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Polo Breitner

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Le lundi, c'est Matuidi

2. Liga allemande : premier bilan à la trêve : Braunschweig, Nuremberg... (2/3)

Suite du tour d'horizon du début de saison dans l'antichambre de l'élite du football allemand, de Sandhausen à Karlsruhe en passant par Braunschweig, Francfort, Nuremberg et Bielefeld.

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"So schwer, so offen, so unklar" (si difficile, si ouverte, si complexe)! C’est ainsi que le magazine sportif de référence Kicker titrait pour son numéro spécial de début de saison. De son coté, le plus polémique Sport Bild préférait l’intitulé: "Une Bundesliga light" avec un chapô expliquant que "le championnat n’avait jamais été d’une densité aussi importante". Treize anciens pensionnaires de l’élite y sont représentés.

 

 

7. Schwartz : « Je ne me prends pas la tête avec cela » (prolongation de contrat)

C’est l’histoire classique de la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf. La petite ville de Sandhausen, environ 15.000 habitants, a vécu une croissance exponentielle de son club de football. On remarquera que le Land du Bade-Wurtemberg, l’une des régions les plus riches d’Allemagne, est spécialiste du genre avec le "Dorfverein" (le club du village) Hoffenheim et ses 3.300 âmes, le VfR Aalen ou encore le FC Heidenheim. Si ce dernier semble s’acclimater plutôt bien au haut niveau avec plus de 14.000 fidèles (pour une capacité de 15.000 places mais surtout au regard du peuplement d’une ville de 50.000 personnes environ), le SVS, lui, est à la rue avec à peine plus de 5.000 spectateurs de moyenne, total le plus faible de 2. Liga. Un véritable drame lorsque l’on tient compte de la géolocalisation et de la proximité de la zone footballistique sinistrée Mannheim, avec ses 300.000 habitants, distante de seulement 25 kilomètres. Sans oublier que le TSG 1899 de Dietmar Hopp n’est qu’à 30 kilomètres.

 

Donnée commune, encore, à ses clubs qui se développent trop vite: la propension à se faire enlever des points sportivement par les organes disciplinaires pour ne pas, en général, soit améliorer le bilan comptable, soit avoir des soucis de trésorerie ou bien se hausser aux normes du monde professionnel allemand. C’était déjà le cas l’année dernière pour Aalen – qui ne put éviter la relégation – et Sandhausen; rebelote cet exercice pour le SVS avec trois points en moins à la reprise. Du reste, on notera que c’est grâce – ou à cause – de la relégation administrative du MSV Duisburg que le SVS est resté en 2. Liga lors de l’exercice 2012-2013!

 

 

Sur le terrain, l’équipe serait tout de même sur le podium, sans ce retrait. Une véritable surprise, qui s’explique aussi par les qualités du coach Alois Schwartz, libre à la fin de l’année. Après avoir créé un groupe réputé pour son abnégation défensive, sa difficulté à faire le jeu et sa spécialisation dans les contres par le passé, l’entraîneur lâche cette fois la bride et cela se voit: meilleure attaque du championnat ex aequo avec le SC Freiburg. Mais la blessure du meilleur joueur de 2. Liga de ce début de saison, Aziz Bouhaddouz, a freiné les ardeurs. Un seul point lors des deux derniers matches. Il sera de retour sur les terrains, mais pas avant la fin septembre. De quoi rentrer dans le rang.

 

 

8. Lieberknecht : « J’essaye d’inoculer à mon équipe le désir d’aller toujours de l’avant »

Après trois années au Real Madrid, le grand Paul Breitner fit un passage très remarqué – et très bref – à l’Eintracht Braunschweig, "une épicerie où tout le monde ne parle que d’une chose, le crottin de cheval". Il faut dire que le sponsor maillot n’était autre que Jägermeister: cela fait mal à la tête mais soigne aussi contre la toux. C’était en 1977/78.

