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Toujours un de plus que toi !

À bordoch' por la douxième couch'

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On est allé direct à Bordo sans passer par la case Marseille. C’est Acariesse qui nous a obligés. Il a dit «C’est pas la peine de revenir si c’est pour repartir». J’ai dit «Mets-toi à notre place, Marseille nous manque». Il a répondu «Justement. À votre place, je me qualifierai parce que sinon Marseille va pas vous manquer!» Alors on est parti.
Cette année, on a tiré Bordo à Bordo. Ce qui nous laisse Monoco ou Loelle ou le Péesseugé pour la coupe de France. On leur a dit à la ligue, c’est plus des tirages au sort, c’est le plus grand cabaret du monde votre truc. Tirièze a répliqué «Arrêtez vos insinuations, la théorie des probabilités n’exclut pas de telles coïncidences». Et puis il a sorti un lapin de son chapeau, c’était n’importe quoi.

La coupe de la ligue, on l’a encore jamais gagnée. J’ai vérifié à notre musée, sur l’étagère coupe de la ligue, y a un petit papier où c’est écrit «en projet». Autant dire que Robert Louis-Dreyfus en a fait sa priorité, à défaut d’en faire sa propriété. D’ailleurs, il a fini par se poser la question «Comment ça se fait-il que depuis presque dix ans que je suis à la tête de l’OM, on l’ait encore jamais remporté cette coupe de la ligue?» J’ai rien répondu, la réponse était dans la question.
Fernandèze a voulu savoir si cette année on jouait la coupe de la ligue à fond où s’il pouvait aligner les remplaçants. J’y ai dit «Mais comment tu arrives à faire la différence entre les titulaires et les remplaçants?» Il a dit «C’est très simple. Les remplaçants, c’est ceux qui m’adressent plus la parole». Pas faux. J’ai souligné «Pourtant Barthez t’adresse pas la parole et il est titulaire». Il a répondu «Oui mais Fabien il adresse la parole à personne donc ça compte pas». Re-pas faux.

Comme on parlait de remplaçant, Meyté a déboulé en traînant les pieds encore pire que s’il était sur le terrain. Sans mentir, dans ses yeux, y avait toute la misère du monde et même celle du Pas-de-Calais. Remarque ça se comprend. Meyté se voyait héritier de Thuram et il se rend compte qu’il est même pas sur le testament à Ngotty.
J’ai mis un coup de coude à Fernandèze (mais gentiment pas comme quand j’étais joueur) et j’ai lancé à Meyté «Oh Abdou». Il s’appelle Abdou. «Si tu nous fais un sourire, on te met titulaire». Mon vieux, il a relevé le coin de ses lèvres, ça a grincé terrible, on aurait dit le portefeuille à Dreyfus. J’ai dit «Oh, je sais pas, mets du frameto sur ta brosse à dents!»

À l’OM, chose promise, chose ardue! Fernandèze était pas chaud, il faisait de grands gestes comme pour chasser une mauvaise odeur mais j’ai tenu parole et ce match a donc été l’occasion du grand retour de Meyté dans notre belle défense. En même temps, retour faut le dire vite. C’est pas comme si Abdou était vraiment parti. C’est juste qu’il a eu des absences. Diouf appelle ça de l’apathie. L’apathie, c’est quand un joueur est bien présent sur le terrain mais que son esprit est ailleurs. Et quand tu lui demandes «Oh, t’es avec nous?» Il te répond «Non, a pa'ti!»

Barthez a fait rideau de fer tout le match. C’est tant mieux, parce que de son côté, la défense a fait le rideau de la méduse. Bordo a eu cent mille occasions mais ça a pas suffi. Ricardo s’arrachait le peu de cheveux qui lui reste en hurlant que c’était du jamais vuch et que c’était foutuch, qu’ils marqueraient jamaich. En un sens, il avait pas tort le cromagnon.
Tout était bien qui se terminait bien quand cet imbécile de Bruno Cherrou a rien trouvé de mieux à faire que de déborder sur l’aile pour centrer. Et je pense que c’est ça qui a perturbé Meyté. Beye aurait volontiers fait quelque chose pour l’en empêcher mais il était de l’autre côté du terrain, persuadé que la place d’un arrière droit est logiquement à droite de l’adversaire. Du coup, on a joué avec deux arrières gauche dont un qui essayait d’expliquer à l’autre en Japonais qu’il devait changer de côté. Déjà qu’en français, Beye a du mal alors laisse tomber.

