et il ne trouve pas la solution.

 

Lorenzo Insigne est en très grande forme et un grand responsable de la série positive du Napoli.

 

Quand Mesut Özil joue comme face à Manchester, le football est plus beau.

 

Roger Schmidt et Pep Guardiola, qui se côtoient désormais en Allemagne, s’inspirent l’un et l’autre.

 

Le licenciement de Rodgers a été accéléré par les rêves de grandeur exagérés pour une équipe de Liverpool qui n’a pas les mêmes armes que les Manchester ou Chelsea.

 

 

 

 

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