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La biélo n'a pas coulé

Malgré une deuxième mi-temps intense et une collection d'occasions, les Bleus bloquent à Borisov. La campagne pour la Coupe du monde 2018 commence sur une frustration. L'édito • La nalyse • Les gars • Vu du forum. 

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Retrouver un match de qualification pas loin de trois ans après le dernier, c'est retrouver une vieille connaissance quasiment inchangée – et pas seulement parce que le tirage au sort a offert la Biélorussie aux Bleus lors des trois dernières campagnes. Une vieille connaissance dont on se rappelle que la fréquentation n'annonce pas toujours des sommets d'amusement, tant le pitch est connu: une équipe regroupée, des adversaires qui réussissent une très belle performance défensive et, si possible, un gardien qui brille (fût-il un coéquipier d'Anthony Le Tallec).

 

 

 

 

Après une première mi-temps de domination sans occasions dignes de ce nom, l'équipe de France a fait plus que s'appliquer après la pause: elle a accéléré et accumulé, cette fois, les possibilités de marquer. La Biélorussie l'a peut-être aidée en revenant sous un visage plus offensif, laissant des espaces qui ont contribué à débrider le match… avant qu'elle se reconfigure en mode Alamo – sans mourir à la fin. La rencontre aurait avantageusement basculé sur la première des occasions de cette série, quand Giroud croise trop son tir après l'offrande de Griezmann (53e), ou quand il place sa tête sur la transversale quelques minutes plus tard (58e).

 

Par la suite, il s'en est à chaque fois (une bonne dizaine) fallu de peu. Les Bleus ont su imposer leur supériorité à peu près partout, sauf au score. N'ayant été véritablement menacés que sur ce centre de Kalachev que personne ne convertit (22e), c'est d'abord par manque d'efficacité qu'ils ont failli. Ils se seraient rendus la victoire plus probable s'ils étaient véritablement entrés dans leur match plus tôt. Et un tel soir, on se dit que si la méthode Deschamps réussit souvent de peu, elle échoue parfois de peu aussi. Mais quoi qu'on en pense aujourd'hui, ce match nul ne prendra son sens qu'au fil des (nombreuses) journées à venir dans le groupe A.

 

 

 

 


La nalyse

Christophe Kuchly – La dépendance au réalisme. C’est peut-être le plus gros problème de l’équipe de France de Didier Deschamps, qui a du mal à créer par le jeu (de position) et se doit de concrétiser ses occasions pour l’emporter. On répondra que c’est valable pour la plupart des équipes du monde, ce qui est globalement vrai, mais les difficultés à mettre facilement le ballon dans la zone dangereuse – autrement que par une réussite individuelle ou une erreur adverse – limitent le nombre de situations favorables et font peser une certaine menace au-dessus de la tête des attaquants: puisqu’une occasion nette ne se présentera peut-être pas une deuxième fois, mieux vaut concrétiser la première. Ils ont été quelques-uns à avoir le but vainqueur au bout du pied, aucun n’a malheureusement su conclure. Si l'on rejouait le match, rien ne dit qu’il n’y aurait pas un 2-0 peu emballant, mais au résultat rassurant.

 

Le problème de fond reste le même, alors que certaines évolutions tranchent avec ce qu’on a vu à l’Euro. En défense par exemple, où la charnière axiale sort très haut couper les offensives adverses et n’hésite pas à monter ballon au pied, et où Kurzawa amène le surnombre devant avec ses montées – un constat surtout valable après l’entrée de Payet. Avec un Kanté dans la lignée de ses prestations à Chelsea, l’arrière-garde a vécu une soirée globalement tranquille. Il faut dire que la rencontre s’est surtout déroulée de l’autre côté du terrain, les épisodes de pressing biélorusse se raréfiant en même temps que le carburant dans les réservoirs. Une fois l’heure de jeu atteinte, les hôtes ont ainsi compris que jouer la victoire entraînerait probablement la défaite et que garer le bus serait plus sage.

 

 

 

 

C’est dans cette configuration que les Bleus ont frustré. Un jeu statique sur les ailes malgré des joueurs de grand talent, peu de combinaisons, une occupation du terrain pas toujours parfaite… L’équipe de France n’est pas la première à galérer face à un bloc bas, celle-là comme ses devancières, mais son immense potentiel offensif laisse des regrets. L’adversaire avait aidé, mais le match contre l’Islande avait donné un aperçu du potentiel de ce collectif, que la pragmatique prudence a parfois sauvé (Allemagne) et parfois bridé (Portugal).

 

La défaite portugaise en Suisse le prouve: le football n’a pas changé en quelques semaines mais une réinvention sera peut-être nécessaire pour rester en haut de l’affiche. Griezmann est certes un joueur magnifique qui peut créer l’étincelle à tout moment, mais voir Martial, Dembélé et les autres dans une configuration où ils s’éclatent donnerait forcément du piment. D’autant que le pragmatisme n’est pas que défensif: pour aller au prochain Mondial, la solution la plus sûre serait peut-être de prendre des risques, plutôt que de risquer de ne pas en prendre. Au bras de fer du talent, la France est la plus forte du groupe.

