auteur
Richard Coudrais

 

Pionnier du foot sur le Web avec Kick'n'Rush, historien pour les Cahiers et Footichiste pour son compte.


Du même auteur

> article précédent

Les fantômes de Cathkin Park

Bouba Diop 2002, coup de tonnerre à Séoul

Un jour, un but – Le 31 mai 2002, le Sénégalais Papa Bouba Diop fait tomber la foudre et l'équipe de France en marquant le premier but de la Coupe du monde 2002 face aux champions du monde. 

Partager

 

Au milieu du terrain, Youri Djorkaeff perd le ballon. El Hadji Diouf, lancé sur le côté gauche, se joue du tacle de Franck Lebœuf. Près de la ligne des six mètres, il centre pour Papa Bouba Diop devant la cage, embusqué au milieu de plusieurs défenseurs français arrivés à la rescousse.

 

Le ballon passe sous le nez de Marcel Desailly. Emmanuel Petit intervient devant Bouba Diop pour dégager en corner, mais la trajectoire de son tir trouve Fabien Barthez, qui avait anticipé le centre. Du pied gauche, les fesses dans l’herbe, le milieu de terrain sénégalais pousse le ballon dans la cage.

 

 

 

 

Comme le match du siècle

Nous sommes à la demi-heure de jeu du match France-Sénégal, rencontre d’ouverture de la Coupe du monde 2002, et un coup de tonnerre vient de résonner dans le World Cup Stadium de Séoul. Le Sénégal a ouvert le score contre la France, championne du monde en titre et grande favorite à sa propre succession.

 

Un but assez curieux, pas très beau, mais qu’importe l’esthétique dans un tel contexte. Il rappelle inévitablement celui de François Omam-Biyik qui avait donné la victoire au Cameroun face à l’Argentine de Maradona en match d’ouverture du Mondiale 1990 à Milan.

 

Les joueurs de l’équipe de France commencent à se demander s’ils ne sont pas poursuivis par la poisse. Dix minutes plus tôt, un tir de Trezeguet a été repoussé par le poteau. Surtout, le collectif des champions du monde semble un peu grippé.

 

 

 

 

L’absence de Zinédine Zidane pèse plus lourd que prévu. Le meilleur joueur du monde, blessé quelques jours plus tôt lors d'un ultime match amical, n’a pu être aligné. Roger Lemerre n’a pas voulu modifier son système et s’est contenté de positionner Youri Djorkaeff en lieu et place du grand absent.

 

De leur côté, les Sénégalais avaient préparé la rencontre comme le match du siècle. Tous évoluent dans des clubs du championnat de France, Papa Bouba Diop ayant rejoint le RC Lens six mois plus tôt. Même leur entraîneur est un Français, Bruno Metsu, ancien joueur de Valenciennes, de Lille et de Nice.

 

Pour leur première participation à une phase finale, les Lions de la Teranga ne pouvaient imaginer plus bel adversaire que le champion du monde en titre.

 


Une épopée sénégalaise

La rencontre se poursuit, que les Bleus dominent sans inquiéter outre mesure un bloc sénégalais très concentré. Celui-ci parvient en outre à se créer quelques occasions comme ce tir de Khalilou Fadiga qui percute la barre transversale de Fabien Barthez. Deux minutes plus tard, c’est Thierry Henry qui voit son ballon s’écraser sur le montant supérieur de Tony Sylva.

 

Les Français ne parviendront pas à marquer face au Sénégal. Ils ne marqueront d’ailleurs aucun but durant cette Coupe du monde et seront piteusement éliminés dès le premier tour. La France de 2002 rejoint le Brésil de 1966 parmi les tenants du titre éliminés dès la première phase du tournoi.

 

Pour le Sénégal, à l’instar du Cameroun de 1990, cette victoire historique augure d’un parcours inattendu qui enverra les Lions jusqu’en quart de finale de l’épreuve. Papa Bouba Diop sera lui-même un des grands animateurs de cette épopée, avec deux nouveaux buts lors du troisième match contre l'Uruguay (3-3).

 

À ?ita, les hommes de Bruno Metsu sortent la Suède sur un but en or, mais chutent ensuite à Osaka contre la Turquie, sur un but en or également.

 

Grande révélation de la compétition, Papa Bouba Diop poursuivra sa carrière au RC Lens avant de s’installer en Premier League, successivement à Fulham, Portsmouth, West Ham et Birmingham City, un parcours entrecoupé d’un passage de deux ans à l’AEK Athènes.

 

Il totalisera 68 sélections en équipe nationale. Quelques années après la fin de sa carrière, on a appris son décès à l’âge de quarante-deux ans, atteint de la maladie de Charcot. Il laisse à l'histoire son coup de Séoul comme un trait d'union entre les footballs français et sénégalais.

 

 


 

Partager

Un jour, un but


Richard Coudrais et Christophe Zemmour
2021-03-20

Waddle 1991, un instant inoubliable

Un jour, un but – Le 20 mars 1991, l’OM élimine l’AC Milan en quart de finale de la Coupe des clubs champions grâce à un but mémorable de Chris Waddle. 


Richard Coudrais
2021-03-19

Barrabé 1991, le couac de Manchester

Un jour, un but – Le 19 mars 1991, le glorieux parcours du Montpellier Hérault en Coupe des coupes se termine brutalement sur une erreur de son gardien de but. 


Richard Coudrais
2020-12-11

Touré 1985, décembre rouge

Un jour, un but – Le 11 décembre 1985 à Nantes, José Touré s’élève au-dessus d’un rideau de fer pour tromper le meilleur gardien du monde. 


>> tous les épisodes de la série "Un jour, un but"

Les brèves

Je crois que bon bon

"Laurent Blanc à Lyon, ça ne colle pas pour deux raisons" (foot01.com)

Aucun

"Euro U17 : qui sont les joueurs majeurs de l'équipe de France ?"

Autobiographie

"Ribéry : Des débuts fracassants." (lequipe.fr)

Ô Pep !

"Un pays africain rêve de Bruno Genesio !" (dailymercato.com)

Ruuuuuuuuuuuuuuuuuuud van Nistelrooy

"PSV Eindhoven : Ruud van Nistelrooy prolonge sur le banc des U19." (lequipe.fr)