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Jean-Patrick Sacdefiel

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Comme le Chenez au milieu de la figure

On peine à expliquer ce phénomène, mais la retraite de Bernard Chenez a fait sortir Jean-Patrick Sacdefiel de la sienne. Notre bilieux chroniqueur s'est invité au pot de départ du dessinateur.

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"Sors d'ici, Bernard Chenez!" Si Malraux était encore vivant, et s'il en avait eu quelque chose à faire du sport (vous avez remarqué qu'on a donné son nom à des théâtres et des MJC, pas à des gymnases), c'est probablement avec ces mots qu'il aurait salué le départ en retraite du dessinateur attitré, depuis vingt-cinq ans, du quotidien sportif L'Équipe.
 

 


 


La dépêche AFP recopiée par tous les médias parle de "style inimitable". Il manque "absence de" devant cette locution, qui serait devenue tautologique, mais qui aurait eu le mérite d'être exacte. Son premier dessin publié l'a été par Le Monde en 72 au moment de la prise d'otage de Munich: les anneaux olympiques ensanglantés. Comme un symbole sur un autre symbole. Une carrière était née. Chenez allait mettre la larme à l'œil de générations de lecteurs à chaque fois qu'une gloire sportive passerait l'arme à gauche, représentée marchant sous un ciel étoilé vers le nirvana des cyclistes overdosés ou l'éden des footballeurs qui roulent trop vite.


Comme Yves Duteil, Didier Roustan ou les bonnes âmes qui ont inventé les protocoles d'entrée sur le terrain, il aime les enfants qu'on prend par la main et les métaphores aussi grossières que son trait. Il a probablement adoré Les Choristes. Chenez ne se contente pas de dire que les méchants sont méchants et que les gentils sont gentils, il l'explique. Vous colle l'évidence sous le nez, avec l'intention manifeste de vous l'y fourrer jusqu'aux lobes occipitaux. Charles Biétry, lui-même grand collectionneur de poncifs, n'avait manqué de le recruter pour nous l'infliger aussi en version télévisée sur Canal+.


Aussi consensuel, fadasse et pasteurisé que le Caprice des Dieux, Chenez a milité en faveur d'un humour rigoureusement inepte, résolument inoffensif. Un humour familial, sain, hygiénique, qui nettoie le mauvais esprit. Un humour qui respecte les personnes. Faire rire avec des bons sentiments, voilà qui me dépasse. Faire rire de pitié, peut-être? Si des bataillons de crétins encore plus réactionnaires que moi n'avaient galvaudé l'expression, je proposerais son œuvre complète – ou n'importe quel échantillon de celle-ci – comme définition du politiquement correct.


Une fois, une seule, il s'est abandonné à de vils sentiments. Au lendemain du barrage à scandale France-Irlande en 2009, démuni par la colère, il ne trouve que la trivialité pour fustiger Raymond Domenech, dressant un majeur et écrivant le mot "cul" sur un dessin dont on comprend qu'il charge Raymond Domenech, mais dont le propos reste aussi abscons qu'une question de Laurent Paganelli ou une réponse de Taiye Taiwo. Son rival en niaiserie, Christian Jeanpierre, allait un peu plus tard tirer sur le même cadavre: les braves gens sont rarement courageux.


Je ne me ferai pas l'insulte de citer du Audiard, mais sachez que Chenez est pilote d'ULM. Au pays des platitudes, il n'a jamais eu aucun mal à se poser.

 

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