 

 

Mais si le BTSV traîne toujours cette image de club amateur, légèrement bordélique – auteur tout de même, en 1967, en décrochant le Meisterschale, de la plus grande surprise de l’histoire de la Bundesliga –, les temps ont bien changé. La présence dans l’élite en 2013/14 a servi à accélérer l’assainissement de la situation financière: l’endettement est à zéro, le risque de dépôt de bilan n’est plus qu’un lointain souvenir et le résultat net varie chaque saison entre 0 et un million d’euros. Sans oublier le public fidèle. L’objectif est un jour d’être prêt à s’établir en Bundesliga. Pas maintenant, plus tard. On prendra pour argent comptant la déclaration de la direction du club qui ne ressent aucune pression "à devoir remonter immédiatement" tout en précisant, cependant, "que cela ne durera pas encore vingt-huit ans avant d’y retourner".

 

Le coach Lieberknecht a beau entamer sa huitième saison au club, le bouleversement tactique a eu lieu. Fini le sempiternel 4-5-1 des familles, réputé très – trop? – solide, et passage à un 3-4-3 à plat bien à la mode. Le début d’exercice fut compliqué mais la barre a été redressée. La nette victoire contre Karlsruhe (6-0) a sonné comme un réveil.

 

 

Il reste cependant une constante: des résultats décevants contre les grosses cylindrées. Ce fut rédhibitoire en 2014/15 pour espérer prendre le bon ascenseur. La saison en cours emprunte le même chemin, avec un bon point pris à Kaiserslautern (0-0) mais une défaite à domicile contre les Leipziger (0-2). L’écart entre les deux formations n’était pas énorme sur le terrain; il y avait juste plus de talent chez les visiteurs.

 

 

9. Oral : « Ce n’est pas une situation appelée à durer »

21 août 2011, le Frankfurter Derby prend place en 2. Liga. Les Adler ("Aigles") de l’Eintracht n’ayant pas trouvé mieux que de saboter leur Rückrunde (la phase retour), ils ont trouvé le moyen de descendre. L’autre club de la capitale financière allemande, le FSV Frankfurt, en profite et délocalise la rencontre au Commerzbank Arena, l’antre des visiteurs. Plus de 50.000 spectateurs se déplacent, ce qui permet de mettre du beurre dans les épinards, une cinglante correction (0-4) à la clé.

 

Il faut dire que la population locale a du mal à répondre à l’appel. Le budget prévoit 6.000 spectateurs de moyenne et en espère, un jour prochain, 7.000. Un peu dommage pour un club "qui a réussi à s’installer dans la très forte seconde division depuis longtemps". Une réalité ou presque…L'année passée, à l’aube de la dernière journée, après onze matches sans victoire, le FSV occupe la place de barragiste, la seizième. L’entraîneur Möhlmann n’y a pas survécu, provoquant des remous au sein de la direction et des départs, Tomas Oral prenant les commandes pour un déplacement délicat à Düsseldorf finalement remporté (3-2).

 

L’intersaison fut compliquée avec les départs de Klandt, Grifo, Balitsch et Schlike. Les arrivées? Seulement des fins de contrat. Autant dire que le maintien ferait plaisir à tout le monde. Et c’est loin d’être gagné.

 

 

 

10. Weiler : « Nous ferons tout pour être dans le premier tiers »

La déception de la saison écoulée n’est pas facile à effacer à Nuremberg. Le "Altmeister" ("vieux Maître") a déjà dû céder son titre de champion national à la concurrence régionale, celle du FC Bayern. Le voilà, avec l’Arminia Bielefeld, affublé du qualificatif peu glorieux de "Fahrstuhlmannschaft" (l’équipe qui fait le plus souvent l’ascenseur entre les deux premières divisions). Elle prouve surtout que la remontée immédiate pour les grosses équipes est loin d’être évidente. Quels clubs ont réussi récemment? Le Hertha Berlin à deux reprises et l’Eintracht Frankfurt, des Vereine qui avoisinent les 100 millions d’euros de chiffre d’affaires en 1. Liga.

 

Pire, la DFL a encore mis son nez dans les comptes. Si les cinq années passées en Bundesliga ont permis d’épurer une situation financière où l’endettement était de rigueur, il reste une contrainte. En l’occurrence, des fonds propres négatifs que le gendarme financier allemand ne veut pas voir se dégrader. Or, si l’année de la descente est absorbée, en général, par les ventes massives de joueurs (près de 15 millions d’euros de delta en 2014/15), un second exercice à supporter est plus aléatoire.

