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Satta Massagana

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À tort l'arbitre

CAN 2002 : le Mali ou les défis d'une organisation inédite

En attendant l'organisation d'une coupe du monde en terre africaine en 2010, il est permis de se demander comment une Coupe d'Afrique des nations s'organise aujourd'hui. Financement, stades, médias, sécurité, politique… Comment le Mali s'y est-il pris?
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Le Mali est l’un des pays les plus pauvres d’Afrique et son football, malgré quelques épisodes glorieux (notamment la finale de la CAN 1972 sous la férule de l’Allemand Karl Weigang), ne figure pas parmi les forces établies du continent. L’organisation de ce qui s’annonce être la plus intéressante des Coupes d’Afrique des Nations, est donc un véritable défi pour ce pays, que d’aucuns voyaient échouer. Il est vrai qu’au premier janvier, seules les villes de Bamako et Sissako étaient prêtes.
Pour la première fois, cette compétition sera disputée dans cinq villes différentes : Bamako (deux stades) Sissako, Segou, Mopti et Kayes. Grâce à des aides de la Confédération africaine de football, de la FIFA et de la France, et surtout à des investissements sans précédent de l’Etat malien, des stades neufs et des centres d’entraînement aux normes internationales ont été construits pour la compétition. Le complexe de Sissako par exemple, aura coûté au pays près de six millions d’euros.
Plus utiles pour le pays, les infrastructures de transports (aéroports, routes) auront également bénéficié de rénovations importantes. La France a aussi financé à hauteur de 1.21 millions d’euros la mise en place de services d’urgence dans les hôpitaux des cinq villes concernées.

Jamais non plus, une CAN n’aura été autant médiatisée. Or, la situation de l’Office de la radiodiffusion télévision du Mali (l’ORTM) ne permettait pas de réaliser une couverture télévisée complète, à la hauteur des attentes africaines. L’ancienne métropole a donc accordé une enveloppe de 2.9 millions d’euros consacrée à l’équipement de l’ORTM. Mais il a fallu attendre le 10 janvier pour que l’accord soit enfin signé avec l’ambassadeur de France.
Les préparatifs pour accueillir les équipes, les supporteurs et les journalistes du continent africain, ont connu quelques retards. Les capacités hôtelières du pays étant pour le moins limitées, les autorités ont choisi une alternative originale : faire accueillir les représentants de chaque pays participant par une ou plusieurs communes du pays prenant ces invités à leur charge, au nom du principe ancestral de l’hospitalité, le Diatiguiya. Les Maliens sont incités à supporter une autre équipe au même titre que les Aigles maliens.

Sécurité et politique
Suite aux drames de l’an passé au Ghana (National Stadium) et en Afrique du Sud (Ellis Park Stadium), la sécurité est également un des points clés de l’organisation de la CAN 2002. Les autorités maliennes ont mobilisé les forces de l’ordre du pays, notamment les jeunes recrues de l’école de gendarmerie, et les organisateurs misent sur la formation de centaines de jeunes stadiers pour prévenir les risques, et limiter la présence policière dans les stades à l’origine du drame ghanéen. Les nouveaux stades ont également été conçus de manière à permettre une évacuation rapide des spectateurs et d’éviter une bousculade meurtrière.
Par ailleurs, le président Konaré a décrété la fermeture des lycées et universités durant la période de la compétition, redoutant que ces foyers de contestation ne profitent de cette tribune pour reprendre les revendications d’une opposition muselée, qui boycotte depuis quelques années des élections contestables. Pour l’homme fort du Mali, la CAN 2002 est aussi une aubaine pour asseoir une autorité dont la légitimité n’est pas acquise par les urnes. Un succès de l’organisation, ainsi que les investissements injectés dans l’économie locale à cette occasion, permettrait à Konaré de compenser une crise économique rampante depuis la fermeture des frontières françaises et ivoiriennes aux travailleurs malien, et surtout de masquer une conception autocratique du pouvoir. Il n’y a donc pas qu’au Stade de France que l’on peut assister à la récupération politique d’un événement sportif fédérateur.

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La Coupe du monde 2002


2010-06-11

10 raisons de ne pas gagner la Coupe du monde

Soyons lucides: il va falloir se préparer à cette éventualité. Alors autant voir déjà le bon côté de la chose.


Etienne Melvec
2002-10-21

Une inquiétante Coupe du monde

Le volet technique et tactique du rapport de la FIFA produit beaucoup de banalités, dont émergent pourtant des indices très significatifs de l'évolution du jeu: sens des buts, tendances tactiques, évolutions des rôles.... Et à l'arrivée, difficile de nier que la qualité du jeu a été très décevante.


Julie Grémillon
2002-10-21

L'organisation était presque parfaite

La FIFA a publié son rapport sur le Mondial 2002, sécuritaire et parfaitement organisé, complète réussite pour les pays hôtes et les acteurs économiques. Le tableau presque idyllique d'un sport sans dopage, qui ravit les sponsors, mais dans lequel les journalistes sèchent les matches et les joueurs sont en pièces détachées…


>> tous les épisodes du thème "La Coupe du monde 2002"

Les brèves

Je crois que bon bon

"Laurent Blanc à Lyon, ça ne colle pas pour deux raisons" (foot01.com)

Aucun

"Euro U17 : qui sont les joueurs majeurs de l'équipe de France ?"

Autobiographie

"Ribéry : Des débuts fracassants." (lequipe.fr)

Ô Pep !

"Un pays africain rêve de Bruno Genesio !" (dailymercato.com)

Ruuuuuuuuuuuuuuuuuuud van Nistelrooy

"PSV Eindhoven : Ruud van Nistelrooy prolonge sur le banc des U19." (lequipe.fr)