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Un empire européen

Croatie Charles de Gaulle

Les Bleus, en panne d'idées et d'efficacité, n'ont pas réussi à décoller face aux Croates. • La nalyseLes observationsVu du forum
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La nalyse

Blanc a eu le bon goût de ne pas effectuer de changement avant l'heure de jeu, puis de laisser son ossature intacte (remplacements poste pour poste des milieux excentrés), Benzema étant ensuite le premier joueur de l'axe à sortir à un quart d'heure de la fin. Le sélectionneur travaille, c'est plutôt rassurant – même si ses expériences ne sont pas toutes probantes. Seul un surcroît d'intensité aurait pu sauver ce match au cours duquel les Croates auront été globalement pusillanimes. On y a cru après une trentaine de minutes en première période, quand les deux équipes échangèrent coup pour coup, mais il fallut attendre le dernier quart d'heure pour que la confrontation devienne plus âpre et plus enlevée.

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À la fin de l'envoi, une touche
Cette fois, dans un 4-2-3-1 avec deux milieux défensifs "à plat", les milieux excentrés ont régulièrement changé d'aile, sans forcément permuter: Ménez et Malouda se sont parfois retrouvés à proximité l'un de l'autre, laissant Nasri coulisser côté opposé. Cette mobilité a plus été à l'avantage de Ménez, mais elle n'a pas eu d'effet très probant sur l'animation offensive, Nasri n'ayant notamment pas souvent trouvé la clé. Les Bleus ont encore eu de la peine à donner du rythme à leurs enchaînements, par manque de précision, de vision et de volonté.
L'impression que l'équipe de France joue au handball avec l'adversaire a beau diminuer lorsque ce dernier est joueur, la sensation d'impuissance offensive n'en est pas moins présente. Pénurie de solutions ou volonté d'assurer chaque geste, on reste surpris par la quantité de touches de balles nécessaire pour faire avancer le jeu. Très scolaires, les hommes de Blanc semblent s'obliger à contrôler, poser le ballon, lever la tête, regarder le ballon, et faire une passe. Résultat: une possession peu convertie en occasions nettes, des tentatives individuelles manquées ou sans issue et un nombre de centres non pas ratés, mais sans personne pour les reprendre, qui prend des allures de phénomène.


Jouer plus vite
Bixente Lizarazu peut tenter de tout expliquer par le manque d'agressivité, cette absence de rapidité une fois dans le camp adverse a plusieurs fois laissé à ce dernier le temps de se barricader aux abords de la surface. Comme si, une fois sur place, l'équipe cherchait à imposer une densité physique disparue depuis 2006. Le plus grand danger est finalement venu de frappes inattendues (Rami sur le poteau, Réveillère sur Pletikosa, ciseau de Rami) ou de chevauchées individuelles mal conclues (Ménez, Benzema), alors que les moments de jeu direct (par Nasri, Matuidi ou Diarra), sous-utilisés, mettaient à mal la défense croate.
En face, Modric, pourtant très peu influent, a montré qu'il était plus facile de déstabiliser un adversaire en s'obligeant à toucher le ballon le moins possible. Plus léger qu'une pensée de Christian Jeanpierre, le milieu de Tottenham est obligé de jouer vite pour éviter le défi physique. En l'absence de M'vila, l'équipe de France semble dépourvue de joueurs qui accélèrent le jeu par la passe. Même si l'entrée de Ribéry a permis à Nasri quelques bons décalages jusqu'alors difficiles à trouver avec Malouda...

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Les progrès dans les intentions ont toutefois été sensibles depuis le Luxembourg, ils l'ont aussi été au fil du match jusqu'à un finish intéressant. Mais, en panne de cette efficacité qui, ces derniers mois, a transformé en victoires certains matches moyens, les Tricolores ont gâché leurs meilleures situations: tête mal ajustée de Diarra seul à la réception d'un corner (59e) ou crochet raté de Rémy devant le gardien croate (85e). Benzema, Ribéry ou Gameiro ont tour à tour manqué de précision plus que de réussite.
L'équipe de France, en dépit de résultats satisfaisants depuis la défaite face à la Biélorussie, ne suit pas une progression très linéaire: elle semble même avoir perdu certains acquis des sommets amicaux de l'hiver, et a provisoirement plus d'assurances dans une défense bien stabilisée que dans un secteur offensif en proies aux interrogations. On n'a pas fini de s'interroger: prochain match le 3 juin.