 

 

 

 


Les gars

Une frayeur sur ce centre empoisonné de Kalachev (22e), mais aucune intervention notable à effectuer: Mandanda a vu la rencontre d'assez loin.

 

Dans le tempo de son début de saison, Kurzawa s'est porté vers l'avant – sans toujours aller très loin, mais en trouvant de bons relais. À rude épreuve face à Kalachev, il a évolué nettement plus bas après l'entrée de Payet. Une gestion du risque un peu aléatoire, à l'image de cette passe en retrait pour Mandanda (4e). Ceux qui rêvaient d'une révolution après Évra en sont pour leurs frais.

 

Moins soutenu de son côté, Sidibé a évolué avec concentration et application, avec son physique aussi. Il a cherché à jouer intelligemment à défaut de créer des brèches. Au soutien d'une attaque qui portait le ballon de plus en plus haut, il se retrouve à la conclusion en fin de match, mais sa frappe manque de puissance (89e).

 

Koscielny-Varane ont fait une belle défense centrale hier soir, complémentaire comme on les aime. Ils ont ajouté à leurs bons jaillissements défensifs des montées balle au pied et des passes longues qui ont apporté de la variété. On regrettera juste qu'ils n'aient pas été à la réception des nombreux coups francs et corners obtenus.

 

La lessiveuse Kanté a d'emblée lancé le cycle 3 (rinçage, essorage, séchage) et a régné devant la défense, laissant plus de liberté à Pogba. Une tentative de tir pour finir, à côté (88e).

 

Nettement plus tranchant et disponible que contre l'Italie, Pogba a arraché et tenu les ballons, avant de chercher des solutions vers l'avant… ou de déclencher des tirs peu dangereux (18e, 31e, 45e). Quelques belles ouvertures, notamment pour Griezmann (48e) et Giroud (66e). Il est à deux orteils de marquer de près (73e).

 

Sissoko a tâché de se remettre dans les dispositions de son Euro: rushes verticaux et tentatives de grand pont, trouvant notamment Martial et Giroud devant le but (13e et 17e). Mais au cours de son premier match depuis la finale de Saint-Denis, il a progressivement décliné – non sans un baroud d'honneur (débordement et passe vers Griezmann, 68e) avant son remplacement.

 

Martial a provoqué et cherché à combiner. S'il n'est pas passé très souvent dans des espaces très resserrés, il a contribué à la pression mise sur le côté gauche. Mais, nettement moins présent au retour des vestiaires, il a logiquement cédé sa place avant l'heure de jeu.

 

Giroud a autant manqué de réussite (tête sur la barre, 58e) que d'habileté (ses ratés sur une passe en profondeur de Varane, 35e, et sur la talonnade de Griezmann, 58e). Sans être négligeable, l'apport de ses relais n'a pas été décisif.

 

Griezmann a retrouvé son volume de jeu et son influence dans les trente derniers mètres, pas son efficacité. Son coup franc était pourtant bien placé (58e), mais il passe au travers du centre de Sissoko (60e), bute sur Gorbunov (68e) et envoie en tribune un bon service de Dembélé (74e) avant disparaître un peu.

 

En touchant beaucoup de ballons, Payet a pris ses responsabilités et malgré un déchet important, il a contribué au regain des Bleus en attaque. Deux coups francs bien exécutés pour des déviations de Kurzawa (35e et 73e), un tir trop sur le gardien (83e) et une transversale qui offre à Dembélé l'ultime occasion (90e+2). Dembélé a fait une démonstration de conduite de balle dans les petits espaces et dans toutes les directions, mais tout cela a manqué de débouchés. Gameiro s'est signalé par une tentative d'enchaînement contrôle de la poitrine-ciseau (83e).

 

 

 

 

 

Vu du forum

=>> Mevatlav Ekraspeck - 21h11
Des fois je me dis qu'il faut mettre notre back four dans une piscine. Parce que bon, au football, on a des failles, mais en natation synchronisée, pardon, mais on vaut une médaille aux JO...

 

=>> Mevatlav Ekraspeck - 21h26
Gordejchuk, c'est pas un juron dans Lagaffe ?

 

=>> Mama, Rama & Papa Yade - 21h57
Koscielny qui porte une action à 60m de ses buts. Deschamps lui pardonnera peut-être un jour...

 

=>> Bobby Valentino - 22h05
Giroud c'est de loin le meilleur défenseur biélorusse. Il est impérial.

 

=>> HumLloriste - 22h27
Dans Pokemon Go, Sidibé a réussi à attraper un Bardachou !

 

=>> Mama, Rama & Papa Yade - 22h33
Le geste qu'a l'arbitre pour demander la civière, ça devrait être interdit à la télévision, même à 22h33.  

 

 

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