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Steven Rousseau

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Ode à l'eau fraîche

Brest in Peace

Le Stade brestois se déplace ce week-end à Gerland, l'occasion de rappeler comment ce club un peu bancal a retrouvé l'élite.
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stadebrestois_1.jpgOn osait encore en parler, mais on ne l'espérait plus vraiment. Depuis 1991 et la liquidation du FC Brest-Armorique, le lent retour du Stade Brestois 29 vers les sommets tenait plus de la remontée mécanique avec Jean Claude Duss que de la course de côte.


Sir Alex Dupont
De derbys dépeuplés contre Pontivy en résultats de matches entérinés par les tribunaux, de recrues au rendement négatif en putsch contre le président, de fanfaronnades de début de saison vite éteintes en frustrations après les succès de Guingamp, d’entraineurs sans succès en professionnalisme sans structure, le club semblait condamné au mieux à la stagnation en L2 dans la souffrance. C'est l'année où on l'attendait le moins que le SB 29 a enfin pris l'ascenseur pour la L1, et avec panache qui plus est.
C'est toujours plus facile à affirmer après les succès, mais l'entraineur Alex Dupont, en poste depuis les tout derniers matches de la saison 2008/09 et vite surnommé Sir Alex, est The Special One à la mode brestoise. Entre le club, la ville et lui, le courant est vite passé. Ambitieux dans le jeu et l'effort, râleur sur le bord du terrain, il incarne ce qu'on pourrait définir avec prudence comme la philosophie de l'habitué de Francis-Le-Blé, et son équipe correspond bien à ce qu'attendaient les nombreux fans de foot du coin, entre audace et humilité. Pour leur troisième match de L1 depuis une époque où Lyon ne faisait pas le fier à l'idée de le jouer, voilà Brest aux portes de Gerland. Presque une incongruité.

stadebrestois_3.jpg


Stade kraken
Car rien n'était prêt pour l'installation du club dans l'élite. Sur le plan des infrastructures, le vieux stade inconfortable ne correspondait pas aux canons de la L1 familiale rêvée par la Ligue. Dans l'urgence d'une montée peu, voire pas anticipée, il a fallu raser l'antique tribune Pen Huel et la remplacer par une structure tubulaire tristement rebaptisée du nom d'un grand groupe financier régional. La capacité passait alors à 16.000 places, moins quelques-unes supprimées après le match contre Auxerre (1-1) pour manque de visibilité, les pylônes du nouvel éclairage venant s'empaler devant les spectateurs.
Il manque toujours une tribune pour les visiteurs, mais elle sera prête pour la venue de Lorient dans un mois. Et c'est au bout d'un dialogue de sourds que les supporteurs ont finalement gagné le droit de rester dans leurs historiques gradins de la Route de Quimper. Quant à un nouveau stade, ce n'est plus un serpent de mer, c'est carrément un kraken. La municipalité pataugeant dans la construction d'un tramway, aucun partenaire privé d'envergure n'en ayant la volonté ou les moyens, le projet du Froutven est remis aux calendes grecques à moins qu'un gisement de pétrole soit découvert en rade.


Rebuts d'effectifs
De la même manière, le centre de formation n'existe plus depuis près de vingt ans, alors qu'il aurait pu être reconstruit pendant le long temps passé en Ligue 2. Conséquence, aucun joueur de haut niveau n'est sorti des équipes de jeunes jusque l'éclosion du frêle Mathias Autret, de Saint-Thégonnec, la saison dernière. Las, les règlements interdisant la signature d'un contrat professionnel avec Brest, celui-ci partit en juin pour Lorient, provoquant l'ire de dirigeants qui ne doivent pourtant s'en prendre qu'à eux mêmes.
Concernant l'effectif, il a longtemps cumulé les joueurs médiocres ou inadaptés. Les quelques étincelles nommées Ribéry, Liabeuf ou El Jadeyaoui partaient rapidement chercher la gloire ailleurs. La défense était un vaste chantier jusque très récemment, et les deux stars de l'équipe étaient il y a encore un an le sympathique mais lent Richard Socrier et la tête de Turc des supporters, Basile De Carvalho, au rendement plus qu'incertain. C'est l'arrivée de joueurs revanchards et talentueux choisis par Dupont et Martins qui enfin donna du liant sur le terrain, un peu à la surprise générale car a priori les Grougi, Roux ou encore Brou Apanga n'avaient pas forcément des pedigrees propres à brosser l'ambition du supporter dans le sens du poil.

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La photo officielle, prise (un peu de biais) en pleine ZI sur le parking du sponsor, avec option "fourgonnette à l'arrière-plan".

Moyens limités et bonne volonté
Comme le stade, le fonctionnement du recrutement lui même semble surgi d'un autre temps, témoin l'accord verbal entre le président Guyot et son homologue lensois Martel qu'on imagine scellé autour d'un verre, à propos d'un reversement de 50% sur un éventuel transfert de Roux. 
Les succès du Stade Brestois tiennent plus de l'entente entre Michel Guyot, qui ne devrait pas tarder à se révéler dans la Gazette des Cahiers, le directeur sportif Corentin Martins et Alex Dupont. Si les finances sont saines, elles ne permettent pas la moindre fantaisie, et garder Nolan Roux à l'intersaison a sûrement nécessité un effort.
Cet équilibre entre hommes et moyens limités est fragile, et tient pour beaucoup à la rapidité d'adaptation du club et de l'équipe à leur nouvel environnement. On l'a vu contre Toulouse (0-2), la bonne volonté ne suffit pas à gagner des matches. Mais elle promet en tous cas qu'on ne s'ennuiera pas cette saison Route de Quimper.
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