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Eugène Santa et Pierre Martini

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Un Rasta de la balle

Bernard force le trait

Si Tapie devait reprendre une chanson avec Amanda Lear, ce serait "Paroles, paroles". En attendant, nous passons son interview au JDD à la moulinette d'un découpage thématique et d'un bréviaire spécial, surdimensionné.
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Nettement moins impérial qu'au temps de sa splendeur, Bernard Tapie est contraint à des contorsions un peu voyantes dans son plan de communication. Sa rhétorique est toujours aussi grossière, mais est-elle encore suffisamment efficace pour embellir son bilan 2001? L'exercice est délicat. Les promesses ont dû être rapidement rectifiées. La gestion sportive a été extrêmement aléatoire. Les prestations de l'équipe ont été très moyennes. Les affaires internes se sont multipliées. RLD a encore été contraint d'allonger du cash… Pour se faire désirer et noyer le poisson, Tapie avait joué au dilettante qui aurait perdu le feu sacré en constatant que le football n'était plus digne de sa grandeur, suggérant que sa carrière artistique était prioritaire. Avec sa technique traditionnelle (je dis quelque chose pour le démentir ensuite), le responsable sportif de l'OM fait cette fois mine d'être bien là aux affaires.
Pour ceux qui auraient raté le Journal du dimanche, synthèse en deux parties.

DECOUPAGE CLASSIFICATOIRE

Le complot
"Tout est fait pour que l'on se fasse démolir, en particulier par arbitrage interposé".
"A la mi-temps du match contre Lorient, cinq joueurs dont le rendement était étonnamment faible ont dégueulé comme des malades. Ils ont été empoisonnés".

La croix
"Je me demande si le dynamisme que j'amène n'est pas annulé par le rejet que je provoque, si je ne plombe pas le club au lieu de l'aider".

Le lourd héritage
"Tout ceux qui s'étaient succédés depuis Yves Marchand étaient là pour tuer le club et venger ceux qui en avaient été évincés".
"Dubiton avait, tout à fait machiavéliquement, maqué la majorité de l'association OM".

Les vantardises
"J'avais annoncé qu'on serait dans les dix premiers à la trêve et on y est".
"[André Luiz] est l'un de mes trois joueurs de classe mondiale, avec Lebœuf et Van Buyten qui a sa place dans n'importe quelle équipe".

Les promesses
"Il nous manque trois joueurs, que j'ai déjà trouvés et qui arriveront au mercato".
"Je vous dis qu'on sera européen en fin de saison.

Le dénigrement démagogique
"Les puristes souffrent, mais ils ne vont plus au stade. Il y a beaucoup de gogols qui sont venus après la Coupe du monde, qui vont au foot comme on va au cirque".
"Le championnat de France est objectivement et authentiquement nul".

L'ultralibéralisme autoritaire
"Le football professionnel, ce n'est pas un bien public, il doit y avoir un droit d'utilisation de l'événement".
"Si j’étais à la Ligue, après les télés et les radios, j’empêcherais la presse écrite spécialisée d’entrer dans le stade".

La légende est vivante
"J'ai abandonné le football pendant plusieurs années, j'ai donc fait des conneries en recrutant n'importe qui. Mais j'apprends toujours aussi vite".

Les nanardises
"[à la Ligue] c'est à celui qui baisera l'autre le plus fort".
"Je n'aime que les gros chiens. Si Bourgoin m'emmerde, je ne vais pas me gêner".

LE SPECIAL BREVIAIRE

réalisé avec trucages
"J’ai décidé de faire un montage de tous nos buts refusés et ceux accordés à nos adversaires de manière illégitime". Bernard, tu sais bien que quand on fait un montage, il ne faut pas le dire avant.

diététique
"A la mi-temps du match contre Lorient, cinq joueurs dont le rendement était étonnamment faible ont dégueulé comme des malades. Ils ont été empoisonnés". Il faut peut-être arrêter les compléments alimentaires.

filon
"On a fait des prélèvements de selle, d'urine et de bile pour analyses". C'est sûr que de la merde et de la bile, ça ne manque pas à l'OM ces derniers temps.

nostalgie
"Je croyais [que RLD] voulait juste monter une combine avec Adidas". Ah non, ça, c’était toi Bernard.

seuil de compétence
"Depuis quatre ans, les entraîneurs de l’OM vivent grâce au diplôme [d’Emon] sur les feuilles de match". En fait, on s’en était un peu aperçu.

à son image
"[Le championnat de France] est objectivement et authentiquement nul". C'est peut-être par mimétisme avec le président de la Ligue.

au bon endroit, au bon moment
"Je me fais vraiment chier pendant les matchs, c’est terrifiant". Prends un abonnement à Bollaert.

régime
"Si j’étais à la Ligue (…), j’empêcherai la presse écrite spécialisée d’entrer dans le stade". Et la milice s'occuperait de ceux qui essaieraient?

guide
"C’est moi qui ai monté le football français de quelques étages". Avant de le ramener au fond du jardin.

esthétique
"Ça c'est Marseille : prendre à la gorge une équipe sur un terrain pourri".

mise à jour
"J'ai abandonné le football pendant plusieurs années, j'ai donc fait des conneries en recrutant n'import qui". Mais c'est très tendance ça, justement.

cherchez l'erreur
"Aucun joueur [de Lens, Lille ou Lyon] ne peut avoir sa place dans les cinq meilleurs clubs des quatre grands championnat européens". "[André Luiz] est l'un de mes trois joueurs de classe mondiale, avec Lebœuf et Van Buyten qui a sa place dans n'importe quelle équipe".

sauvé par le gong
"J'avais annoncé qu'on serait dans les dix premiers à la trêve et on y est". Merci aux matches en retard des poursuivants de l'OM.

le Croate exagère
"Ivic se met dans un état incroyable sur le banc alors qu'il n'a pas de pression". C'est vrai, la sérénité a dominé cette année et de toute façon, l'OM est un club paisible.

public
"Il y a beaucoup de gogols qui sont venus après la Coupe du monde, qui vont au foot comme on va au cirque". Fais gaffe, c'est peut-être les mêmes qui adorent Tapie.

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