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alphonse poignets

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Revue de stress #103

À l’origine de la remuntada

D'où vient cette drôle d'expression de plus en plus utilisée? On a mené l'enquête, sans être complètement certains que le fruit de nos recherches soit complètement exact.

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* * * Texte d'inscription soumis par alphonse poignets * * *

 

Pendant longtemps, les ballons-joueurs-avec-les-pieds, que l'on appela rapidement des footballeurs, et les gens qui les regardaient, les ballons-regardeurs (mais le terme ne s'est jamais imposé), comprirent que prendre une volée au match où l'on devait se rendre (appelé le match aller) compliquait terriblement le match quand on devait y retourner (appelé le match retour). Une légende raconte qu'un catalan du nom de Raymond le Fada (Remunt El Dada en catalan) réussit à dompter son équipe pour réussir cette prouesse. Et c'est de son patronyme que viendrait l'expression utilisée par tout bon utilisateur spécialisé (à definir en quoi, par contre) pour signifier cet exploit, la célèbre remuntada. Bien entendu, il n'y a que les universitaires d'université versés dans l'universalité des versifications pour croire un truc aussi tiré par les cheveux. Peu importe, la remuntada est là: dans nos journaux, dans nos radios, sous nos préaux, dans nos bureaux, et un et deux et trois et quatre zéro. Depuis, à chaque occasion, les clubs tremblent comme tremble un club... qui tremble. Et ce n'est pas peu dire!

 

 

Expulsions et orgie de buts

Un jour, un petit club, tout petit (non plus petit encore) osa provoquer cette "Remunt Dada". Le courroux enguilla ne serait-ce que le chemin qui mène droit au but. Ô aime! Ô désespère cette vieille ennemie! N'empêche que c'était Titi qui l'avait fait et pas les Marsaingouins. Mais petit comme il était, il s'inquiétait de tout ce ramdam. "Madame, est-ce que j'ai la paix?", a demandé le SQG la P, c'est-à-dire le Saint Qatar Germain là Paris – plus tard connu sous le nom: le Paris Qatar Saint Germain là/ici c'est Paris. Car ce club encore peu connu sur la Seine, international né en moins d'un an de financement, fit en seulement un an de moins que l'"aîné" international chavire et coule. Oui le fier navire Barca ("Barça" en catalan mais c'est une erreur, on les excuse, ça arrive de se tromper) sombra dans la mer d'eau, deuil proclamé par le fait des princes d'un parc, clôturé avec des lignes blanches au sol pour savoir quand il y a corner. Et c'est du boulot!

 

 

Mais non, pas de Messi (si ce début vous choque vous pourrez quand même liker plus tard) pour sauver un Barca dont la légende disait qu'il était né d'une mer ("nei mar" en catalan) sous un bœuf roi ("sou a res" toujours en catalan). Le match commença dès que le ballon fut posé sur le rond central. Et ce n'était que passes à droite, passes à gauche, centres, passes à droite (deux fois) et... tirs dans les tribunes! La première heure de jeu (oui, avant, une mi-temps durait une heure, ce n'est qu'après des vacances en bus en Afrique du Sud que les footballeurs décidèrent avec la complicité d'un autre Raymond de restreindre à quarante-cinq minutes – douches comprises – les premiers ébats). La première heure de jeu fut nulle, en fait. Mais ce n'était pas fini. Car il y a toujours du suspense. Dès le retour des vestiaires les Catalans attaquèrent, les Parisiens défendirent. Quand les Catalans re-attaquèrent, les Parisiens re-défendirent. Et si les Catalans attaquèrent encore, alors les Parisiens défendirent encore. Un match de dingos, je vous dis.

 

Jusqu'à la 85e minute. Là, à ce moment précis du match que c'est maintenant que ça se passe, les Barçalonais vont marquer pas un, pas deux, pas trois, non Madame, mais cinq buts en cinq minutes! Sautant dans les bras de l'arbitre à chaque réalisation, les Barçalonais célèbrent but sur but devant des Parisiens (enfin un seul à la fin à cause des cartons rouges) médusés comme une méduse, justement, stupéfaite. "Fête, fête, fête! Mais tu sais, j'y étais", dira plus tard le grand-père à son petit-fils pour lui expliquer la définition d'une remuntada. Pourtant personne ne saura jamais si le vieux papi ne lui racontait pas encore un bobard et surtout si cette histoire était véridique.

 

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