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Julie Grémillon

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Accords et désaccords...

Alors que la virulente montée au créneau de Jean-Michel Aulas et de son "Club Europe" en faveur d'une redistribution plus élitiste des droits de retransmission laissait à penser que le C.A. de la Ligue du 10 mars serait le moment d'une grave crise dans le football français, tout ce petit monde en est ressorti calmé et satisfait. Que dit vraiment cette subite voix de la raison?

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Un armistice suspect

On ignore si Noël Le Graët est vraiment un génie politique ou simplement un petit maître du compromis, toujours est-il qu'il est sorti d'une semaine brûlante avec un nouveau consensus et qu'il se retrouve seul candidat à sa propre succession. Comment pareil incendie a-t-il pu être éteint? Les échanges verbaux par voie de presse assez vifs entre le président de la Ligue et celui du Club Europe n'auguraient pourtant pas d'un règlement à l'amiable des divergences.

 

Peut-être Jean-Michel Aulas ne désirait-il pas assumer plus de prises de risques politiques, se contentant d'une action d'éclat pour provoquer réactions et aménagements. Peut-être aussi n'était-il pas mandaté unanimement au sein même des "12", dont on voit très mal l'unité. On se demande ainsi comment Auxerre peut en faire partie, alors que Guy Roux (qui n'est cependant pas président de l'AJA) ouvre le feu sur le dirigeant de l'OL dans le France Football de ce même 10 mars. Toujours est-il qu'à la sortie de ce sommet, Gervais Martel et Jean-Michel Aulas affichaient leur respect du principe de solidarité et se félicitaient du "rapprochement" des positions. A première vue, cela ressemble à une victoire de Le Graët, mais la réalité est certainement moins limpide.

 

 

Les recettes du succès

À partir du moment où la centralisation des droits de télévision par les Ligues professionnelles est garantie par la loi de 84 et renforcée par celle de 99, les partisans de l'"élitisme" savaient qu'ils revendiquaient vainement la totale propriété des droits des clubs. Ensuite, les accords de redistribution conclus en septembre dernier restent valables —on ne voyait pas comment ils auraient magiquement cessé de l'être. Ils seront renégociés en 2001, ce qui laisse du temps pour développer des stratégies.

 

De la même façon, les droits pour Internet restent "gelés", mais ils pourront à l'avenir être gérés par un système de répartition différent, tout comme les autres "nouvelles ressources". Un "package" Internet va être ainsi proposé aux deux diffuseurs télévisuels, Canal+ et TPS (évidemment très intéressés pour développer leurs sites), les droits internationaux et ceux de Téléfoot vont aussi être rediscutés; les recettes dégagées par ces produits spécifiques pourront alors être affectées selon des critères d'audience, qui restent à définir. Ce pactole supplémentaire pourrait rapidement atteindre des sommes très significatives, à même d'apaiser les impatiences.

 

Ce C.A. a été en fait l'occasion pour les deux parties de rappeler leurs positions et de placer leurs billes dans la perspective des élections, repoussées au 6 juillet. Le Graët voulait s'assurer d'un minimum de consensus pour mener son nouveau mandat dans des conditions supportables et avec les mêmes principes (maintien de la solidarité et développement des ressources), et les "grands" clubs entendaient signifier clairement les évolutions qu'ils souhaitent dans les prochaines années. Connaissant les hommes, on peut raisonnablement penser que les opposants supposés se sont entendus pour opérer progressivement ces transformations en aménageant le principe de solidarité, à un rythme et selon des modalités dont la Ligue restera maîtresse, et en fonction d'évolutions encore incertaines. Mais le champ de la négociation, entre individus raisonnables, est ouvert.

 

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