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newuser et Christophe Zemmour

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Panenka 1976, le penalty de velours

Damier le pion

Matchbox : Croatie-Espagne 0-1. Un match à enjeu entre deux belles équipes qui se transforme en match sans jeu qui hantera longtemps les Croates.

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Gdantsk Arena, Gdantsk.
Arbitre : Wolfgang Stark (ALL).
But : Navas (88e) pour l’Espagne.

 

Croatie : Pletikosa - Vida (Jelavic, 66e), Corluka, Schildenfeld, Strinic - Vukojevic (Eduardo, 81e), Rakitic - Srna, Modric, Pranjic (Perisic, 65e) - Mandžukic. Sélectionneur : Slaven Bilic (CRO).
Espagne : Casillas - Arbeloa, Piqué, Ramos, Jordi Alba - Busquets, Xabi Alonso - David Silva (Fabregas, 73e), Xavi (Negredo, 89e), Iniesta - Torres (Navas, 61e). Sélectionneur : Vicente Del Bosque (ESP).

 

La nalyse

Sorte de finale de la poule entre les deux équipes les mieux placées dans la course à la qualification, ce match tarde à trouver son rythme. Avec une défense croate assez basse et compacte qui se base sur une ligne de cinq (Vukojevic s’intercalant dans la défense) impliquant un gros travail des latéraux, les Espagnols ont énormément de mal à mettre en place leur jeu et multiplient les erreurs techniques peu communes (transversales trop longues, passes en touche, contrôles approximatifs...). Amenés à courir derrière les Croates en phase défensive, ils enchaînent les fautes au milieu de terrain et privés de leurs armes habituelles au sol, ils tentent leur chance de loin ou essaient de trouver la surface adverse par des ballons longs – sans créer de vraie situation dangereuse.

 

 

Beaucoup plus directs, les hommes de Bilic jouent rapidement en profondeur dès la récupération de balle, cherchant Modric ou les ailes pour développer des contres (25e, 38e). La première période se termine sur un score de 0-0 assez logique au vu du peu de situations dangereuses face au but et de la défaillance des individualités espagnoles (Xavi Alonso, Iniesta notamment). Une mi-temps à oublier rapidement pour les amoureux du jeu barcelonais et les nostalgiques des arabesques des Yougoslaves des années 80-90.

 

La deuxième période n’est pas plus excitante et les Espagnols continuent leur tricot XXL sans pouvoir convenablement pénétrer dans la défense croate, peu aidés il est vrai par un jeu en pivot quasi nul de Torres. Les Croates se montrent plus et manquent de créer la sensation face à un Casillas déterminant sur plusieurs frappes, dont cette tête de Rakitic sur un service de l’extérieur de Modric (59e). Le changement de pointe avec l’entrée de Navas à la place de Torres et le glissement de Silva en 9, puis l’entrée de Fabregas vont améliorer le collectif espagnol au moment où les Croates se portent à l’avant pour tenter d’arracher la qualification. De ce fait plus libres de leurs mouvements, les Espagnols réussissent à marquer ce but tant attendu par Navas, après une louche de Fabregas pour Iniesta qui sert le petit attaquant (88e)... non sans avoir connu de nombreuses frayeurs qui démontrent une certaine fébrilité dans cette compétition, pour l’heure compensée par un Casillas toujours aussi sûr derrière sa défense.

 

La Croatie est éliminée et elle peut regretter de ne pas être allée aller chercher plus tôt et plus franchement sa qualification. Elle a prouvé en seconde période qu’elle pouvait faire mieux que défendre face aux champions du monde en se créant des occasions nettes. L’Espagne continue son chemin et passe en quart de finale avec une valise pleine de doutes après cette qualification aux forceps marquée par une efficacité offensive en berne, en dépit d’une emprise parfois étouffante sur le match.

