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Toni Turek

 

Überfan des footballs d’Allemagne et d’Autriche, passés et présents. Taulier de la Ventre Mou's League.


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Allemagne, année 2014

Ça y est, la bande à Jogi Löw a enfin atteint la première place d’un podium. Le Mondial brésilien terminé, c’est l’heure d’une revue d'effectif de ces vingt-trois Allemands qui ont offert à leur pays sa quatrième étoile. 

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L’équipe-type de l’Allemagne au Mondial


Pour la phase de poules et les huitièmes


Remplaçants :
Weidenfeller (g), Mustafi, Schweinsteiger ou Khedira, Kramer, Podolski, Schürrle, Klose.

 

 

À partir des quarts

 


Remplaçants :
Weidenfeller (g), Mertesacker, Kramer, Draxler, Götze, Schürrle.
 


Lire aussi le bilan de l'Allemagne 2010, et son équipe-type si proche de celle aujourd'hui sacrée... 

 

 

Les trois gardiens (pour une place)

Manuel Neuer – 690' en 7 matches (7 tit.)
Roman Weidenfeller – 0' jouée
Ron-Robert Zieler – 0' jouée
 

Le gardien du Bayern n’était cette fois pas titulaire à cause d’un concours de circonstances comme en 2010, mais bien grâce à ses performances en club. Neuer a profité de sa deuxième Coupe du monde pour franchir le cap des cinquante sélections et montrer toute l’étendue de son talent. Avec ses mains: tant avec les longues relances qu’avec les arrêts qu’il a pu effectuer, notamment contre la France et le Brésil, dont il a écœuré longtemps les attaquants. Au pied aussi: avec un comportement de libéro contre l’Algérie – 19 ballons touchés hors de la surface! – qui en a fait jaser certains (n’est-ce pas Oliver Kahn). L’ultime rempart allemand a été un précieux atout lors des rencontres à élimination directe, et a logiquement remporté le trophée du "Gant d’Or" de ce Mondial. Mais si à son poste, Neuer est une certitude, derrière lui la hiérarchie peut vite évoluer: à 34 ans en août, Weidenfeller va-t-il garder son statut de numéro 2 face aux plus jeunes et ambitieux Zieler et ter Stegen?

 

 

 


Les neuf défenseurs (pour quatre places)

Kevin Großkreutz – 0' jouée
Matthias Ginter – 0' jouée
Benedikt Höwedes – 690' en 7 matches (7 tit.) – 1 passe décisive – 2 cartons jaunes
Mats Hummels – 508' en 6 matches (6 tit.) – 2 buts
Erik Durm – 0 minute jouée
Philipp Lahm [C] – 690' en 7 matches (7 tit.) – 2 passes décisives – 1 carton jaune
Per Mertesacker – 436' en 6 matches (4 tit.)
Jerome Boateng – 645' en 7 matches (7 tit.)
Shkodran Mustafi – 132' en 3 matches (1 tit.)
 

Il a joué à gauche en 2006, à droite en 2010; mais pour 2014, c’est au milieu que Lahm a démarré le tournoi – comme au Bayern de Guardiola. En se privant de son capitaine en défense, Löw a fait le choix, osé, de démarrer le tournoi avec une ligne arrière de quatre défenseurs centraux. Pour un résultat… mitigé.
 

Dans le couloir gauche, plutôt que d’aligner l’inexpérimenté latéral de métier Durm, Löw a misé sur Höwedes. Le défenseur de Schalke s’est surtout concentré sur ses tâches défensives: comme lui-même le dit, il n’est pas un Roberto Carlos qui va effectuer de grandes et fréquentes montées. Pour le flanc droit, Löw a laissé Großkreutz sur le banc et vite tenté le pari Mustafi en lieu et place de Boateng. Si à gauche le bilan a été, disons, passable, à droite il a été mauvais, et le repositionnement de Lahm à son poste de prédilection, qui a alimenté bien des unes outre-Rhin durant le tournoi, s’est finalement imposé à Löw à partir des quarts face aux grosses pointures.
 

Dans l’axe, Mertesacker et Hummels ont joué ensemble les trois matches de poule, avant que le Borussian ne passe son tour en huitième sur blessure, remplacé par un Boateng qui avait commencé le tournoi dans le couloir droit, quatre ans après avoir joué le Mondial sud-africain à gauche. À compter des quarts, Mertesacker, qui n’a pas pourtant démérité, a fait les frais du retour de Hummels et du replacement de Lahm.
 

