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Richard Coudrais

 

Pionnier du foot sur le Web avec Kick'n'Rush, historien pour les Cahiers et Footichiste pour son compte.


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La boîte à chants

Retour vers la C1

Et si la création d’une Superligue verrouillée par les gros clubs était l’occasion de revenir à une Coupe d’Europe dans son format initial? Nous nous y hasardons. 

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Régulièrement, les gazettes du foot annoncent qu’une Superligue de football serait en gestation. Des dirigeants de grands clubs autoproclamés relancent la rumeur, sans que l'on sache si le projet progresse vraiment ou s'il s'agit seulement de mettre (encore) la pression sur les institutions.

 

Le dernier en date est Florentino Pérez, président du Real Madrid, à qui le vénérable New York Times prête des négociations avec un obscur fonds d'investissement américain pour créer une ligue mondiale réunissant quarante clubs. Le projet serait approuvé par la FIFA, qui mettrait ainsi la main sur le magot représenté par l’économie du foot de clubs.

 

À chaque épisode, depuis deux bonnes décennies, la formule et le périmètre de l’épreuve varient, comme s'il fallait avant tout préparer le consommateur et laisser le foot européen sous la menace.

 

 

 

 

Réinventer la coupe d'Europe

Si elle voyait vraiment le jour, cette Superligue serait de nature à donner le coup de grâce au foot européen. Et pourtant, on peut se demander si elle n’est pas ce qui peut arriver de mieux au foot de clubs européen, et si elle ne permettrait pas de réinventer la Coupe des clubs champions…

 

En effet, puisque ce projet exclut une très grande partie des championnats du continent, il est temps de reprendre les choses en main et d’imaginer… une épreuve qui mettrait en compétition un club par pays, de préférence le champion en titre.

 

L’opportunité est belle. Laissons les gros clubs s’enfermer dans leur entre-soi et se partager des recettes dont la source va rapidement se tarir. De notre côté, invitons en Europa League les clubs champions en titre, et seulement eux, de chacune des 55 fédérations affiliées à l’UEFA.

 

Peu importe si certains d’entre eux, appelés à participer à la Superligue, déclinent l’invitation. Appelons le deuxième ou le troisième du championnat concerné. Si Lyon ou le PSG refusent, Lille ou Marseille feront l’affaire.

 

 

Élimination directe

Et puis on pourrait en profiter pour remettre en place, d’entrée, la formule par élimination directe aller et retour, tellement excitante pour sa dramaturgie. Oublions ces phases de poules qui ne font que noyer l’intérêt dans un trop grand nombre de rencontres.

 

Imaginons un premier tour – ou plutôt un tour préliminaire, comme on disait – concernant 44 clubs pour en qualifier 22 qui rejoindraient 10 qualifiés d’office en seizièmes de finale. Puis ce seraient les huitièmes de finale avant de retrouver, après l’hiver, les quarts de finale, les demis et enfin la finale sur terrain neutre.

 

Diffusons les matches sur les chaînes publiques et gratuites, afin que cette épreuve soit accessible et populaire. On parlera de droits TV plus tard. Et tant pis si c’est Jean-Marc Ferreri aux commentaires.

 

Laissons cette compétition nous donner quelques belles soirées de foot. Des qualifications épiques, des renversements improbables, des héros d’un jour, des injustices, des polémiques, des matches de m… parce qu’il en faut aussi. Des rencontres que l’on aura tous vues et dont on parlera ensemble le lendemain.

 

 

Avec ou sans eux

Ceux qui se seront offert les abonnements pour regarder la Superligue (tout en râlant contre les tarifs prohibitifs) verront l’élite du football se disputer des matches coupés de toute réalité. Ils verront la médiatique épreuve s’installer, se regarder le nombril puis s’essouffler peu à peu.

 

Car le foot a toujours eu besoin de renouvellement. Une compétition qui propose chaque année les mêmes affiches lasse le public. En Europe, du moins. Lorsque leur épreuve deviendra moribonde, les clubs concernés iront sans doute la disputer en Chine, aux USA ou dans les Émirats, histoire de faire plaisir aux actionnaires.

 

Mais ils n’auront plus de leur passé qu’un nom galvaudé. Les plus lucides ne tarderont pas alors à rejoindre notre nouvelle Coupe des champions. Pour peu, bien entendu, qu’ils soient encore champions de leur pays.

 

C’est un pari. La Coupe du monde de foot s’est faite sans l’Angleterre. La Coupe d’Europe des clubs champions peut renaître, dans un premier temps, sans les clubs dont elle a fait la gloire et la richesse.

 

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