 

 

 

Les gars célestes

Casillas a maintenu le score à 0-0 (59e, 79e), en sortant des arrêts décisifs dans son style et qui font un peu sa marque de fabrique, surtout en sélection. Piqué et Ramos ont tenté d’apporter le danger sur les corners offensifs, mais ils n’ont pu en placer une qu’à une seule reprise (66e), les Croates se montrant impeccables dans cet exercice. Arbeloa continue son bon tournoi, avec une certaine hauteur sur le terrain et une prestation défensive solide. Anormalement imprécis en début de match, Xabi Alonso a petit à petit réglé la mire de ses changements d’aile, sans pour autant apporter une présence très significative dans la construction des offensives. Iniesta a d’abord été brouillon avant de retrouver de la justesse, de dénicher de l’espace dans la défense croate et surtout bien se démarquer pour offrir à Navas le but espagnol. Le joueur de Séville a tenté sa chance (85e) ou centré fort devant le but (67e, 75e), et a apporté du rythme sur son aile droite. Quasiment inexistant dans le jeu en pivot, Torres s’est procuré lui-même sa seule munition, en partant côté droit et en frappant fort dans un angle fermé (23e).

 

 

 

 

Les gars carrés

La défense centrale croate a livré une grosse prestation, en premier lieu Schildenfeld qui a coupé court à certaines tentatives de jeu en profondeur espagnoles et a gagné un grand nombre de duels. Son gardien de but, Pletikosa, a bien couvert son premier poteau face à Torres (23e) et Iniesta (84e), et s’est couché à bon escient face aux frappes au sol (85e) ou avec rebond (23e). Mais il n’a rien pu faire sur le but espagnol, se retrouvant seul contre deux. Le capitaine Srna a été très solide et précieux sur son aile droite, alors que la vista, l’organisation et l’élégance étaient du côté de Modric. Tour à tour bon dans la conservation, dans l’élimination (petit pont sur Busquets dès la 2e minute) et dans l’orientation, le joueur de Tottenham a été difficile à appréhender pour le milieu espagnol: il a pu  se déplacer, faire parler son football et sa conduite de balle dans l'entrejeu.

 

 


Les gestes

L’extérieur du pied de Modric qui fait suite à un beau démarquage sur l’aile droite et trouve au second poteau la tête de Rakitic pour la première très grosse occasion des Croates.

 

La louche-balle piquée de Fabregas qui réussit là où l’Espagne avait échoué, à savoir trouver dans la surface un coéquipier: Iniesta, qui n’a plus qu’à servir Navas seul face au but.

 

Le retour de Srna (dans les pieds d’un Busquets étonné d’être seul à dix-huit mètres) qui, d’un tacle parfait et d’un seul mouvement, retire le ballon et relance sur son coéquipier.

 

 


Les observations en vrac

Le dernier être humain à avoir vu Del Bosque sourire est mort de vieillesse.

 

Voir le maillot de l’Uruguay lors d’un Euro c’est peut-être incongru, mais c’est surtout dommage qu’on n’ait pas vu Forlán.

 

Après le châle de l’équipe de France, voici le poncho tricoté par les Espagnols pendant cet Euro.

 

Les languettes de Srna, ça fait la même chose que sur les Flamby?

 

 


Le match de TF1

 

Bien ou bien ?
"Christian Jeanpierre: Ils vont se faire découper en rondelles par la presse espagnole s’ils perdent en jouant comme ça.
- Arsène Wenger: “Encore plus s’ils ne se qualifient pas.”

 

Le mec qui a du mal avec l’humour alsacien
"Christian Jeanpierre : “Et ça vous fait rire ?
- Arsène Wenger : Oui."

 

 


Vu du forum

=>> Alain Delon? Non Alain Deroin. - 21h07
Ce maillot espagnol est franchement dégueulasse : ce bleu pâle est-il un hommage au teint blafard d'Iniesta?


=>> Pan Bagnat - 21h17
Moins d'un quart d'heure de jeu, et déjà l'instant "Père Castor" de CJP, avec une anecdote tout à fait pas croustillante sur Darijo Srna, qui n'appuie pas du tout sa thèse sur la complicité du joueur avec Bilic.

 

=>>  Moravcik dans les prés - 22h18
Je rêve de jouer une fois au foot avec Modric: faire des appels improbables, lever la main, et voir la balle arriver pile dans les pieds, ou pile sur la tête...

 

==> solskpierre - 22h30
"Ivan Perisic qui entre pour la Croatie"... Et Arjen Robienic, il reste sur le banc ?

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