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Richard Coudrais et Christophe Zemmour

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2000, le meilleur Euro de l’histoire

[rétro Euro 2000 • 1/5] Il y a vingt ans, la phase finale du onzième Championnat d’Europe, en Belgique et aux Pays Bas, fut passionnante de bout en bout. À ce jour, il n'a toujours pas été égalé. 

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L’Euro 2000 fut la plus belle phase finale de championnat d’Europe de foot de l’histoire. Pas seulement parce qu’il s’est conclu par la victoire de l’équipe de France, et qu’il a prolongé pour deux années supplémentaires notre béatitude d’avoir la meilleure équipe du monde.

 

Ce championnat d’Europe, disputé entre deux millénaires et deux pays, a laissé un souvenir particulier à ceux qui l’ont suivi. Tout a contribué à la qualité du tournoi: les équipes présentes, sa formule, ses meilleurs joueurs, ses rencontres intenses et particulièrement dramatiques.

 

 

 


Plateau en argent

Le tournoi ne déplore qu'une seule absence majeure, celle de la Croatie, demi-finaliste de la précédente Coupe du monde. Pour le reste, l’Euro 2000 présente ce qui se fait de mieux à l’instant où il se déroule. Les quatorze meilleures nations d’Europe, réelles ou supposées, ont répondu présent.

 

Deux autres sont présentes pour faire le nombre. La Belgique, qualifiée en tant que nation co-organisatrice, mais qui peine à reconstruire une équipe nationale compétitive. Et la Slovénie, invitée surprise, vainqueur de l’Ukraine en barrage, et qui fait office de petit Poucet.

 

Trois sélections au moins débarquent avec l’une des meilleures générations de leur histoire: la France de Zidane, les Pays Bas de Bergkamp, le Portugal de Figo. La République tchèque n’est pas loin, même si le meilleur est à venir.

 

En revanche, l’Allemagne et l’Angleterre sont dans un creux générationnel, à l’instar de la Belgique. Les trois formations scandinaves se planteront également dans un bel ensemble. Toutes le paieront cash. Le tournoi était trop relevé pour laisser place à une surprise.

 


Générations en or

Il y a les joueurs eux-mêmes, ceux sans qui il n’est pas de grandes équipes. L’époustouflant Zinédine Zidane, cette fois, n’attend pas la finale pour faire parler sa classe. Thierry Henry, buteur mais aussi rageur, dans la lignée de sa totale explosion à Arsenal.

 

Le tentaculaire Patrick Vieira gagne ses galons de titulaire en bleu. Luis Figo, le galactique portugais, décrochera le Ballon d’Or à la fin de l’année. Le feu follet Nuno Gomes s'illustre par ses inspirations déroutantes, Alessandro Nesta et Francesco Totti sont affolants d’élégance.

 

Et puis, ce fut le dernier grand tournoi de Dennis Bergkamp, Peter Schmeichel, George Hagi, Dragan Stojkovic, Didier Deschamps, Laurent Blanc ou Pep Guardiola… Enfin, inconnu ou presque, l’Italien Francesco Toldo saisit la chance de sa vie et devient le gardien le plus remarquable du tournoi.

 

 

 


Formule magique

Seize équipes sur la ligne de départ, c’est le chiffre parfait d’une phase finale. Trente et une rencontres, un premier tour relevé, une formule carrée et claire, sans qualifications de rattrapage.

 

Ce n’est pas pour rien que la Coupe du monde a gagné ses lettres de noblesse en disputant des tournois à seize équipes pendant cinquante ans…

 

Le championnat d’Europe a atteint ce chiffre à l’occasion de sa dixième édition, en 1996 en Angleterre. Un élargissement qui a immédiatement porté ses fruits, donnant un tournoi de valeur.

 

Il est vraiment dommage que, dès 2016, l’Europe ait abandonné sa formule à seize pour passer à vingt-quatre équipes, soit la moitié des nations présentes sur le continent. La plupart des grandes épreuves de sélections élargissent leur plateau, sans réel bonus sur le plan sportif – au contraire.

 


Matches parfaits

Si ce tournoi est resté à ce point dans les mémoires, c'est avant tout pour ses rencontres aux scénarios renversants.

 

On se souvient particulièrement d’Angleterre-Portugal, le 12 juin à Eindhoven. Les Anglais mènent 2-0 par la grâce d’un David Beckham inspiré avant que Luis Figo, d’un but extraordinaire qui nettoie la lucarne de David Seaman, ne sonne la révolte et permette au Portugal de l’emporter 3-2.

 

On se souvient de Yougoslavie-Slovénie, le 13 juin à Charleroi. Les Slovènes de Zahovic créent une énorme surprise en menant 3-0. On mise alors sur un écroulement complet des Yougoslaves, notamment quand Siniša Mihajlovic se fait expulser. Et pourtant à dix contre onze, les derniers vont refaire leur retard en moins de six minutes.

 

On se souvent d’Angleterre-Roumanie, le 20 juin à Charleroi. La sélection anglaise mène au score, alors qu'un match nul la qualifie pour le second tour. Avant de prendre un but, puis de concéder bêtement un penalty à la dernière minute.

 

On se souvient de Yougoslavie-Espagne, le 21 juin à Bruges. Chacune des équipes a semblé prendre le large et ne jamais vouloir s’arrêter de jouer, deux buts étant inscrits au cours des arrêts de jeu, permettant à la Roja d’arracher un 4-3 inespéré.

 

On se souvient de Pays-Bas-France, un des rares matches sans enjeu et pourtant disputé avec une intensité remarquable, sans doute parce que les deux équipes pensaient se retrouver en finale.

 

On se souvient de la démonstration néerlandaise en quart de finale, les Oranje l’emportant 6-1 face à la Yougoslavie, avec notamment un Patrick Kluivert insaisissable.

 

 

 


Derniers tours de légende

On se souvient de France-Espagne, le coup franc de Zinédine Zidane en pleine lucarne, Pedro Munitis qui martyrise Lilian Thuram, Patrick Vieira qui écrase ses adversaires par sa puissance, Djorkaeff qui explose la lucarne de Santiago Cañizares et "vaudouise" un Raúl qui quille son penalty.

 

On se souvient de Portugal-France, Nuno Gomes qui méduse Didier Deschamps et Fabien Barthez, Zinédine Zidane éblouissant, un final dramatique digne d’une tragédie.

 

On se souvient de Pays-Bas-Italie, une histoire de pénos ratés, d’un mur nommé Francesco Toldo et d’une panenka folle de Francesco Totti.

 

Enfin, comment oublier cette finale France-Italie d’un niveau technique remarquable? Alessandro Del Piero mange la feuille de match, Sylvain Wiltord signe un miracle, et David Trezeguet plie l'affaire d'un but légendaire.

 

Vingt ans plus tard, sevrés de football, on se souvient de l’Euro 2000 comme du plus beau de l’histoire.

 

2000, le meilleur Euro de l’histoire
Toldo 2000, un Euro pour la vie
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Totti 2000, le grand numéro
Comment finir un match de coupe ?

 

 

 

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