Globalement, la défense a fait son boulot, même si elle a connu un quart d’heure difficile en seconde période contre le Ghana et souffert le martyre devant l’Argentine. Mais Boateng a assuré quand Hummels a faibli, et un buteur providentiel s’est révélé avec Hummels. Le gros point d’interrogation pour le futur concerne principalement les latéraux. Surtout à gauche: si en 2010 Badstuber, Boateng, Jansen et Aogo s’étaient succédé sans convaincre, 2014 aura vu Löw miser sur la stabilité avec le choix continu d’Höwedes. Mais ce faisant, l’animation offensive dans ce couloir a été sacrifiée. La recherche du latéral gauche idéal pour prendre la relève de Lahm se poursuit...

 

 

 


Les dix milieux (pour cinq places… et une sixième en attaque)

Sami Khedira – 375' en 5 matches (4 tit.) – 1 but – 1 passe décisive – 1 carton jaune
Bastian Schweinsteiger – 506' en 6 matches (5 tit.) – 2 cartons jaunes
Mesut Özil – 654' en 7 matches (7 tit.) – 1 but – 1 passe décisive
André Schürrle – 244' en 6 matches (0 tit.) – 3 buts – 3 passes décisives
Lukas Podolski – 53' en 2 matches (1 tit.)
Thomas Müller – 682' en 7 matches (7 tit.) – 5 buts – 3 passes décisives
Julian Draxler – 14' en 1 match (0 tit.)
Toni Kroos – 690' en 7 matches (7 tit.) – 2 buts – 4 passes décisives
Mario Götze – 257' en 6 matches (3 tit.) – 2 buts
Christoph Kramer – 43' en 3 matches (1 tit.)
 

Schweinsteiger et Khedira n’étaient pas au top pour le début du tournoi, mais ils sont montés en puissance, et une fois les pépins physiques surmontés, tous deux ont pu être titularisés simultanément en quarts et demi-finale, quand Löw a réorganisé son équipe, stabilisant ainsi le milieu. Pour autant, malgré une finale en demi-teinte, le patron de cette zone est Kroos: le mésestimé meneur de jeu du Bayern et spécialiste ès coups de pieds arrêtés, déjà entr’aperçu en Afrique du Sud, a pris de l’importance, et est devenu pour Löw un atout majeur au milieu. Passeur-buteur face au Brésil, l’auteur du doublé le plus rapide a montré, si besoin était, qu’il sait opérer dans un registre défensif comme offensif, et a ainsi aiguisé l’intérêt de quelques recruteurs.
 

Sur les côtés, les titulaires ont un peu déçu. D’abord à droite, puis à gauche, Özil n’a pas su rééditer ses belles performances de 2010: des mauvaises passes, des occasions ratées, pas toujours dans le bon rythme... On l’a connu plus appliqué et plus décisif. Pour son coéquipier à Arsenal Podolski, 2014 aura été très éloigné de 2006 et 2010, où il avait été un cadre indiscutable: trahi par sa forme physique, il a pu jouer à peine plus d’une mi-temps. Le Bavarois Götze s’est éteint au sortir de la phase de poules, et aurait probablement raté l’occasion de sa vie de se rendre indispensable s’il n’était pas devenu le buteur-héros de la finale. Enfin, après quatre matches à la pointe de l’attaque, durant lesquels il a mis à mal Portugal et USA, Müller a remplacé Özil à droite, et dans l’ensemble le top-buteur allemand au Brésil a joliment confirmé les grands espoirs suscités en 2010, même s’il n’a fini "que" deuxième meilleur buteur du tournoi.
 

Chez les remplaçants, un nom ressort: celui de Schürrle, assurément la bonne surprise du Nationalelf: Dans son rôle d’ailier/attaquant-joker, le joueur de Chelsea a su profiter de son maigre temps de jeu pour marquer, faire marquer et se faire remarquer, faisant là mieux qu’un Gomez dans le même rôle quatre ans plus tôt – Schürrle n’aura pas volé son numéro 9. Kramer, l’appelé de toute dernière minute qui n’était pas même sur la liste initiale élargie, a bénéficié du forfait tardif de Khedira pour vivre en finale sa première titularisation en Coupe du monde, mais il n’en aura pas profité, sorti sur KO après seulement une demi-heure. Moins gâté, Draxler n’a eu droit qu’à un petit quart d’heure peu significatif lors du festival contre le Brésil.

