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Toni Turek

 

Überfan des footballs d’Allemagne et d’Autriche, passés et présents. Taulier de la Ventre Mou's League.


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Les Brestois du stade

Australie: loin des yeux, près du soccer /1

Le passage des Socceroos en Coupe du monde l’a rappelé: down under, on ne joue pas seulement au rugby.
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C’est loin, l’Australie, c’est même aux antipodes de l’Europe. Il est donc compréhensible que les footballeurs de l’équipe nationale australienne, les Socceroos, suscitent peu d’intérêt dans notre presse sportive. Tout au plus ont-ils eu le droit à quelque attention en avril 2001 lorsque, par deux fois en trois jours, ils ont pulvérisé le record de buts inscrits en match international, avec des scores dignes d’un match de rugby: d’abord un 22-0 infligé aux Tonga, puis un 31-0 contre les Samoa Américaines, avec pas moins de treize buts pour l’attaquant Archie Thompson – un record qui tient toujours.

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Les limites de l'Océanie

Actuellement classée vers le vingtième rang FIFA, l’Australie a souvent dû suivre la Coupe du monde de loin, ne s’y qualifiant qu’à deux reprises avant le Mondial sud-africain. Si elle n’est pas sortie des groupes de qualification en 1977, 1981 et 1989, c’est sur la dernière marche qu’elle a trébuché lors de ses autres échecs. Balayée en 1965 par la Corée du Nord, battue en 1969 par Israël, sortie en 1985 par l’Ecosse, écartée en 1993 par l’Argentine, éliminée in extremis en 1997 par l’Iran (1-1 à Téhéran… mais 2-2 à Melbourne) et vaincue en 2001 par l’Uruguay: la liste des ratages en barrages est longue. Elle aurait pu l’être encore davantage: les Aussies n’ont acquis le droit de participer aux Weltmeisterschaften 1974 et 2006 que grâce à un match d’appui (1-0) contre la Corée du Sud en 1973 et une séance de tirs au but réussie contre l’Uruguay en 2005.

Quatre fois vainqueurs, deux fois finalistes et auteurs de 142 buts en six participations à la Coupe océanienne des nations (l’Euro local), finalistes en 1997 et troisièmes en 2001 de la Coupe des Confédérations, les Socceroos ont pourtant affiché des résultats montrant que l’Australie était le meilleur représentant du football de cette vaste région insulaire. Mais la satisfaction de corriger les équipes nationales des pays îliens voisins était limitée par les faibles perspectives de progression, ainsi que par ces multiples revers en barrages de qualification pour la Coupe du monde. À quoi bon enfiler les buts comme des perles en éliminatoires si c’est pour rater – de peu, mais rater quand même – le match décisif tous les quatre ans?



Changement d’horizons

Forcément, l’idée est (re)venue aux dirigeants australiens de demander leur intégration à la zone Asie. Objectif: affronter des nations mieux classées pour vite progresser et avoir enfin la possibilité de gagner un ticket directement qualificatif pour la Coupe du monde. Très intéressée par la venue d’un grand pays comme l’Australie, l’AFC (l’UEFA asiatique) a très vite donné son accord. Son homologue océanien, l’OFC, a logiquement fait de même: désormais, la place de barragiste de la zone ne serait plus phagocytée par les Aussies – tout bénéfice pour la Nouvelle-Zélande et les autres. Tout le monde soutenant cette demande, la FIFA a donné son feu vert, et l’Australie est devenue un membre officiel de l’AFC en janvier 2006.
Ce choix, qui n’est pas sans rappeler celui fait plus tôt par le Kazakhstan (1), a vite porté ses fruits: en 2009, les joueurs au maillot green and gold ont pu enfin fêter leur première qualification directe pour une Coupe du monde, qui a aussi été leur deuxième qualification consécutive. En cette même année 2009, ils ont atteint le quatorzième rang FIFA, la meilleure place de leur histoire.

Certes, le déroulement du Mondial sud-africain des Socceroos n’a pas été à la hauteur des espérances, avec une élimination dès le premier tour. Mais les adversaires du groupe D (Allemagne, Ghana et Serbie) n’étaient pas parmi les plus abordables, et certains aléas comme les expulsions de Cahill et Kewell n’ont pas aidé. Malgré cela, joueurs et fans ont pris goût au tournoi, et ne demandent plus qu’une qualification pour le Mondial brésilien de 2014…



Europe, destination finale

Ce qui ressort de prime abord de la composition du groupe australien présent en Afrique du Sud, c’est le fort caractère européen et l’extrême diversité des championnats représentés. Sur les vingt-quatre joueurs appelés à disputer le Mondial (2), dix-neuf évoluaient en Europe, dans neuf championnats différents. Sept Socceroos jouaient en Angleterre et trois en Turquie (dont deux à Galatasaray: Neill et Kewell). Deux évoluaient en Italie, deux autres encore aux Pays-Bas, les cinq restants ayant joué en Allemagne, en Belgique, en Grèce, en Russie et en Suisse. Ajoutons-y trois Aussies vivant en Asie – deux au Japon et un aux Emirats Arabes Unis – et une soustraction nous montre que seuls deux internationaux évoluaient dans le championnat de leur pays avant le tournoi: le milieu Culina à Gold Coast, le gardien Galekovic à Adelaïde.

Deux sur vingt-quatre: un faible ratio qui montre que le niveau n’est pas très haut en Australie. Nombre de bons joueurs préfèrent tenter leur chance à l’étranger, serait-ce dans des pays ou des clubs de second rang. Pourtant, le championnat professionnel australien a bien évolué ces dernières années, justement dans le but de promouvoir le soccer et d’en améliorer le niveau...

> Australie: loin des yeux, près du soccer /2


(1) Le Kazakhstan est passé de l’AFC à l’UEFA en 2002 pour permettre à ses clubs et à son équipe nationale de progresser. En vain: même "européen", le Kazakhstan – dont les joueurs s’exportent beaucoup plus mal que les Aussies – est presque toujours resté hors du Top100 FIFA, et il ne s’est jamais qualifié pour la phase finale d’un tournoi.
(2) Retenu dans les 23, le portier Bradley Jones a déclaré forfait pour être près de son fils malade. Il a été remplacé par Eugene Galekovic, élu meilleur gardien de la saison 2009/10 en Australie.
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