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France-Islande : les gars

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Lettre ouverte à Charles Biétry

Les Bleus lèvent le volcan

Menée 2-0, l'équipe de France l'a emporté sur l'Islande en montrant plusieurs visages, sans lever les interrogations sur sa façon de jouer. La nalyseLes observationsLe match de Christian JeanpierreVu du forum

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Pour disséquer une telle rencontre, il faudrait d'abord décider en combien de morceaux on la découpe. Un deuxième match semble en effet commencer vers la 40e minute, lorsque les Islandais cessent quasiment d'avoir des occasions après avoir porté la marque à 2-0 – bien qu'ils placeront deux contres très dangereux en deuxième période (62e et 78e). Le troisième débute avec les six changements effectués entre l'heure et l'heure et quart de jeu et il est le moment du renversement du score. Au coup de sifflet final, il y en a donc pour les optimistes et les pessimistes, mais au-delà du bénéfice moral de ce résultat et de son scénario, il apparaît clairement qu'avant de trouver une cohérence à cette formation, il y a du chemin à parcourir. Et des choix à faire pour Laurent Blanc, qui ne pourra effectuer six changements en Ukraine pour forcer le destin, et qui n'a sans doute pas beaucoup avancé vers son équipe type.

 

 


La nalyse

En laissant son onze de départ sur le terrain durant une heure, le sélectionneur a en tout cas testé une formule dont on ne sait pas, premier match de préparation oblige, s'il misait vraiment sur elle. Toujours est-il qu'avec Ménez, Nasri, Gourcuff et Ben Arfa derrière Benzema, le bagage technique du milieu de terrain ne tenait pas en cabine. D'ailleurs ça lui a paru alourdir l'équipe, peu incisive vers l'avant et incapable de neutraliser les Islandais. Ce n'est donc qu'en fin de première période que les joueurs offensifs ont commencé à enchaîner, à l'image de cette action fulgurante menée par Ben Arfa, Nasri et Benzema (44e), poursuivant l'effort au retour des vestiaires: après dix minutes de possession étouffante, les Bleus réduisaient l'écart et accentuaient ensuite leur supériorité. Mais pour dénouer l'affaire, il aura fallu attendre, un peu plus tard, le blitz lancé par Ribéry, Malouda et, dans une moindre mesure, Valbuena avec Giroud pour délivrer deux magnifiques passes décisives.

 

 

Longtemps handicapée par une faible complicité au sein du quintette offensif, la formation "titulaire" a fini par convaincre lorsqu'elle a imprimé un rythme plus élevé et a été plus juste dans ses liaisons. Même si le jeu a été souvent étriqué faute d'espace, le siège de la surface islandaise a été parfaitement mené en début de deuxième mi-temps. En revanche, elle a facilement été déséquilibrée par les contres blancs, trahissant un replacement très aléatoire et une grande vulnérabilité à la vitesse. Dans son classique 4-3-3 / 4-2-3-1 avec le trio Cabaye-Nasri-Gourcuff disposé en "triangle de Sarajevo" dans l'axe, l'équipe de France n'a pas trouvé son équilibre contre cette opposition tout de même modeste. Mais compte tenu de la qualité individuelle qui s'est exprimée, même sporadiquement, ce n'est peut-être qu'une question de réglages.

 

L'équipe 2 n'a pas forcément offert de meilleures garanties défensives, mais elle a fait beaucoup plus mal. Non seulement Malouda et Ribéry sont allés percuter à gauche et les centres vers Giroud ont rendu le danger bien plus concret, mais les attaques ont présenté plus de variété – à un moment où les visiteurs souffraient certes de leur usure et ne pouvaient plus compter sur Sigthorsson, sorti à la mi-temps. De l'un à l'autre onze, il n'y a cependant pas eu de changement fondamental du dispositif ou des principes de jeu, simplement une exécution plus directe et une différence majeure: l'impact de l'avant-centre. Si Benzema s'est procuré des occasions dangereuses, Giroud a été décisif et surtout plus utile à ses partenaires, contribuant à une meilleure cohérence de l'ensemble. Le paradoxe est que dans ce système à une pointe, le Montpelliérain pourrait bien être plus efficace que le Madrilène...

 

 


Encore confuse dans son expression, l'équipe de France a au moins montré qu'elle disposait de nombreuses ressources, la difficulté restant de les utiliser ensemble et pour le mieux. Les incertitudes sur le dispositif et le choix des joueurs favorisent certainement la concurrence et le niveau de motivation individuel, qui n'a fait de doute pour aucun joueur. Enfin, la bonne nouvelle de la soirée pourrait être le but de Ribéry après une entrée tonitruante mais maladroite: un retour de confiance sous le maillot bleu referait de lui un atout majeur. Pour un second couteau de l'Euro qui s'avance, c'était finalement un bon match.