 

 

 

 


L’attaquant (pour une place… quand elle n’était pas déjà prise)

Miroslav Klose – 281' en 5 matches (3 tit.) – 2 buts
 

On avait pensé que 2010 serait son dernier Mondial, mais il a su durer: Klose, premier Allemand à quatre demi-finales de Mondial, est évidemment entré dans l’Histoire de la Coupe du monde avec ses buts n°15 et 16, et un titre collectif en sélection à son palmarès. Il a pour cela bénéficié notamment du forfait de Gomez, du replacement à droite de Müller, et de la confiance de Löw, qui s’est tôt traduite par les non-sélections de quelques possibles concurrents. Certains le maudiront pour avoir effacé des tablettes le Brésilien Ronaldo, dont il n’a sans doute pas le dixième du talent, mais sa régularité et sa longévité au très haut niveau sont logiquement récompensées.
 


Bilan chiffré du 4-5-1 germanique

• 6 victoires (dont deux en prolongations, contre l’Algérie et l’Argentine) et 1 nul en 7 rencontres.
• 18 buts marqués pour 4 encaissés.
• 1 penalty inscrit pour 1 obtenu.
• 6 cartons jaunes reçus.
• 1 triplé pour Müller, 1 doublé pour Kroos et Schürrle.

 

 


Les joueurs

Les joueurs qu’on reverra (peut-être?) en Russie
En s’amusant à positionner Podolski en arrière gauche, on a le onze suivant [Neuer – Lahm, Mertesacker, Boateng, Podolski – Khedira, Schweinsteiger – Müller, Kroos, Özil – Klose] qui a la particularité d’avoir déjà été du voyage en Afrique du Sud. Si jamais le sélectionneur en poste en 2018 décide de ne pas garder les trentenaires (en 2010, ils n’étaient que 2!), seuls les quatre noms soulignés seraient dans la liste des 23 en Russie… Mais avec un rajeunissement limité, on pourrait en retrouver jusqu’à dix: le plus âgé à part Klose serait en effet Lahm, à 34 ans et demi.
 

Schürrle et à un degré moindre Höwedes et Götze devraient bénéficier de leur tournoi. Mais sauront-ils devenir titulaires en sélection à leur poste de prédilection? Qui sait… Concernant les jeunes joueurs peu voire pas utilisés (Durm, Ginter, Draxler, Kramer), leur avenir d’international dépendra du renouvellement opéré, sachant que d’autres ont été cités dans la liste élargie pour prendre date (Goreztka, Hahn, Meyer, Volland) et que quelques absents vont ou voudront revenir (Badstuber, L. Bender, S. Bender, Gomez, Gündogan, Sam, Schmelzer, ter Stegen...). D’ici 2018, la concurrence devrait être intense. Le travail du sélectionneur aussi.

 

Les joueurs qu’on ne reverra (sans doute) pas
Si Klose n’a pas annoncé sa retraite internationale (eh, après tout, il n’aurait "que" 38 ans pour l’Euro en France!), il paraît exclu – cette fois pour de bon – de le voir encore en sélection à 40 ans. Non?
Moins âgés mais respectivement non retenu et laissé sur le banc, Kießling et Großkreutz devront eux miser sans doute sur un changement de sélectionneur pour croire en une amélioration de leur statut d’ici le Mondial russe – s’ils y croient encore.

 

Le joueur dont on se demande quel poste il occupera
Latéral gauche en 2006, latéral droit en 2010, milieu défensif en 2014: encore un petit effort, et Lahm va se découvrir d’ici 2018 un talent d’animateur de jeu... ou même d’avant-centre!

 

Le poste dont on se demande quel joueur l’occupera
Latéral gauche: ces derniers temps, on a eu le droit à de l’ailier gauche, du latéral droit, et du défenseur central. A quand un gardien ou un avant-centre à ce poste?

 

Le sélectionneur qu’on aimerait voir ne pas s’arrêter
Joachim Löw. Troisième en 2006 (il était l’assistant de Klinsmann), deuxième en 2008, troisième en 2010, troisième en 2012, champion en 2014… Pourquoi stopper la moisson de médailles?

 

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