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Toni Turek

 

Überfan des footballs d’Allemagne et d’Autriche, passés et présents. Taulier de la Ventre Mou's League.


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Bundesliga : dix enjeux pour une saison

C’est la trêve estivale, le moment où se prépare le prochain exercice en repensant à celui écoulé. Pour le championnat d’outre-Rhin, la saison 2015/16 sera à nouveau pleine d'incertitudes, et ce à tous les étages. Tour d'horizon en acrostiche.

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Borussia

Le Suisse Lucien Favre réussit au Borussia Mönchengladbach: le plus ancien entraîneur de Bundesliga à son poste (il y est arrivé en février 2011) a mené son équipe sur podium en 2015, et ce avec dix-sept points d’avance sur un cinquième rang qui aurait conduit à la moins prestigieuse Europa League. Le club nord-rhénan, qui n'avait pas connu le top 3 depuis 1987, et qui, sur les vingt dernières années, a dû s’habituer à la seconde moitié de tableau et connu deux relégations, a été magistralement relancé dernièrement. Favre a su s’appuyer sur des jeunes talents comme Reus, ter Stegen et Kramer, et des piliers étrangers présents dans la durée tels le latéral belge Daems et le défenseur autrichien Stranzl. Gladbach n’est pas le club le plus riche, mais avec les renforts du Belge Thorgan Hazard et du Suisse Drmic, il va vouloir candidater de nouveau à l’Europe. De là à rêver d’un titre qui le fuit depuis 1977…

 

Unmöglich

Impossible est-il bavarois? Il n’a pas réalisé le triplé championnat-Coupe-C1 comme en 2013 mais le Bayern, à nouveau titré en championnat en 2015, s’est placé pour devenir en 2016 le premier club à être sacré quatre fois de suite en Bundesliga. Après les échecs de 1975 (premier titre pour Gladbach d’une série de trois), 1988 (Brême champion) et 2002 (Dortmund sacré), cette quatrième tentative sera-t-elle la bonne? C’est en tout cas une occasion de marquer l’histoire du club et de la Bundesliga pour certains joueurs qui frôlent ou dépassent la trentaine – Neuer, Lahm, Robbéry – et qui n’auront pas d’autre opportunité pour réaliser pareille série.

 

 

 

 

Niemandsland

Pour la quatrième fois de suite, le Werder Brême finit dans le ventre mou allemand. Le départ hâté de Thomas Schaaf en 2013 n’a rien changé: le club nordiste n’a pas aligné trois victoires d’affilée en 2013/14 avec Dutt sur le banc, et s’il a gagné cinq fois consécutivement cet hiver peu après l’arrivée de Skripnik, ce qui lui a fait doubler son total de points et gagner dix places, il a raté l’occasion de se qualifier pour l’Europa League. Moyen au Weserstadion, médiocre en déplacement, le Werder n’arrive décidément pas à stabiliser sa défense, qui reste l’une des plus poreuses de Bundesliga, avec régulièrement une soixantaine de buts concédés. Problème: l’attaque ne suit plus. D’autant que le Werder a transféré cet été pour 8 millions son deuxième meilleur buteur, l’espoir de vingt ans Davie Selke – neuf buts pour sa première année pro complète. Qui aura la solution pour sortir Brême du ventre mou?

 

DFB-Team

L’équipe nationale d’Allemagne a remporté la Coupe du monde en 2014. Des vingt-trois champions, cinq – dont quatre jouent à Dortmund – n’ont pas joué la moindre minute au Brésil. Qu’ont-ils fait en 2014/15? Dans les buts, Weidenfeller n’a pas foulé la pelouse environ un tiers de saison: sur choix de Klopp en décembre, et parce que blessé en avril/mai, il a été suppléé par l’Australien Langerak. Sa cinquième sélection, à Gibraltar en juin, devrait être sa dernière. Retourné aux U21 en 2015, Ginter a été titularisé neuf fois, tantôt en défense, tantôt au milieu, pour dix-sept journées sur le banc sans jouer – pas le même statut qu’à Fribourg. Großkreutz a joué avec l’Allemagne en amical contre l’Argentine, mais pas en éliminatoires, et il a raté sur blessure la seconde moitié de la saison. Durm a pu être titulaire tant en club qu’en sélection jusqu’à l’hiver, où divers pépins de santé l’ont empêché de jouer. Revenu mi-avril, le latéral gauche a fini sa saison côté droit. Le moins poissard aura été le gardien Zieler, mais s’il a été titulaire toute la saison, il a connu avec Hanovre six mois sans la moindre victoire. Pas toujours facile, la vie d’un champion du monde!

