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Pan Bagnat et Etienne Mattler

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Ballon d'Eau Fraîche 15/16, les candidats : Vincent Koziello et Vincent Manceau

Les prétendants continuent à dérouler leur acte de candidature. Aujourd'hui, on s'intéresse à deux Vincent: un jeune garçon bien sous tous rapports et un roi de la fidélité.

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Koziello, le benjamin

Qui a dit qu'il fallait compter une bonne dizaine de saisons pour prétendre au Ballon d'Eau Fraîche? Certainement pas Vincent Koziello, le plus jeune des nominés cette année, mais pas le moins méritant. À seulement vingt ans, Koziello a fait s'abattre sur la Ligue 1 une tornade d'air frais pour sa première saison complète chez les professionnels. Une saison au cours de laquelle il a époustouflé, ébahi, tout ce que vous voulez. Avec l'aide de ses compères Mendy et Séri, pas bien plus grands que lui, le farfadet du milieu de terrain a enchaîné les excellentes prestations, tout en restant loin du battage médiatique provoqué par la bonne saison du Gym. Ses rares interviews, dans la presse ou à la télé, sont comme lui: elles puent le foot et l'auto-dérision. Comme lors de son passage à J+1 en février dernier, où il a alterné discussions tactiques avec Éric Carrière et vannes avec Julien Cazarre, se permettant même de chambrer ce dernier en parodiant sa rubrique (ici à partir de 8'40).

 

 

Si Koziello sait si bien retourner les situations à son avantage, c'est que son physique de U15 et son visage de U13 lui ont valu un sacré paquet de moqueries. "Certaines blagues me font rire. Je viens de lire que Nice aurait trois absents contre Nantes: Le Marchand et Mendy, suspendus, et Koziello, qui sera chez les scouts", déclarait-il à L'Équipe en octobre dernier. "Bien sûr qu'on m'a chambré, mais je l'ai toujours pris à la rigolade. Et puis avec un peu d'humour, tu chambres sur autre chose". S'il a conscience que son physique est pour le moins atypique dans le football moderne, il n'a pourtant jamais renoncé à son rêve. Et c'est notamment cette force de caractère qui lui a permis de percer dans le monde pro, malgré son physique de "crevette", comme le qualifiait Franck Sale, le responsable du recrutement des jeunes de l'OGC Nice. Koziello s'est accroché pour s'affûter physiquement, mais il reste lucide sur ses capacités, confiant "essayer d'éviter tout ce qui est duel, de lâcher la balle avant d’être dans le duel".

 

"Il y a intelligence et intelligence de jeu. Certains gamins pas très cultivés peuvent se révéler très à l'aise pour prendre des décisions sur un terrain de foot, c'est comme ça. Mais, pour Vincent, c'était facile, car il avait les deux facultés", déclarait Franck Sale à So Foot. Titulaire d'un bac S (avec mention très bien s'il vous plaît), Koziello continue, en parallèle de sa carrière de footballeur professionnel, ses études en fac d'anglais. Une université où il reconnaît profiter de son relatif anonymat: "En cours, presque personne ne sait que je joue à l’OGC Nice. Je reste un peu dans mon coin. Être incognito, c’est plaisant." En somme, un étudiant comme un autre, qui habite encore chez ses parents et qui a tout juste l'âge pour mettre du Ricard dans son eau fraîche.

 

Profondément attaché à sa région de naissance, le gamin qui a fait ses classes à l'AS Cannes avant de rejoindre le Gym a, à plusieurs reprises, confié ne pas savoir s'il aurait eu sa chance dans un autre club. "C'est la philosophie de jeu et l'importance accordée à la formation qui font que je joue ici, ailleurs ce serait plus dur." Récompenser Koziello, ce serait également récompenser le travail du staff niçois, à l'heure où on se délecte de ces histoires de footballeurs qui ont percé alors qu'il n'avaient pas été retenus dans leurs centres de formations à cause de leur gabarit. L'OGC Nice lui a fait confiance, et force est de constater qu'il a eu raison.

 

Point fort

Ses parents ne le laisseront pas s'habiller n'importe comment pour la remise du trophée.