 

"France-Islande : les gars" + le focus des erreurs défensives

 

 

 

Les observations en vrac

La ville des Ulis annonce que la portion de l'A10 traversant son territoire sera rebaptisée boulevard Patrice Évra.

 

Après Évra qui parle à la troisième personne, Évra qui joue à la troisième personne, Évra attendant que Patrice Évra intervienne défensivement sur une action.

 

C'est là qu'on se dit que Pascal Chimbonda aurait pu dépanner à gauche.

 

La lumière est venue d'Adil Rami : son but est la symétrie de celui de Blanc contre le Paraguay en 1998.

 

Avant l'Euro 2000, on n'avait pas gagné un match à l'arrachée 3-2 après avoir été mené 2-0 à domicile contre un adversaire totalement inconnu?

 

Ça ne marche pas trop, en termes d'efficacité défensive, de jouer avec la tenue de l'Italie.

 

Le X-factor de Rami: à chaque match, pendant deux minutes, un attaquant de pointe s'empare de son cerveau.

 

Lizarazu place in extremis sa référence sur la Bundesliga dans sa dernière intervention. Il vieillit.

 


[Avec le Bleu, BIG, Tonton Danijel, djay-Guevara, Béni des crampes, Hyoga, Ô Mexico]

 

 

 

Le match de Christian Jeanpierre

On aurait pu croire que la soirée de Christian Jeanpierre resterait mémorable pour l'invention du "but cadré", qui surpasse son célèbre "corner intéressant":
"CJP: Ce n'était pas encore le 14e but de Benzema en équipe de France.
- BL: Oui parce qu'il était pas mal celui-là, il était beau.
- CJP: Ouais, cadré."

 

 

Mais c'est sans compter sur sa petite anecdote de la 15e minute, bien que non introduite par le rituel "Figurez-vous Bixente", qui étoffe un peu plus sa légende.

 

«Vous voulez une anecdote? Je vais vous raconter une anecdote à propos de Laurent Blanc. Vous savez que la maman de Laurent Blanc, lors de France-Paraguay, n'a pas vu son fils marquer le but en or. Elle était aux toilettes, elle est sortie des toilettes, elle a vu un pompier. Elle lui dit: "Mais la France a marqué?" "Oui oui, c'est Laurent Blanc." Et elle elle dit: "Ben c'est mon fils."»

 

 

 

Vu du forum

=>> newuser - 21h55
En même temps si Méxès doit réparer les courants d'air d'Évra tout en couvrant les errements de Rami et les montées jusqu'au parking de Debuchy, il va falloir lui acheter deux cœurs en plus.

 

=>> JeanBen - 22h09
C'est quand même plaisant de se dire qu'à chaque touche de balle d'un des quatre de devant il peut se passer quelque chose. Un peu moins qu'on se dise la même chose avec les quatre de derrière.

 

=>> l'homme de la pampa - 22h12
Tout ça est parfaitement calculé : il s'agit de faire croire à nos futurs adversaires que l'on va jouer l'offensive et qu'il suffit de nous prendre en contre. Du coup hop on va se pointer avec trois milieux def en compétition, et avec cinq 0-0 on peut espérer se qualifier puis aller en finale vu qu'on s'entraîne en secret aux tab.

 

=>> newuser - 22h41
Ouais un corner ! A chaque fois que je vois un corner ou un coup franc je vais chercher un truc à manger ou à boire. J'ai pris cinq kilos.

 

=>> Ô Mexico - 22h51
C'est drôle cette manie de CJP de présenter les joueurs islandais par leur position en championnat cette année (4e aux Pays-Bas, 3e au Danemark...). Faudrait juste qu'il fasse pareil avec les Bleus pour que ce soit encore meilleur : " le fantastique Jérémy Menez, 2e avec le PSG cette année", "le dynamiteur Ribéry, 2e avec le Bayern cette saison", "l'explosif Évra, 2e avec Manchester cette année", "l'expérimenté Mexès 2e avec Milan cette saison" ou "la tour de contrôle Alou Diarra... 10e avec l'OM cette année".

 

=>> lemon - 22h58
La France qui se met à enflammer le match et qui plante deux buts avec Malouda, Évra, Diarra et Ribéry sur la pelouse. Ce sport est une catin.

 

=>> Hal 9000 - 23h43
Ben voila, on n'a qu'à jouer avec Mexès en 10 et Rami en 9.

 

=>> I want my Mionnet back - 22h36
Le silence gêné après une anecdote de Christian Jeanpierre, c'est encore du Christian Jeanpierre.

 

 

 

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