 

Enttäuschung

Déception: pour ceux qui attendaient un cinquième podium d’affilée ou/et un dernier carré européen, c’est une des impressions laissées par le Borussia Dortmund 2014/15. Relégable à la trêve avec quinze points au compteur, le club de la Ruhr a complètement raté sa phase aller. Il est vrai que les absences, prolongées parfois, de plusieurs cadres (Hummels, Papastathopoulos, Schmelzer, Gündogan, Mkhitaryan, Blaszczykowski, Sahin, Reus) n’ont pas aidé. Heureusement, le BVB s’est repris en février, pour terminer septième et qualifié pour l’Europa League in extremis – un vrai miracle! Cependant, le BVB n’a pas salué d’un ultime trophée son emblématique entraîneur Klopp, qui avait annoncé en avril son départ – en fait pour prendre une année sabbatique. La saison s’est finie sur une ultime déception, avec ce 1-3 contre Wolfsbourg en finale de la Coupe d’Allemagne, qui par ailleurs a marqué la fin de la carrière de Kehl, le plus fidélissime des joueurs en activité – au BVB depuis 2002. Gageons que ces déceptions seront vite effacées par les bons souvenirs d’un glorieux Borussia ressuscité, qui a été plus qu’un caillou dans les chaussures des joueurs du Bayern! En sera-t-il seulement de même avec Tuchel?

 

 

 

 

Sterne

En Allemagne, les étoiles arborées sur un maillot indiquent le nombre minimal de titres nationaux remportés par un club depuis 1963, année de création de la Bundesliga moderne. Mais ces étoiles ont un sens particulier outre-Rhin. Il suffit de trois titres pour en glaner une (Brême, Hambourg, Stuttgart), de cinq titres pour en obtenir deux (Dortmund, Mönchengladbach), et de dix titres pour en mériter trois. Le maximum est de quatre étoiles, quand un club atteint la marque de vingt sacres. La question d’une cinquième étoile a été posée en 2015, pour marquer l’obtention d’un vingt-cinquième titre des Munichois en championnat. Or, ce total inclut le titre bavarois de 1932, et en outre le règlement de la Ligue allemande n’envisage pas pareil cas. Sauf évolution des textes, seul le maillot du Nationalelf peut prétendre, un jour, à une cinquième étoile.

 

Leipzig

Quand Hoffenheim, le club soutenu par le milliardaire Hopp, est arrivé dans l’élite en 2008, haine et jalousie des fans (et dirigeants!) adverses se sont trouvés une cible idéale. Club sans passé et sans supporters, pourri par le fric, qui recrute des mercenaires inconnus, que n’a-t-on entendu! Depuis lors, Hoffenheim n’est pourtant pas descendu, et il s’est fait sa place – de quoi faire taire la plupart des critiques. En 2015/16, le RasenBallsport Leipzig ne sera pas en Bundesliga, mais nul doute que ce club de la Saxe va tout faire pour y arriver. Le RB Leipzig est en fait un club de la banlieue de la ville, le SSV Markranstädt, qui s’est laissé persuader par Red Bull – l’entreprise des boissons énergisantes du milliardaire autrichien Mateschitz – de se faire relifter. Nouveau nom, nouveau maillot, nouvelles ambitions: le RB Leipzig est passé du niveau amateur à la 2. Liga, et veut absolument rejoindre l’élite cette année. Un rêve qui devrait devenir réalité avec Rangnick aux commandes: il connaît parfaitement la galaxie Red Bull – il est le directeur sportif des RB Salzbourg et Leipzig depuis 2012 – et c’est lui qui, en deux ans, a fait monter Hoffenheim du troisième au premier échelon. Sur le terrain, le renfort intra-Red Bull sera en nombre, avec sept joueurs passés au RB Salzbourg, désormais considéré comme un club formateur, source de jeunes joueurs pour Leipzig. L’Allemagne est plus séduisante que l’Autriche, sportivement et économiquement, surtout dans une ex-RDA où les potentiels concurrents sont sinistrés. Si le pari réussit, nul doute que les critiques et menaces balancées à Hopp et à Hoffenheim paraîtront bien faibles par rapport à ce que Leipzig et Mateschitz prendront.