Les observations en vrac

• Si Laurent Blanc réussit ses mises en place tactiques comme ses nœuds de cravate, rien d'étonnant à ce qu'on ait du mal à marquer.

• Bien qu'à domicile, les Bleus ont joué en blanc face à des Croates... en bleu, la Fédération a déployé une bâche couvrant la moitié du terrain et TF1 a fourni des gros plans avec commentaires insistants: ce n'était pas une rencontre amicale, c'était un match de charité au profit de Nike.

• Confirmation : c'est joli, mais c'est pas un maillot de foot.

• Savoureux, le moment de flottement quand Wenger demande à Jeanpierre et Lizarazu s'ils ont une solution au problème des lasers qu'ils venaient de déplorer bruyamment.

• OK, on met Ribéry à gauche, n'en parlons plus.

• Vous vous souvenez de ce qu'il prenait, Domenech, après deux matches comme ça?

• Vous vous souvenez de ce qu'il prenait quand il alignait deux milieux défensifs pas très créatifs?

• Un retourné de Rami, c'est aussi déconseillé qu'un looping avec un 747.

• Sur la pelouse, un Stéphanois, un Lensois, un Bordelais, c'est sympa de la part de la FFF d'organiser des matches pour promouvoir le football amateur.

• Superbe performance de Mamadou Sakho au challenge Franck Jurietti.

• Le jour où Valbuena enfilera ce maillot, ce sera difficile de ne pas l'imaginer en Popeye, avec Sammy Traoré déguisé en Olive.

• Après les élections cantonales, les joueurs ont-ils entonné "C'est nous les gars de la Marine" dans les vestiaires?



Vu du forum

=>> newuser - mardi 29 mars 2011 - 21:38
Sympa ce derby sur TV Breizh mais je comprends pas pourquoi l'entraineur des Bretons pêcheurs n'a pas le collier de barbe alors que l'entraîneur des Bretons équarrisseurs a bien une tête de psychopathe.

=>> matthias - mardi 29 mars 2011 - 21:44
Personnellement, le maillot-marinière me donne une irrépressible envie de descendre sur la pelouse et de distribuer des bérets et des baguettes de pain. Et j'en profiterai pour botter les fesses de Malouda au passage, tiens.

=>> Papin Jour Pape toujours- mardi 29 mars 2011 - 21:41
Ca faisait un bout de temps que j'avais pas regardé un match de TF1 avec le son. J'adore CJP et sa façon très naturelle de sortir ses fiches-anecdotes toutes les cinq minutes. "Alors figurez vous qu'il a une particularité ce joueur, le numéro 8 croate, c'est qu'il sait jouer du biniou avec ses couilles". "Je ne sais pas si vous le savez Arsène, mais ce joueur, le numéro 5 Croate, a une arrière grand-mère Albinos". "Alors figurez-vous que ce joueur, Bixente, le numéro 15 Croate, possède le record du monde de craché de noyau de cerises en catégorie 70 à 85 kg ambidextre". Sinon pour le foot, on l'entend moins. C'est peut-être pas plus mal.

=>> Zizou Krist - mardi 29 mars 2011 - 22:04
En fait, le seul changement entre Domenech et Blanc, c'est que Benzema et Nasri sont passés des rayés de la liste à la liste des rayés.

=>> RabbiJacob - mardi 29 mars 2011 - 22:13
Rakitic a l'air plutôt musclé c'est bizarre.

=>> San-Antonio - mardi 29 mars 2011 - 23:10
J'ai l'impression qu'il va avoir besoin d'Advil, Rami.

=>> Rock n Santa Cruz - mardi 29 mars 2011 - 23:12
Avec Rami, le foot ça devient de la NBA : de grands types costauds qui traversent tout le terrain pour tenter des gestes spectaculaires, et sautent partout en tirant la langue après. Sauf qu'en NBA ils savent aussi se réceptionner à la fin.



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