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Matchbox: Espagne-Italie, 0-0 (4-2, t.a.b). "Apareció el santo". Après un début de tournoi discret, Iker Casillas est apparu. Auteur d’un arrêt providentiel…
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La nalyse

"Apareció el santo". Après un début de tournoi discret, Iker Casillas est apparu. Auteur d’un arrêt providentiel à l’heure de jeu, sur une frappe de Camoranesi, le gardien de Móstoles a qualifié les siens, en sortant deux tirs au but italiens.
Au bout de l’ennui et du suspense, l’Espagne a vaincu ses démons. Au diable les quatre-vingt huit ans sans victoire face à l’Italie en matchs officiels (1). Al infierno les vingt-quatre ans sans jouer la moindre demi-finale. Pour vaincre la malédiction, il fallait un miracle, le coup de pouce du destin, et surtout, l’apparition du Santo. 
Le match fut conforme aux attentes. Privée de Pirlo, l’Italie n’a pas cherché à contrôler le ballon, faute de savoir quoi en faire. Sûre de sa force et de sa fiabilité, la Squadra Azzura a patienté, espérant que les Espagnols perdraient leurs nerfs, et commettraient une erreur fatale.

L'angoisse de la Buffonada
Le calcul italien n’était pas mauvais. Car même si Luis Aragonés avait aligné l’équipe traditionnelle, pour taquiner le ballon, l’Espagne jouait contre son histoire et face à un docteur ès qualification à l’arrachée. Convaincus de la malédiction voulant que la Roja ne dépasse jamais les quarts de finale d’une grande compétition, les Espagnols ont joué avec la peur au ventre.
Les spectateurs ont donc assisté – selon leur nationalité – à cent vingt minutes d’adrénaline pure, ou d’ennui profond. Un match ressemblant beaucoup au Brésil–Italie de 1994: chaleur étouffante, faute de main, poteau et séance de tirs au but inclus. Agrémenté de quelques occasions, le duel s’est résumé au match opposant deux des meilleurs gardiens de la planète. Buffon, plus sollicité, a évité de peu de rejoindre Petr Cech et Nikopolidis dans la liste des gardiens gaffeurs de la compétition. À dix minutes de la fin, le portier transalpin bloque mal une frappe de l’infatigable Senna, et le cuir échoue contre le poteau.

Iker approche le soleil
Ce fut la seule frayeur pour les Italiens en deux heures. Car les Espagnols, exténués après soixante-dix minutes, ont assez peu créé de danger. Les hommes d’Aragonés ont tenté de faire monter la défense transalpine en frappant de loin. Le but étant de jouer dans le dos de la défense chaque fois que l’occasion se présentait.
Puisque aucune équipe ne méritait vraiment de marquer, il était logique que l’histoire se décide aux tirs aux buts, entre Buffon et Casillas. Le penalty arrêté par l’Azzuro – face à Güiza, qui n’en tire jamais – n’a pas suffi. En stoppant les tentatives de De Rossi et Di Natale, Iker Casillas catapulte la Roja en demi-finale, face à Hiddink, l’un de ses bourreaux.

(1)  L’Espagne a tout de même battu l’Italie en match amical, notamment en mars dernier.


Les muchachos

De Casillas, tout a été dit: "saint", "sauveur", "miraculeux" ou "décisif", il a livré à la Selección les arrêts qu’il réalise chaque dimanche avec le Real. Vêtu de Yachine, il a vaincu Buffon. Justice est faite.

La défense espagnole a montré une fiabilité inespérée en charnière centrale. Puyol et Marchena ont été solides face à Toni, trop esseulé. En revanche, Ramos a pêché. Déjà mis en joue par Aragonés cette semaine, le latéral madrilène a manqué de mordant, de concentration, de fiabilité.

Au milieu, Marcos Senna a livré un match modèle. Du jeu court et simple associé à un volume de jeu colossal. À imiter. Xavi a maintenu son rôle de métronome, en parcourant une distance considérable, et pouvant compter sur la disponibilité de Silva, beaucoup plus participatif et inspiré qu’à l’accoutumée. Cesc, qui a remplacé le blaugrana a donné plus de rythme et de percussion au milieu espagnol.

Devant, Torres et Villa n’ont pas été à leur aise. A tel point que le Red a été remplacé juste avant la prolongation. Villa, pour sa part, a tenté tout ce qu’il pouvait: coup franc, frappe, relais dans la surface, appels et contre-appels. Sans succès. L’Espagne – si elle veut aspirer au titre – devra retrouver son réalisme.



Les ragazzis

Dans les buts, Buffon n’a pas transmis la sécurité habituelle. Sa grossière faute de main sur la frappe de Senna aurait pu envoyer la Squadra à la maison au terme du temps règlementaire.

La défense italienne a encore écoeuré les attaquants adverses. Grosso a ressemblé à celui de 2006. Accrocheur, bagarreur et présent offensivement. Presque trop bon pour la Ligue 1. Au centre, on a surtout vu Chiellini, qui a excellé dans le placement, coupant de très nombreux centres et passes vers la surface.

Au milieu, l’Italie a souffert de l’absence de Pirlo. Les Azzuris n’ont jamais pu organiser leur jeu. Seul Cassano – chose tout à fait inimaginable voilà encore un an – a créé un semblant de danger face à Sergio Ramos.

Luca Toni, esseulé, a fait le sale boulot, tentant de reprendre tout ballon passant à sa portée. Les apports de Di Natale ou Del Piero n’ont pas permis de le rapprocher de ses milieux.



Le joueur à suivre du regard (parce qu'à pieds il est épuisant)

Infatigable et juste dans le jeu, le milieu de Villarreal Marcos Senna a livré un match impérial au centre du terrain. La simplicité poussée jusqu’au paroxysme. Prise de risque minimale, pour éviter toute perte de balle. Excellent dans la conservation et la transmission, Senna a également livré une prestation défensive de grande qualité. Abattant un travail colossal, il a couvert l’une des grandes lacunes historique de la Roja : le poste de milieu à la Makelele dont l’Espagne a toujours été orpheline, de génération en génération.



Le joueur à ne pas suivre

C’est l‘une des déceptions du tournoi. Andrés Iniesta, un des joueurs espagnols les plus talentueux, ne parvient pas à prendre le rythme de la compétition. À court de forme, le milieu du Barça ne vit que d’éclairs. Incapable de gêner Grosso, Aragonés l’a rapidement permuté au profit d’un Silva beaucoup plus remuant. Toujours pas convaincu, Luis Aragonés l’a remplacé par Cazorla, avant l’heure de jeu.



Les réactions mesurées et contemplatives de la presse espagnole

"L’Histoire a changé" (Marca).
"Vive l’Espagne!" (AS)
"Iker a été faste, homérique, impétueux. Il a été magnifique. Et pourtant, j’ai l’impression que le meilleur reste à venir" (Juanma Trueba, AS).


Les observations en vrac

• Les Espagnols ne peuvent pas se plaindre de l’arbitrage. Ils ont quand même obtenu cinq penalties dans les arrêts de jeu.
• Sacré bluffeur, ce Zambrotta! Pendant toute l’année, il a fait semblant de ne pas tenir plus de quinze minutes, juste pour tromper les Espagnols.
• Voyant Monsieur Fandel donner un carton jaune à David Villa pour une glissade de trop, Jean-Marc Furlan aurait déclaré: "Il sont pas gênés les Espagnols".
• Entendu en tribune officielle, de la bouche de Jean Michel Aulas: "On pourrait pas prendre le latéral gauche italien pour remplacer Grosso?"


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