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Etienne Melvec

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Le coeur battu

À rebours

Fernandez, Perrin, Halilhodzic, Anigo, Fournier, Troussier: les nominations des entraîneurs de Paris et Marseille obéissent à la loi des cycles... Et des cercles vicieux.
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Une loi des cycles, implacable, s'applique désormais à l'OM et au PSG. Ils enchaînent, avec une impressionnante régularité, les saisons de transition ou de reconstruction prometteuses, et les saisons de destruction méthodique, avec retour à la case départ — avec cependant quelques variantes puisqu'il arrive qu'une même saison soit à la fois de reconstruction et de destruction, comme les deux que viennent de connaître les Olympiens. La saison de confirmation, elle, est toujours remise à la suivante. Mais en dépit du caractère totalement prévisible de leurs déboires récurrents, les deux fleurons du foot français semblent résolus à reproduire éternellement les mêmes erreurs, quitte à réussir l'exploit de banaliser leurs propres déboires — pourtant remarquablement burlesques. Au delà, il faut bien dire que l'ensemble du milieu contribue à cet acharnement très peu thérapeutique: supporters toujours prêts à y croire, diffuseurs qui persistent à diffuser ces deux équipes, et presse spécialisée qui pousse au crime avec une certaine délectation. D'un entraîneur à l'autre Une question illustre bien l'impasse dans laquelle l'OM et le PSG se retrouvent périodiquement: celle du choix de l'entraîneur. Au cours des dernières saisons, on a assisté à l'alternance entre deux types de techniciens: d'un côté les meneurs d'hommes proches des joueurs et des supporters (Fernandez et Anigo), de l'autre les managers autoritaires à tendance psychorigide (Perrin et Halilhodzic). Chaque catégorie crée toujours, d'abord, l'illusion qu'elle représente une solution viable, avant que celle-ci ne soit totalement invalidée par le choix de la solution inverse à la suite d'une énième crise. Les deux clubs ayant le bon goût de ne pas connaître ces crises au même moment, ils illustrent ce dilemme l'un après l'autre. Ainsi, cette saison, alors que l'option sympathiquement couillue de José Anigo a cédé la place à l'option méchamment burnée de Philippe Troussier, à Paris, le "dictateur" Vahid Halilhodzic a été remplacé par Laurent Fournier, tellement humain. L'entraîneur qui débarque en plein marasme bénéficie toujours d'une sorte d'état de grâce. Plus tard, on ne lui fera plus grâce de rien, mais en attendant, il apparaît, à la lecture des journaux, comme un génie qui ramène combativité, solidarité et cohérence tactique. Il faut dire que sa tâche est facilitée par une révision automatique des objectifs à la baisse. La plupart du temps, il n'est question que de sauver les meubles, et les joueurs s'y prêtent assez bien, "libérés" ou "remotivés" par le changement de méthode. Du coup, le pompier de service (très souvent un ancien joueur), qui n'était là au départ que pour un intérim, se voit paré de toutes les vertus pour rester en poste la saison suivante, et les dirigeants n'ont aucune raison de les remercier. C'est, par exemple, ce qui se produit actuellement à Lens avec Gillot ou à Nantes avec Le Dizet (ou à Bordeaux l'an passé avec Pavon). Philippe et Laurent sont dans un bateau À Paris, Fournier se trouve dans une telle situation. Les éloges sont appuyés dans la presse (surtout que cette dernière doit justifier tout le mal qu'elle a dit de son prédécesseur), les joueurs "votent pour lui" et les supporters voient d'un bon œil cet ancien de la maison (quand celle-ci avait du lustre). Mais s'il reste la saison prochaine, à la première mauvaise passe sportive, la sympathique Lolo devra affronter les commentaires impitoyables sur ses limites de tacticien, son manque d'expérience et ses épaules insuffisamment larges pour la fonction... La position de Troussier à Marseille est plus compliquée, en particulier parce qu'il joue le rôle du "méchant", du remonteur de bretelles qui ne s'embarrasse pas de psychologie. Un rôle qui expose plus vite aux critiques et aux inimitiés en interne. L'autre paradoxe est qu'il a hérité d'une situation qui n'était pas catastrophique au classement, et qu'il a déjà eu le temps de semer des doutes sur ses capacités, au gré des résultats très fluctuants de son nouveau club. À cet égard, l'obtention d'une qualification pour la C1 sera évidemment un élément déterminant — du moins s'il se trouve quelqu'un pour décider de la suite des événements, l'OM et le PSG partageant une incertitude similaire sur le nom de leurs dirigeants pour 2005-2006. Il est facile de penser que ces deux hommes seront à la tête des groupes pros de Paris et Marseille la saison prochaine. En revanche, il faut une sacrée dose d'imagination pour les voir encore sur leurs bancs respectifs dans deux ou trois ans. Si ces deux clubs ne peuvent construire leurs résultats dans la continuité, à la manière de leur anti-modèle lyonnais, que leur reste-t-il à espérer? De devenir experts en gestion de crise permanente, en parvenant à décrocher un ou deux titres au passage, presque par accident? Après tout, c'est ainsi que le PSG a remporté une Coupe des coupes, et que l'OM est parvenu, l'an passé, en finale de la Coupe de l'UEFA. On peut juste douter de la probabilité de cette réussite, notamment parce que les autres clubs ne s'en remettent pas à de tels aléas...
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