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Jérôme Latta

 

Chef d'espadrilles.


Du même auteur

Morale du coup de boule

Une Balle dans le pied – Le coup de tête de Brandao a réuni, un bref instant, le provoqué et le provocateur, mais c'est bien le premier qui sera seul sanctionné. Si la faute de l'un est plus grave, l'impunité de l'autre doit-elle être remise en cause? 

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(...)
Du burlesque, il y en eut une part dans le coup de tête que le néo-Bastiais a assené à Thiago Motta dans les couloirs du Parc des Princes, du moins dans la fuite qui l'a suivi et qui a paru en accéléré sur les images de la caméra de vidéosurveillance, comme dans les poursuites des films comiques de l'époque du muet. Quant au geste lui-même, difficile de trouver drôle une agression physique ayant entraîné une blessure, surtout si, de surcroît, les images pèsent en faveur de la préméditation, l'agresseur ayant attendu sa future victime.
 

L'incident a inévitablement réveillé un vieux débat sur les responsabilités en pareil cas: le "pétage de plomb" survient généralement en conclusion d'une succession de ce que l'on peut appeler des provocations, insultes verbales ou coups assenés plus ou moins en douce (ce dont Thiago Motta est accusé d'être un spécialiste). L'opposition entre le provocateur et le passeur à l'acte est un schéma canonique de la morale du football et de ses règles. La jurisprudence est bien établie: celui qui cède aux provocations sur le terrain est presque toujours sanctionné, au contraire de (ou plus lourdement que) leur auteur. Les réactions impulsives, y compris des semblants de coups, déclenchent majoritairement l'expulsion. Parmi d'innombrables exemples, prenons ceux fournis par la Coupe du monde 1998 avec le piétinement d'un joueur saoudien par un Zinédine Zidane excédé et la manchette assenée à Slaven Bilic par Laurent Blanc contre la Croatie.


SUR UN COUP DE TÊTE


Garder ses nerfs est donc une obligation de fait, quelles que soient les responsabilités (et l'impunité) des pousseurs au crime, et les joueurs en sont bien conscients. La différence de gravité entre ces deux comportements se justifie d'ailleurs assez aisément. D'une part, si l'on admet dans le feu de l'action une dose de brutalité et de vice, que l'arbitre doit réguler, un coup "en réaction", lui, ne fait en quelque sorte plus partie du jeu. D'autre part, une attaque comme celle de Brandao franchit la limite à la fois éthique et pénale entre agression verbale et agression physique: la loi comme la morale interdisent de répondre à l'une par l'autre. (...)

 


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Les règles et l'arbitrage


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Jérôme Latta
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