C’est là que Meyté a tenu à rappeler à tout le monde pourquoi il était un remplaçant indiscutable et indiscuté, en inscrivant le seul but du match. Et quel but! Une reprise de volée terrible sous la barre qui a fait exploser le stade de joie. Il s’est précipité autour du terrain pour aller jeter son maillot dans la tribune marseillaise en hurlant tout ce qu’il pouvait. C’est quand le maillot lui est revenu en pleine figure qu’il a commencé à se poser des questions.
Sabri qui était le seul de l’équipe capable de garder son calme, lui a expliqué «Abdou, regarde le gardien à qui t’as marqué. Le chauve là-bas qui se frappe la tête contre son poteau, il te rappelle personne des fois?» Meyté a plissé ses yeux et a dit «Hé mais, il ressemble vachement à Barthez, je trouve». C’est quand Fabien s’est rapproché pour essayer de l’étrangler, qu’il l’a définitivement reconnu.

Note qu’on aurait pu égaliser aux arrêts de jeu. Bordo qui prend tout au pied de la lettre, avait arrêté de jouer. Mais pas de bol, la frappe de Rimenez a été détournée en six mètres. Les autres joueurs ont protesté mais l’arbitre a été formel «Y a pas corner, quand c’est détourné par une pâquerette!»  Quand tu vois jouer Rimenez, tu réalises l’écart entre le championnat français et celui de la Suisse. Et là, tu te dis «À ce point?»

Dans les vestiaires, ç’a été la fête à Meyté. Une fête surprise, pas prévue au calendrier. Xana a été le premier à pester «J’ai jamais vu un joueur aussi bête comme ses pieds de toute ma vie entière!» Et pourtant il a joué au péesseugé, c’est dire la puissance de l’insulte.
Meyté a plaidé sa cause «Que celui qui a jamais marqué contre son camp me jette la première paire». Mon vieux, quesse il avait pas dit. Il a reçu de tout, des protège-tibias, des crampons, des bouteilles, un tube de pommade écrabouillé. On lui a même balancé mon portable. Ribéry a voulu lui jeter ses chaussettes. On l’a retenu de justesse en criant «Non Franky, pas d’armes chimiques!» C’était moins une.
 
Meyté commençait à regretter d’avoir joué. Nous encore plus. C’était bien la première fois qu’on était sur la même longueur d’ongle. Il a tenté un dernier bémol «C’est bon quoi, y a pas mort d’homme non plus!» Ah non? Attends un peu que Fabien rentre aux vestiaires et tu vas voir. C’est pas mort d’homme qui va y avoir, c’est torture et actes de barbarie.
Quand on parle du loup, il se sort les doigts du trou. Barthez est arrivé, tellement furieux que là où il marchait le carrelage ne repoussait pas. Meyté a senti sa dernière heure arriver. C’est bien simple, il a revu toute sa carrière défiler. «Je vois des buts, plein de buts». Qu’il a dit. Puis il a bégayé ses excuses les plus plates, plus plates encore que l’encéphalo du Stade Louis 2.
Barthez a dit «Allez, va. Te tracasse pas, c’est pas grave, ça arrive. Va prendre ta douche et oublie». Personne en croyait nos yeux. Décidemment, à l’OM, on va de surprise en surprise. Niang qui marque un but, Barthez qu’est sympa. Tu vas voir qu’un jour, Ribéry saura écrire son nom sans faire de faute.

Tu parles, à peine Abdou avait le dos tourné, Fabien a ramassé toutes ses affaires pour y mettre le feu et il a prévenu: «Le prochain qui s’amuse à marquer un but contre mon camp, je crame ses habits avec lui dedans!» Du coup, on est rentrés à Marseille, une main devant, une main derrière. Et encore ça va. Pour nous c’était une façon de parler alors que pour Meyté, c’était pour de vrai.

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