 

Point faible

Il risque de se le faire racketter.

 

Slogan

"De l'eau fraîche en biberon."

 

 

Vincent Manceau, l'Angevin

Peut-être s’agit-il de se faire pardonner son patronyme? Peut-être est-il casanier? Peut-être privilégie-t-il l’ardoise fine au marbre dur? En tous cas, Vincent Manceau est fidèle à son SCO depuis deux décennies. Dès ses six ans, il tourne le dos à l’Intrépide (où Sofiane Boufal, notamment, a commencé), à la Vaillante, à l’Églantine, à Notre-Dame des Champs et autres fleurons du laboratoire d’onomastique footballistique angevin. À sa majorité vint le temps des premiers matches en Ligue 2: au début, on s’attendait à le voir partir en prêt au loin et ne plus revenir, comme ses camarades Bourgaud, Tribeau, Rousseau. Mais lui restait et s’installait doucement, tranquillement, progressivement.

 

 

Milieu relayeur, il délaisse son poste pour dépanner en latéral et, à l’heure de la Ligue 1, s’impose et supplante le plus volcanique Angoula. En douceur: oncques ne vit arrière droit moins brutal (vingt cartons en deux cents matches pros, deux jaunes depuis le début de la saison) et pourtant fidèle au poste. Au service du collectif, toujours. "Ça ne me dérange pas du tout (de ne pas être beaucoup mis en avant), confie-t-il à Ma Ligue 2. L’équipe est le plus important. Moi je continue de travailler." Lorsque vient l’heure de la déroute (1-5 au Parc), il se pose, doucement, comme toujours: "Ça allait super vite, on avait l'impression de ne jamais toucher le ballon, de ne jamais accélérer. C'est rageant parce que tu as l'impression de ne rien pouvoir faire. Mais c'est une super expérience parce qu'on apprend."

 

Le compte Twitter de Vincent Manceau en dit plus que ses rares interviews: concours pour offrir son maillot à des supporters (même son premier en Ligue 1), remerciements à son voisin qui pavoise ses Velux de drapeaux du SCO (ce qui réjouit le cœur de Vincent lorsque, son devoir accompli, il regagne son lotissement suburbain au volant de sa sûrement modeste voiture), photo amusée des minibus qui emmenaient l’équipe à Sedan en pleine crise financière, séances d’entraînement dans les petits clubs du coin, soutien indéfectible à la marche contre le cancer de Lué en Baugeois, félicitations à un coéquipier classé septième au Top 10 des buts en 2012/13...

 

Et puis, début mars, le drame. Un dernier coup de pied et le fidèle d’entre les fidèles du vestiaire crève, usé jusqu’à la corde. La fin de vie du ballon d’échauffement, support d’un mystérieux jeu de vestiaire dont Vincent Manceau est le grand gourou avec ses camarades de la "dalle angevine" canal historique avec Auriac et Diers. "On fait partie des anciens et on se doit de transmettre notre esprit de groupe, nos valeurs de solidarité auprès des recrues", explique le latéral. Cela a particulièrement bien marché cette saison, malgré de nombreux mouvements dans l'effectif angevin. "C'est un joueur de club par excellence, dans le sens positif du terme, décrit Jean-Louis Garcia, prédécesseur de Stéphane Moulin sur le banc du SCO. Un entraîneur peut compter sur lui. C'est un partenaire idéal, il ne se met pas en avant et véhicule des valeurs que l'on veut prôner auprès des plus jeunes. On ne peut pas avoir que des Vincent Manceau dans une équipe, mais ils sont indispensables, car ils cimentent un vestiaire."

 

C'est pour cela que l’enveloppe contenant toutes les licences scoistes de Vincent Manceau continuera de se remplir et elle trônera au centre de formation pour servir d’exemple aux gamins. Doucement, progressivement, tranquillement.

 

Point fort

Il incarne le footballeur normal, vertueux et exemplaire.

 

Point faible

Les persifleurs lui attribueront le Ballon d’Eau Tiède.

 

Slogan

"Tu peux bien sombrer dans l’oubli. Moi je suis l’âme du SCO. Ouh ouh ouh ouh."

 

 

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