 

Ingolstadt

Après Fürth et Paderborn, Ingolstadt est le troisième promu depuis 2012 qui découvre la Bundesliga. Le FCI est le résultat de la fusion des sections foot de deux clubs de cette ville bavaroise en 2004, et depuis il n’a pas perdu son temps, passant de la Bayernliga à l’élite en à peine une décennie – malgré une descente en 2009. Le club entraîné depuis octobre 2013 par l’Autrichien Hasenhüttl ne compte pas de stars dans son effectif, mais il dispose de quelques internationaux. A suivre: l’Autrichien Özcan dans les buts; le latéral droit Engel, formé en Allemagne mais qui joue pour l’équipe nationale de sa région natale, le Kazakhstan (qui pourrait aussi aligner le milieu Espoir Bauer); le défenseur camerounais Matip, un des vétérans de l’effectif dont il est capitaine; l’ailier australien Leckie, passé au FSV Francfort. Côté transferts, le FCI a fait venir cet été Kachunga, le meilleur buteur du promu aussitôt relégué Paderborn (six buts), ainsi que Suttner, capitaine et latéral gauche de l’Austria Vienne. Ingolstadt aura une touche française, avec l’arrivée du défenseur central Brégerie, ex-Dresde et Darmstadt. Cela sera-t-il suffisant? Depuis 2011, au moins un des promus a fait systématiquement l’ascenseur.

 

 

 

 

Geld

L’argent, il en faut pour les transferts. Mais comparée aux autres grands championnats, l’Allemagne est en retrait jusque-là: seuls six joueurs ont coûté trente millions d’euros ou plus, cinq au Bayern (Costa cet été, et avant lui Götze, Martínez, Neuer, Gomez) et Schürrle à Wolfsbourg, pour deux qui ont rapporté trente millions au moins (Džeko & Kroos). Cette année voit un nouveau record en Bundesliga: le départ à Liverpool du Brésilien Roberto Firmino vaut 41 millions à son club de Hoffenheim, plus que les 37 rapportés à Hoffenheim par le départ en 2010 du duo brésilien Carlos Eduardo/Luiz Gustavo. Exception ou début d’une période d’inflation?

 

Aus (und vorbei)

À peine commencé, déjà terminé, le passage du SC Paderborn dans l'élite allemande. Le club nord-rhénan aux couleurs bleue et noire est devenu la huitième équipe à n'être restée qu'un an en Bundesliga, rejoignant ainsi le Greuther Fürth (descendu en 2013), le SSV Ulm 46 (2000), le VfB Leipzig (1994), le Blau Weiss 90 Berlin (1987), le Fortuna Köln (1974), la Tasmania 1900 Berlin (1966) et le Preußen Münster (1964) au tableau du déshonneur. Un résultat logique: dur de se sauver avec la pire défense et une moyenne de buts marqués inférieure à 1,0. La lanterne rouge 2015 peut pourtant avoir des regrets. Regrets de ne pas avoir su obtenir une place de barragiste accessible, d’avoir pris si peu de points à domicile (18 en 17 matches), d’avoir mal géré la phase retour (deux buts et quatre points en huit journées sur février-mars) alors que le club était dixième à Noël. Il restera quand même de bons souvenirs pour Paderborn qui jouait encore en troisième division voici dix ans, comme cette improbable place de leader, le 20 septembre dernier!

 

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