 

Le FC Nürnberg fait partie de ces clubs où la licence est accordée en première instance, mais sous conditions. Conséquence directe: le FCN n’a pu conserver son polyvalent milieu défensif Stark, 20 ans, lequel s’est envolé pour le Hertha Berlin contre 3 millions d’euros.

 

 

L’équipe est évidemment compétitive sur le papier. Des internationaux étrangers côtoient des expérimentés ou des jeunes Allemands. Mais Nuremberg n’était pas prêt sur la ligne de départ, au point de partager, après cinq journées, la plus mauvaise défense avec le MSV Duisburg. Le directeur sportif depuis onze ans, Martin Bader, a notamment payé la défaite humiliante à Fribourg (3-6) et quittera ses fonctions à la fin du mois. Tout le FCN ne pense qu’à une seule chose: la Bundesliga et pas que pour des raisons toujours accolées au ballon rond. Mais n'est-il déjà pas trop tard?

 

 

11. Meier : « Nous ne sommes pas une clientèle de passage »

Le DSC Arminia Bielefeld a appris de ses erreurs du passé. Le groupe de 3. Liga, construit l’année dernière, répond déjà aux objectifs du club: "se stabiliser en deuxième division". C’est dans ce sens – et malgré des moyens financiers limités, la faute notamment à un surendettement de 25 millions d’euros – que le recrutement a été pensé. Tous les postes ont été doublés et se dessine même une certaine qualité, avec des joueurs qui ont déjà connu la Bundesliga. Sans oublier, à la pointe de l’attaque, le capitaine Klos, auteur de 75 buts en 158 rencontres sous les couleurs de l’Arminia.

 

Bien entendu, lorsque l’on arrive de l’étage inférieur, le maintien est l’objectif afin de s’assurer les revenus issus des droits TV. Pas question, donc, avec l’expérimenté Norbert Meier, de crier victoire trop vite. Le championnat est un marathon. Cela n’empêche pas le club d’être passé en 4-4-2 à la place du 4-5-1 habituel. Le triomphe dans le Ostwestfalen Derby contre Paderborn (2-1) est venu récompenser des prestations encourageantes. Reste à confirmer, à domicile au SchücoArena, dès la reprise contre Heidenheim, un concurrent théoriquement direct. C’est finalement la grande leçon du début de saison: les Bielefelder, savent où ils vont. Et lorsque l’on connait l’histoire bien sinueuse du Verein de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, c’est déjà un véritable succès!

 

 

 

12. Kauczinski : « Zapper l’émotion est encore difficile »

Comment va le moral du Karlsruher SC après sa déconvenue contre le Hamburger SV en barrages l’année dernière? La réponse est "au plus bas" si la prestation exécrable contre Brunswick (0-6) sert d’étalonnage, "une faillite collective" selon le coach. Mais Greuther Fürth s’était aussi écroulé l’année passée après avoir dominé le HSV – encore lui – outrageusement. En 2012/13, les Bochumer, aussi, ont vécu une saison apocalyptique faisant suite à la déconvenue contre le Borussia Mönchengladbach de Lucien Favre. Finalement, seul le FC Kaiserslautern – aux reins financiers plus solides – a résisté aux conséquences des "Relegationsspiele".

 

 

Il faut aussi ajouter un classique du Verein: les joueurs s’envolent pour voir si l’herbe est plus verte ailleurs. Le jeune Max est maintenant à Augsburg contre 4 millions d’euros; la nouvelle concurrence britannique a chipé l’attaquant Hennings (2,5 millions, Burnley), meilleur buteur de 2. Liga, tandis que le Spielmacher (meneur de jeu) Yabo, libre, a signé au RB Salzburg. Des ventes obligatoires pour un club – encore un – en phase d’assainissement avant la consolidation puis le redéploiement.

 

Pas difficile, dans ces conditions, de comprendre le trou d’air subi par le KSC, malgré un schéma de jeu et une animation très habituels. L’équipe est en reconstruction, il faut du temps et de la patience. "Nous ne solutionnons pas des situations comme nous devrions le faire. Nous allons améliorer étape après étape ces petites choses", confirme Kauczinski. Après deux exercices surprenants, le Verein pourrait bien rentrer dans le rang. Ce serait dommage.

 

2. Liga allemande : premier bilan à la trêve : Sankt Pauli, Leipzig... (1/3)

 

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